Categories
Blog

MRP 2018 WEBINAIRE : DURABILITÉ ENVIRONNEMENTALE EN AFRIQUE

Intervenante : Dr Juliette Biao Koudenoukpo, Directrice de ONU environnement et Représentante régionale pour l’Afrique

Le monde est de plus en plus préoccupé par la durabilité environnementale car on réalise aujourd’hui la nécessité de laisser un héritage positif aux générations futures. Les pays avec la croissance démographique la plus élevée se trouvent en Afrique. On prévoit un doublement de la population, passant de 1,1 milliard aujourd’hui à 2,3 milliards d’ici 2050, et atteignant 4 milliards d’ici la fin du siècle si le taux de croissance actuel se maintient. Cette augmentation de la population est problématique pour l’environnement, d’autant plus que plus de 50% vivront dans les zones urbaines. L’urbanisation et l’expansion des bidonvilles ont un impact négatif sur l’environnement. En Afrique subsaharienne d’autres facteurs contribuent aux problèmes environnementaux, notamment la déforestation, l’érosion, la désertification, la dégradation des marais et l’infestation d’insectes. Il y a également le problème des déchets marins qui inquiète beaucoup à l’échelle mondiale, car les océans sont remplis de plastique.

Toutes les formes de dégradation de l’environnement sont autant de risques pour la santé – causant environ 25 % des décès et maladies dans le monde, et 35 % dans des régions comme l’Afrique subsaharienne. En Afrique, on estime que 28 % des maladies sont associées à des risques environnementaux. Les principales causes sont : la dépendance excessive des populations rurales à des pratiques affectant le climat, telle que l’agriculture pour leur subsistance ; l’augmentation de l’exploitation minière et de l’exploration pétrolière ; la mauvaise gestion des ressources en eau ; le manque d’accès aux services d’assainissement de base ; la forte dépendance au bois en tant que carburant ; la mauvaise gestion des déchets et le recyclage insuffisant. De plus, ces facteurs entraînent une perte de revenus, par exemple due à la dégradation des terres et des sols, aux conflits sur les ressources naturelles, à l’exploitation illégale de forêts, à la pêche et l’exploitation minière illégale et non réglementée, au commerce illégal d’espèces sauvages, sans parler de la perte de revenus pour le secteur touristique.

Afin résoudre ces problèmes, certaines initiatives ont été lancées au niveau mondial, régional et national pour aborder la question de la durabilité environnementale. L’Agenda 2030 et les Objectifs de Développement Durable (ODD) ont été adoptés en 2015. Avant 2015, un consensus africain avait été formé, qui a décidé de l’Agenda 2030. Au moins 11 des 17 ODD sont directement liés à l’environnement. L’une des valeurs ajoutées des ODD par rapport aux Objectifs de développement du millénaire est le principe de « n’oublier personne ». Les ambitions de l’Agenda 2030 pour l’Afrique montrent clairement la volonté du continent de s’attaquer à l’environnement non durable, et reconnaissent que l’Afrique dépend beaucoup des ressources naturelles. L’Agenda 2030 admet que certaines pratiques et comportements affectent l’environnement, ce qui augmente à son tour la pauvreté et les maladies. Ce problème est clairement devenu une priorité, comme le souligne la Conférence des ministères africains de l’environnement, une plate-forme où les ministres de l’environnement des 55 pays se réunissent pour prendre des décisions sur les questions environnementales clés pour le continent. Il y a aussi l’Assemblée de l’ONU au sujet de l’environnement qui rassemble les plus importants décisionnaires sur l’environnement de 193 États membres. Les États membres sont très déterminés à renforcer leur engagement en matière de durabilité environnementale. Pour y parvenir, la participation du secteur privé est cruciale. En outre, un important traité multilatéral des nations africaines, appelé Convention de Bamako, a été mis en place pour interdire l’importation et le déversement en Afrique de déchets dangereux, y compris les déchets toxiques et radioactifs.

En conclusion, alors que la population africaine continue de croître rapidement, il devient de plus en plus crucial de s’attaquer aux problèmes environnementaux afin de construire un avenir durable. Les objectifs environnementaux durables, la Convention de Bamako, les projets de conversion de déchets en énergie, sont des manières parmi d’autres de travailler dans ce sens. Mais il reste encore beaucoup à faire. Les chercheurs sont encouragés à entreprendre des activités de recherche étudiant les défis environnementaux sur le continent et à trouver des solutions pratiques pour les atténuer.

Categories
Publications

LE PROGRAMME « NOUVEAUX LEADERS AFRICAINS EN INNOVATION »

The African Innovation Brokers learning activity is part of the Emerging African Innovation Leaders Program and addresses a group of African innovation leaders who are expected to spur the transition to the Next Production Revolution (NPR) in their countries.

It is organised in different sessions with different teaching mix.

The sessions are distributed along 12 months. They comprise:

  • learning activities such as in-presence training in Milan (Italy) and online training (via MOOCs), covering several topics ranging from digitalization, to sustainable energy solutions and smart mobility;
  • exposure to Italian and European innovation system (experts and innovative firms and institutions);
  • hands-on project activities and project works focused on designing local NPR innovation action, supported by expert mentors from different backgrounds.

The project is sponsored by the Italian Agency for Development Cooperation AICS.

Early bird deadline for application with priority selection: 20th of July 2018 before 3:00 PM (CET).
Final deadline for application: 26th of July 2018 before 12:00 PM (CET).

 

[av_button label=’CADRE DE RÉFÉRENCE’ link=’manually,http://www.africainlead.net/AIBs_Terms_of_Reference_25.06.18.pdf’ link_target=” size=’x-large’ position=’left’ icon_select=’no’ icon=’ue800′ font=’entypo-fontello’ color=’theme-color’ custom_bg=’#444444′ custom_font=’#ffffff’ custom_class=” admin_preview_bg=” av_uid=’av-5n0v5p’]

[av_button label=’APPEL À CANDIDATURES’ link=’manually,http://www.africainlead.net/AIBs_Web%20call_25.06.18.pdf’ link_target=” size=’x-large’ position=’left’ icon_select=’no’ icon=’ue800′ font=’entypo-fontello’ color=’theme-color’ custom_bg=’#444444′ custom_font=’#ffffff’ custom_class=” admin_preview_bg=” av_uid=’av-4ppg59′]

[av_button label=’LE PROGRAMME NOUVEAUX LEADERS AFRICAINS EN INNOVATION’ link=’manually,http://www.africainlead.net/Africainlead_description.pdf’ link_target=” size=’x-large’ position=’left’ icon_select=’no’ icon=’ue800′ font=’entypo-fontello’ color=’theme-color’ custom_bg=’#444444′ custom_font=’#ffffff’ custom_class=” admin_preview_bg=” av_uid=’av-2wqmm5′]

What we look for

The candidate profile of the Emerging Innovation Leaders should have:

  • personal experiences and motivation on Innovation
  • academical background in scientific or business field
  • willing to extend knowledge about the NPR
  • motivated to engage in team working
  • leadership attitude
  • excellent communications skills
  • capacity to understand English effectively
  • priority selection will be given to national citizens of Tunisia, Niger, Nigeria, Kenya, Ethiopia and Mozambique

Workplan

  • In-presence training and exposure: September 26th– October 26th
  • Project work | Online workgroup: October – December 2018
  • Project work | In-presence training (2 weeks): December 2018 (indicative period)
  • Training of National Innovation Leaders: Spring 2019 (indicative period)
  • Online training (MOOCs) November 2018 – September 2019 (indicative period)

Certification

Participants will receive a certificate of attendance from Politecnico di Milano and Politecnico di Torino at the end of the project. To receive this certificate, participants have to be present at almost all of the sessions over the training courses.

Venue

The in-presence training courses (5 weeks) and the revision and refinement of the project work (2 weeks) will be held at the School of Management of Politecnico di Milano, Via Lambruschini 4, A – 20156 Milan

Application Procedure

An early bird deadline for application will be the 20th of July 2018 before 3:00 PM (CET) with priority selection. A final deadline for application will be 26th of July 2018 before 12:00 PM (CET). Kindly prepare your necessary documents (refer to Terms of Reference) and, kindly send them to info-africainlead@polimi.it. All participants are invited to send the application with the requested information as soon as possible.

Scholarship for covering the costs of the in-presence activities (fees, travels, accommodation and food) is provided by the Emerging African Innovation Leaders project.

For any information you may contact info-africainlead@polimi.it.

Project Partners

Politecnico di Milano and Politecnico di Torino are two of the leading Italian technical universities working at both national and International levels and providing services in the field of education, research and technological transfer.

They offer innovative programmes in the field of architecture, design and engineering.

 

Source: http://www.africainlead.net

Categories
Actualités

RENEWABLE ENERGY WORLD PRÉSENTE SA PREMIÈRE LISTE DES 40 ACTEURS DU CHANGEMENT DE MOINS DE 40 ANS DANS L’INDUSTRIE SOLAIRE

San Francisco, Californie — Dans une volonté de reconnaitre les étoiles montantes dans l’industrie solaire, Renewable Energy World a le plaisir de présenter sa première « promotion » des 40 acteurs du changement de moins de 40 ans dans l’industrie solaire.

La liste est une reconnaissance pour ces acteurs du changement et leurs réalisations sans précédent dans le secteur de l’industrie solaire. Leur mission est de faire avancer le solaire dans le 21ième siècle en s’appuyant sur les bases existantes de l’industrie solaire et les accomplissements de tous ceux qui les ont précédés.

Ce sont des défenseurs de l’énergie solaire et continueront de l’être.

Chacun d’entre eux est unique, fait preuve d’une grande passion et a accompli des réalisations importantes dans l’industrie solaire.

Beaucoup d’entre eux participeront à l’exposition Intersolar North America et seront honorés le mardi 10 juillet à 3h30 sur le podium ees, niveau 2, 8421, suivi d’une réception sur le stand 9221 à partir de 4 heures.

Par ordre alphabétique, les premiers lauréats « 40 acteurs du changement de moins de 40 ans dans l’industrie solaire » nominés par Renewable Energy World sont :

  1. Adedoyin Adeleke, Fondateur/Directeur Général, Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique)
  2. Mike Arndt, Directeur Général, Développement, Recurrent Energy
  3. Amanda, Bybee, CEO, Amicus O&M Cooperative
  4. Thomas, Byrne, CEO, Cleancapital
  5. Franco, Capurro, Associé & CEO, Banverde
  6. Alison, Ciesla, Boursière Post-doctorante et Chargée de Projet, Collaborations avec l’Industrie, Université Nouvelle-Galle du Sud
  7. Becky, Diffen, Associée, Mcguirewoods
  8. James, Ellsmoor, Directeur, Solar Head of State
  9. Kate Bashford, Epsen, Directeur Général, New Hampshire Sustainable Energy Association
  10. Patrick, Eugene, CEO, Digitalkap Solar
  11. Adam, Gentner, Directeur du Développement Commercial – Latin American Expansion, sonnen
  12. John, Gurski, CEO, Energytoolbase
  13. Brett, Hallam, Directeur de Recherche pour l’Hydrogénation Avancée, Université Nouvelle-Galle du Sud Sydney
  14. Walid, Halty, CEO, Dvinci Energy, Inc.
  15. Nate, Hausman, Directeur de Projet, Clean Energy States Alliance
  16. Bram, Hoex, Professeur Associé, Université Nouvelle-Galle du Sud Sydney
  17. Justin, Hoysradt, Président / CEO, Vinyasun
  18. Jason, Kaminsky, COO, Kwh Analytics, Inc.
  19. Pari, Kasotia, Directrice Région Mi-Atlantique, Vote Solar
  20. Esther, Katete, F, Suntap Uganda Limited
  21. Laura, Klein, Directeur Général du Développement, Eagle Solar Group
  22. Kathryn, Klement, Directeur, PV Power Systems, Phoventus Inc.
  23. Mallory, Lindgren, Directeur, Solar and Storage, Westwood Professional Services
  24. Sarah, Lovell, Vice-Présidente, Gestion Commerciale des Actifs, Longroad Energy
  25. Muhammed, Lubowa, Directeur Général & Fondateur, All In Trade Limited
  26. Raghav, Malhotra, Responsable de Gestion de Projet, Cleantech Energy Corporation
  27. Rhys, Marsh, Directeur Général, Avenue Capital
  28. Jaime, Martinez Soto, CEO, Proyecto Terra
  29. Jon, Powers, Co-Fondateur et Président, Cleancapital
  30. Aneri, Pradhan, Directrice Exécutive, Enventure
  31. Laura, Recchie, Présidente et Fondatrice, Root + Branch
  32. Steph, Speirs, Cofondatrice et CEO, Solstice
  33. Amro, Tabari, Ingénieur Principal en Énergies Renouvelables, Mott Macdonald
  34. Jan Pieter, Versluijs, CEO, Solar Monkey
  35. Britta, Von Oesen, Directrice, Cohnreznick Capital
  36. Joshua, Weiner, CEO, Sepisolar
  37. Tom, Weirich, Directeur, Cohnreznick Capital
  38. Emily, Williams, Directrice des Approvisionnements Énergétiques, Edison Energy
  39. Maura, Yates, Membre Dirigeante, Cofondateur, Mothership Energy Group
  40. Thatcher, Young, Vice-Président, Développement des Affaires, Radiance Solar

Pour en savoir plus sur les nominés, cliquez ici

Source: Renewable Energy World

Categories
Actualités

ADEDOYIN ADELEKE PARMI LES LAUREATS 2018 DES 40 DE MOINS DE 40 ANS DANS L’INDUSTRIE SOLAIRE

Adedoyin Adebodun Adeleke, doctorant de l’Ecole Polytechnique de Milan à la chaire UNESCO de l’Energie pour le Développement Durable a été sélectionné par le magazine Renewable Energy World comme l’un des 40 de moins de 40 ans dans l’industrie solaire pour l’année 2018, sur un total de 250 candidats. L’annonce a été faite à l’occasion de la plus importante exposition pour technologies solaires aux Etats-Unis.

Cette liste est une reconnaissance pour 40 jeunes spécialistes, âgés de moins de 40 ans, qui remettent en question les modèles d’affaires traditionnels dans l’industrie solaire. Ils représentent une génération plus jeune, plus impliquée et plus sensible aux économies d’énergie, à l’esprit collaboratif, curieux et passionné.

Adedoyin est originaire du Nigéria où il a obtenu sa licence en Sciences de l’énergie. Malgré son jeune âge, il a déjà reçu plusieurs prix et bourses, dont celui remis par le gouvernement italien.

Ses recherches sur les énergies durables sont axées sur une question clé : Pourquoi l’Afrique, qui dispose d’abondantes ressources naturelles, affiche un niveau d’industrialisation aussi bas et autant de pauvreté ? L’une des raisons identifiées par Adedoyin est le faible niveau de recherche et de formation dans le secteur de l’énergie, ce qui empêche l’utilisation efficace des ressources malgré leur disponibilité.

Afin d’attirer l’attention et trouver des solutions à ce problème, Adedoyin a créé une organisation non gouvernementale, le Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique), dont le but est d’obtenir le soutien international pour les projets de transition vers une énergie propre et la résilience au changement climatique. Dans le cadre de ce réseau, il a également mis en place un programme de mentorat pour la recherche pour les étudiants africains, dans le but de leur permettre de s’associer avec des chercheurs, des industriels et des professionnels de façon à créer des cercles de réflexion favorisant la recherche dans l’industrie au niveau international

Source : Politecnico di Milano

Categories
Actualités

PLUS DE 300 AFRICAINS CANDIDATS POUR LE PROGRAMME DE MENTORAT D’ISNAD-AFRIQUE

Le Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique), une organisation non gouvernementale dont le but est de « développer un réseau de soutien mondial et multipartite pour une Afrique plus verte et plus résistante au climat », a reçu plus de 300 candidatures de 108 universités de 22 pays d’Afrique pour le Programme de mentorat pour la recherche (MRP) 2018-2019 destiné aux étudiants des universités africaines.

Adedoyin Adeleke, Fondateur/Directeur Général du Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique) a précisé que le Programme de mentorat pour la recherche aide les étudiants des universités africaines qui mènent des recherches sur les énergies durables, l’environnement et les différents sujets sur le climat à accéder au soutien technique (supervision conjointe) de chercheurs et professionnels du monde entier et aux compétences pertinentes grâce au programme de mentorat structuré, thématique et technique.

Adeleke a précisé dans un communiqué que les candidats retenus (mentorés) pour le Programme de mentorat 2018-2019 bénéficient actuellement du soutien des mentors membres d’organisations internationales de plus de 30 pays à travers le monde.

« Les mentors du programme sont des chercheurs et professionnels expérimentés d’organisations et institutions de niveau international telles que le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le Fonds mondial pour la nature (WWF), Chatham House, l’Université de Harvard, University College de Londres, l’Université de Waterloo pour n’en citer que quelques-unes. »

Le communiqué ajoute qu’ISNAD-Afrique agit comme un réseau transgénérationnel et interdisciplinaire de professionnels, chercheurs et étudiants venus du monde entier pour soutenir les énergies durables, la durabilité environnementale et la résilience climatique en Afrique.

Categories
Publications

ÉLECTRIFICATION DES SITES HUMANITAIRES : ÉNERGIES RENOUVELABLES DANS LES CAMPS DE REFUGIÉS

Le 19 août a marqué récemment la Journée mondiale de l’aide humanitaire, une occasion pour honorer les personnes sur la ligne de front de l’aide humanitaire mais aussi réfléchir aux crises que les conflits ont infligé à des communautés entières par le déplacement de populations qui doivent soudainement tout quitter pour fuir les zones de guerre, les catastrophes naturelles ou les persécutions hostiles. Les camps humanitaires ont besoin de beaucoup de ressources fondamentales telles que les hébergements, la nourriture, les vêtements, les soins de santé et les livres. Or, l’une des ressources essentielles a été négligée depuis un certain temps déjà : l’énergie. Sans énergie, les réfugiés et les personnes déplacées ne peuvent pas chauffer de l’eau, préparer leur repas, s’éclairer et se chauffer.

Le lien entre l’aide humanitaire et les énergies renouvelables est un domaine sur lequel plus d’étudiants, chercheurs, organisations humanitaires, gouvernements, ONG et entités du secteur privé doivent se concentrer dans toute l’Afrique et ce besoin n’a cessé de se renforcer au cours de ces dernières années. Les populations fuyant les zones de conflit ou les régions affectées par des catastrophes naturelles se retrouvent dans des camps humanitaires où on leur offre un hébergement temporaire et de la nourriture mais elles restent en charge des combustibles et de l’eau. Beaucoup d’organisations humanitaires et religieuses n’envoient souvent que de la nourriture comme par exemple de la viande en conserve, des sacs de céréales et des haricots. Les personnes bénéficiant du statut de réfugié ou de Personne déplacée à l’intérieur de leur pays (IDP) doivent souvent préparer elles-mêmes leur repas et il leur faut donc un combustible. Beaucoup sont alors obligés de se rendre dans les forêts avoisinantes pour y ramasser du bois ou autres biocombustibles à brûler. Ceci contribue non seulement à la déforestation mais la cuisine au-dessus d’un feu de bois pollue aussi l’air et a des effets néfastes sur la santé.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que 4 millions de personnes meurent chaque année de maladies non-transmissibles à cause de l’inhalation de suies et autres fumées résultant de la cuisine au-dessus d’un feu. Ces constations ont conduit à la création de l’Alliance mondiale pour les foyers améliorés (Global Alliance for Clean Cookstoves) qui travaille en étroite collaboration avec des groupes et initiatives tels que Safe Access to Fuel and Energy (SAFE) et Practical Action afin de fournir des technologies de cuisson propres aux camps de réfugiés. Cela vaut également pour faire bouillir l’eau afin de la rendre potable et pour assurer l’éclairage dans les hébergements.

Un article publié en 2016 : Energy and Building souligne que les dépenses énergétiques pour la cuisson et l’éclairage dans ce contexte sont estimées à environ 200 dollars par an et par foyer ; et que l’introduction de foyers améliorés et de lanternes solaires pourrait permettre d’économiser 303 millions de dollars par an de frais de combustibles avec un investissement de 334 millions de dollars.

 

La République Centrafricaine, le Soudan, la Somalie, le Burundi et le Nigéria sont quelques-uns des pays africains rongés par des combats civils, des guerres et des conflits ; des millions de personnes sont déplacées, contraintes de fuir pour survivre. Par l’intermédiaire d’organisations telles que le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), des milliards de dollars sont consacrés à la sécurisation des hébergements pour les réfugiés et les personnes déplacées en Afrique, y compris dans les camps de Dadaab, l’un des plus grands en Afrique avec plus de 230 000 personnes dans cinq camps, ce qui en fait la quatrième ville du Kenya, de Dollo Ado en Ethiopie, Bidi Bidi en Uganda et Yida dans le sud du Soudan.

Azraq en Jordanie est un exemple à suivre pour tous les pays du continent africain. Alimenté par une centrale photovoltaïque solaire de deux mégawatts, quelque 20 000 réfugiés syriens vivant dans 5 000 abris disposent d’une électricité fiable et propre pendant leur séjour dans le camp. Plus précisément, ainsi connecté au réseau national, les familles peuvent avoir un réfrigérateur, regarder la télévision, utiliser un ventilateur ou allumer la lumière et charger leur téléphone pour garder le contact avec les personnes restées à l’extérieur du camp.

[Photo : Centrale solaire photovoltaïque d’Azraq en Jordanie]L’un des plus grands défis de notre époque est de veiller aux intérêts de la population tout en protégeant notre environnement, et les sites humanitaires temporaires avec des milliers de personnes déplacées ne font pas exception. Pour mettre les choses en perspectives, l’Afrique compte environ 26 % des réfugiés, et il y a environ 68 000 000 réfugiés dans le monde. En d’autres termes, l’utilisation d’une énergie propre peut contribuer à atténuer les conséquences des impacts du changement climatique. Il ne faut pas négliger les impacts sur l’environnement, ni les besoins des centaines de milliers de personnes déplacées, accueillies dans des camps spontanés (et souvent pour une durée indéterminée) pouvant atteindre la taille d’une petite ville.

Dans le contexte du développement durable, ces interactions doivent être considérées comme un des domaines clés pour les instituts universitaires et de recherche. ISNAD-Afrique espère développer des liens et des collaborations grâce à ses programmes d’aide tels que le Programme de mentorat pour la recherche (MRP) qui permet aux étudiants de travailler sur les problématiques de l’énergie, l’environnement et du changement climatique en collaboration avec des professionnels et des universitaires du monde entier qui les soutiennent dans leurs efforts.

Pour cela, une façon de procéder est de s’allier avec des partenaires non traditionnels qui ne travaillent pas forcément dans le secteur de l’énergie et des questions environnementales et ainsi de soutenir une cause résultant des investissements dans une énergie propre. Les multiples avantages à fournir une énergie propre, fiable et durable vont de l’amélioration de la qualité de l’air et de la santé jusqu’aux actions continues de reforestation. Ce type de relations peut mettre en lumière des domaines d’intérêts mutuels et des actions dont l’impact sera renforcé.

Pour le secteur privé et le gouvernement, cela peut présenter une opportunité de développer des ressources d’énergie telles que des parcs solaires et des réseaux décentralisés. Les gouvernements peuvent alors également considérer d’intégrer les camps humanitaires dans l’état et d’en faire un atout au lieu de les considérer comme des fardeaux.

Afin de renforcer ces efforts, les groupes de défense des droits et d’autonomisation des femmes peuvent également être intégrés. Considérant l’angle de la parité, il faut souligner que les femmes et les filles en particulier, qui sortent des camps humanitaires – et doivent parcourir jusqu’à 10 km étant donné que les zones plus proches sont déjà déboisées – à la recherche de combustibles pour le chauffage et la cuisson, s’exposent à la violence. Voleurs et soldats rebelles rôdant dans les environs peuvent leur tendre des embuscades et leur faire violence. Les femmes sont toujours les principales responsables de la préparation des repas et certains défenseurs peuvent soutenir que le développement des énergies renouvelables dans les camps est une affaire concernant les femmes et la santé. Un éclairage adapté peut rendre le site plus sûr pour tous ses occupants et de plus permettre de supprimer les lampes à pétrole dangereuses à l’intérieur des hébergements.

De nombreuses autres innovations durables peuvent être développées sur ces sites humanitaires et éventuellement être combinées à la fourniture d’une énergie propre, citons par exemple la production de leur propre nourriture comme cela se fait dans le camp Mishamo en Tanzanie, ce qui permet d’éviter les pénuries alimentaires. Une fois les aliments récoltés, il faut s’assurer qu’une source d’énergie propre soit disponible pour la préparation des repas. Le camp de Pugnido en Ethiopie peut également être cité comme exemple : on y trouve un système de placement familial pour les enfants ainsi qu’un enseignement primaire, secondaire et professionnel. Il est important de garantir une forme d’éducation et de fournir l’éclairage nécessaire une fois la nuit tombée.

Pour ceux qui sont investis dans l’énergie durable et le développement en Afrique et qui souhaitent voir l’utilisation d’énergies alternatives optimisée, ceci est un domaine dans lequel la recherche spécialisée et les partenariats efficaces peuvent impacter positivement des milliers de personnes. Idéalement, nous voulons tous un continent sans guerre ni instabilité mais alors que les conflits se poursuivent, nous sommes en mesure de trouver des solutions pour alléger le fardeau des réfugiés et de ceux qui assurent leur sécurité tout en protégeant l’environnement. Les camps de réfugiés en Afrique devraient être une priorité pour les communautés locales et les gouvernements nationaux qui peuvent œuvrer avec les chercheurs et les étudiants afin de trouver des solutions technologiques. Les besoins en énergie propre dans les camps de réfugiés continueront à exiger une attention et une expertise croissantes.

 

Cet article a été publié sur le blog du magazine Renewable Energy World.

Categories
Actualités

ADEDOYIN ADELEKE FAIT PARTIE DES 30 ACTEURS DU CHANGEMENT DE MOINS DE 30 ANS DANS L’EDUCATION ENVIRONNEMENTALE

Source de l’image : NAAEE

Adedoyin Adebodun Adeleke, doctorant de l’École Polytechnique de Milan à la chaire UNESCO de l’Energie pour le Développement Durable a été sélectionné comme l’un des 30 Acteurs du Changement de moins de 30 ans dans l’éducation environnementale par la North American Association for Environmental Education.

C’est une reconnaissance considérable pour 30 jeunes spécialistes dans le domaine des enjeux environnementaux et de l’énergie, qui ont moins de 30 ans et qui sont, chacun à sa façon, déterminés à apporter les changements nécessaires grâce à l’éducation environnementale.

Adeleke est la première personne d’origine africaine à se voir décerner ce titre. Les 30 personnes nominées cette année rejoignent les 60 anciens lauréats des éditions précédentes, constituant ainsi petit à petit un important réseau qui constituera la clé du développement de leurs projets.

Adedoyin est originaire du Nigéria où il a obtenu sa licence en Sciences de l’énergie. Malgré son jeune âge, il a déjà reçu plusieurs prix et bourses, dont celui remis par le gouvernement italien.

Ses recherches sur les énergies durables sont axées sur une question clé : Pourquoi l’Afrique, qui dispose d’abondantes ressources naturelles, affiche un niveau d’industrialisation aussi bas et autant de pauvreté ? L’une des raisons identifiées par Adedoyin est le faible niveau de recherche et de formation dans le secteur de l’énergie, ce qui empêche l’utilisation efficace des ressources malgré leur disponibilité.

Afin d’attirer l’attention et trouver des solutions à ce problème, Adedoyin a créé une organisation non gouvernementale, le Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique), dont le but est d’obtenir le soutien international pour les projets de transition vers une énergie propre et la résilience au changement climatique

Dans le cadre de ce réseau, il a également mis en place un Programme de mentorat pour la recherche pour les étudiants africains, dans le but de leur permettre de s’associer avec des chercheurs, des industriels et des professionnels de façon à créer au niveau international des cercles de réflexion favorisant la recherche dans l’industrie.

Source : Politecnico di Milano

Categories
Actualités

6ÈME CONFÉRENCE ANNUELLE HOMER INTERNATIONAL MICROGRID CONFERENCE

 

A l’occasion de la 6ème conférence annuelle HOMER International Microgrid Conference, qui a lieu du 8 au 10 octobre 2018 à San Diego, Etats-Unis, les leaders d’opinion du monde entier discuteront de la rapide évolution des micro-réseaux (ou mini-réseaux) et des répercussions pour les producteurs d’énergie, les consommateurs d’électricité et les équipements.

Parmi les principaux conférenciers figurent Karl R. Rábago, Directeur Général du Pace Energy and Climate Center, Peter Asmus, Directeur de Recherche chez Navigant, John Exel, Spécialiste principal en énergie du Groupe de la Banque Mondiale et Peter Lilienthal, CEO de HOMER Energy. Parmi les parcours mis en avant, on pourra citer entre autres : micro-réseaux pour l’accès à l’énergie, micro-réseaux dans l’Arctique et les milieux insulaires, avec une attention particulière accordée aux études de cas sur les micro-réseaux en Californie.

La conférence offre également des visites de micro-réseaux locaux dans la région de San Diego et, le troisième jour, une formation optionnelle avec le logiciel HOMER Energy le 10 octobre. La conférence se tiendra dans le magnifique Paradise Point Resort dans la Mission Bay à San Diego.

Il est encore temps de s’inscrire ! Pour en savoir plus, consultez le site : https://microgridconference.com/

Categories
Publications

LES SOLUTIONS SOLAIRES PV HORS GRID, MINI-GRID ET ON-GRID EN AFRIQUE: OPPORTUNITÉS ET DÉFIS

LES SOLUTIONS SOLAIRES PV HORS GRID, MINI-GRID ET ON-GRID EN AFRIQUE: OPPORTUNITÉS ET DÉFIS

L’accès à l’énergie est aujourd’hui l’un des plus grands défis de développement en Afrique, ce qui en fait une priorité naturelle du plan stratégique High-5 de la Banque africaine de développement. 23 des 28 pays les plus pauvres du monde sont en Afrique, et pourtant en même temps, les pays africains représentent 6 des 10 économies à la croissance la plus rapide en 2018. L’énergie (en tant que moteur du développement économique et social) a le potentiel de lutter contre l’extrême pauvreté et d’accélérer le développement économique en cours.

Une technologie qui continue de révolutionner l’énergie dans le monde est le solaire photovoltaïque. En Afrique subsaharienne, le PV solaire à lui seul devrait contribuer à plus de 4% à la production totale d’ici 2040. Les systèmes photovoltaïques convertissent l’énergie solaire en électricité à courant continu (CC). Cette forme d’énergie peut être utilisée directement pour alimenter les appareils CC ou convertie en électricité CA pour alimenter les réseaux CA et les appareils CA.

L’Afrique dispose d’un potentiel inégalé pour maximiser l’énergie solaire en tant que ressource, la plupart des pièces connaissant des niveaux d’énergie dépassant 2000 kWh / m2 / an. En plus de cela, les limitations de coûts continuent de devenir moins un obstacle, car le prix des systèmes solaires baisse en raison d’une combinaison de facteurs allant du progrès technologique et d’une augmentation de la capacité de fabrication – en particulier en Chine. En 2017, le coût mondial moyen actualisé de l’énergie (LCOE) pour le solaire photovoltaïque à l’échelle du réseau était estimé à 100 USD / MWh – une réduction de 73% par rapport aux coûts de 2010 – avec un coût descendant jusqu’à 30 USD / MWh dans certains cas.

 

Figure 1: Carte des ressources solaires en Afrique [Source: https://solargis.com/maps-and-gis-data/download/sub-saharan-africa/ ]

 

L’Afrique est un continent de contrastes remarquables. Des villes tentaculaires existent aux côtés de zones rurales extrêmement sous-développées, et même dans les zones urbaines, les bidonvilles et les établissements informels persistent. La réalité de ces différences géographiques et démographiques justifie une différenciation des approches d’accès à l’énergie.

Alors que la voie traditionnelle d’accès à l’énergie a été l’extension du réseau, les alternatives telles que les mini-réseaux et les systèmes hors réseau sont de plus en plus populaires car elles sont mieux adaptées dans certains cas. Cet article examine les diverses applications du PV solaire sur réseau, mini-réseau et hors réseau; y compris les défis et opportunités existants.

Systèmes en réseau
Exemples de projets: Jasper, 96 MW (Afrique du Sud); Gomoa Onyandze, 20 MW (Ghana); Soroti 10MW (Ouganda)

Ce sont de grandes fermes solaires photovoltaïques qui ont été créées pour produire de l’électricité qui est directement injectée dans le réseau national. L’emplacement est une considération majeure, car les investisseurs cherchent à maximiser la production d’électricité grâce à un emplacement optimal. De tels projets entraînent également des coûts de mise en place de l’infrastructure de transport pour évacuer l’énergie produite, bien que, dans de nombreux pays, cela ait été utilisé par la société nationale de transport comme un moyen d’inciter à l’investissement dans la technologie. Ces types d’investissements sont également encouragés par des tarifs de rachat garantissant le rendement de chaque unité de puissance évacuée de la centrale solaire, réduisant ainsi le risque d’investissement. La production à l’échelle du réseau nécessite que l’électricité produite soit compatible avec les normes de réseau existantes. Cela comprend entre autres la conversion en courant alternatif et la gestion de la fréquence à synchroniser avec le système national.

Les défis: En raison de la chute des coûts du solaire photovoltaïque, le LCOE des installations solaires est l’un des plus bas d’Afrique, ce qui en fait un choix évident pour les investisseurs. Cependant, lorsque les pays exigent une fiabilité plus élevée et un approvisionnement permanent (24 heures sur 24), le solaire photovoltaïque à l’échelle du réseau cesse d’être aussi économiquement viable qu’auparavant, car des investissements supplémentaires doivent être effectués dans des systèmes de secours tels que le stockage (batteries) et les générateurs (y compris le diesel).

Considérations: Le solaire PV a une empreinte foncière importante. De vastes quantités de terres doivent être mises de côté pour les grandes exploitations agricoles à grande échelle. Il s’agit d’une considération importante dans le cadre de la question globale de la durabilité, car la terre est une ressource clé, en particulier avec les projections de croissance démographique. Les pays soumis à des contraintes foncières devraient donc soigneusement peser le pour et le contre avant d’entreprendre de tels projets. Alternativement, plusieurs pays proposent des moyens innovants d’utilisation commune avec les terres sur lesquelles les fermes solaires sont construites pour d’autres activités telles que l’agriculture entre autres.

La nécessité d’une alimentation de secours, que ce soit par le stockage sur batterie ou d’autres sources d’électricité doit également être prise en compte en termes de coût et de durabilité pour garantir que l’investissement global du système reste viable à la fois financièrement et écologiquement.

D’autres facteurs à considérer sont la stabilité globale du système et le coût de l’équilibrage du système en fonction du niveau de capacité intermittente tel que le solaire. Les pays devraient donc effectuer des études détaillées du système sur ces questions, afin d’éviter à l’avenir des perturbations involontaires et des coûts encourus.

Systèmes mini-réseau
Le solaire est un choix populaire pour les systèmes de mini-réseau en Afrique en raison de son coût relativement faible et de ses ressources abondantes. L’investissement dans les mini-réseaux en Afrique doit prendre en compte un certain nombre de considérations telles que décrites en détail ici. Les mini-réseaux solaires fonctionnent mieux là où la charge peut être adaptée à la disponibilité des entreprises d’énergie solaire qui fonctionnent pendant les heures d’ensoleillement élevées, comme les minoteries. Avec ce type d’arrangement, l’énergie solaire générée peut être vendue pendant la journée, avec de petits générateurs de secours supportant la plus petite charge nocturne.

Les défis: En bref, la nature intermittente du solaire signifie qu’une sorte de sauvegarde doit être disponible pour répondre à la demande lorsque le soleil n’est pas disponible.

Considérations: Les mini-réseaux fonctionnant à l’énergie solaire fonctionnent mieux là où la charge correspondante qu’ils desservent culmine pendant la journée – quand une grande partie de ce qui est produit peut être évacuée. Les opérateurs de ces systèmes doivent donc investir dans des activités incitatives qui se traduisent par ce type de profil de charge favorable.

Il y a des avantages à combiner l’énergie solaire dans des systèmes hybrides avec d’autres formes d’énergie, y compris le diesel, pour réduire le coût de l’énergie dans les applications de mini-réseau. Une étude d’Impact 4 Energy (2018) a conclu que les systèmes hybrides avec PV, batteries et diesel affichaient systématiquement des prix inférieurs sur différents profils de charge.

Systèmes hors réseau / autonomes

Exemples de projets: MKopa, Fenix ​​International, Azuri, d.light, Mobisol, BBOX (Afrique de l’Est); PEG Africa, Lumos, Azuri (Afrique de l’Ouest); Kingo Energy (Afrique du Sud)

Les systèmes solaires hors réseau sont applicables pour l’accès à l’énergie dans différents contextes géographiques et classes économiques. Ces systèmes se composent généralement d’un panneau solaire, d’une batterie et de divers appareils CC. Ils répondent à un certain nombre de besoins énergétiques tels que l’éclairage (ampoules et torches), le divertissement (radios et téléviseurs) et la recharge de téléphones.

Dans les zones rurales, les systèmes hors réseau fournissent une intervention opportune pour répondre aux besoins énergétiques, plutôt que d’attendre de longs délais pour réaliser des projets sur réseau ou mini-réseau. Un obstacle majeur à l’adoption de systèmes autonomes était le coût élevé. Dans de nombreux pays africains, ce problème est résolu par l’ingéniosité des modèles de paiement à l’utilisation qui permettent des paiements de système en petits versements gérables. Cependant, même en dépit du coût élevé de l’énergie solaire autonome, les clients ruraux et urbains peuvent bénéficier des économies à long terme. Ces systèmes offrent une alternative aux coûts de connexion élevés, aux tarifs d’électricité élevés et, dans de nombreux cas, à une faible fiabilité synonyme d’électricité connectée au réseau.

Les défis: La maintenance est un problème clé en ce qui concerne ces systèmes car ils sont utilisés et gérés individuellement par leurs propriétaires. Pour maximiser les paramètres tels que la durée de vie de la batterie et l’efficacité du panneau, les utilisateurs doivent être formés à leur maintenance et aux meilleures pratiques. Par exemple, il est nécessaire d’éviter une décharge complète et répétée de la batterie et d’essuyer la poussière des panneaux pour tirer le meilleur parti des systèmes autonomes.

Considérations: Alors que les systèmes domestiques hors réseau continuent de gagner en popularité, un accent majeur devrait être mis sur la qualité, la formation et le service client, afin de garantir que les clients obtiennent le meilleur retour sur investissement. De plus, l’avenir du succès du modèle de paiement à l’utilisation est fortement lié à la croissance des paiements d’argent mobile. La croissance la plus élevée de ce modèle de financement a été observée en Afrique de l’Est, qui a des cadres mobiles bien développés – bien que les taxes récemment perçues en Ouganda menacent l’utilisation continue du service.

Considérations générales

L’énergie solaire a le potentiel de générer des économies importantes et donc d’améliorer la qualité de vie au niveau des ménages. Mais cela nécessiterait un changement de mentalités par rapport aux sources d’énergie alternatives traditionnelles. Certaines études ont montré que les systèmes d’énergie solaire sont liés à l’augmentation du revenu disponible, lorsqu’ils remplacent des alternatives telles que le kérosène et, dans certains cas, les générateurs diesels. De même, la difficulté de parcourir de longues distances pour recharger les téléphones est surmontée par des chargeurs solaires facilement accessibles, qui répondent à la fois à un besoin et offrent une opportunité commerciale à leurs propriétaires.

Pour réduire davantage le coût de l’énergie solaire pour les utilisateurs finaux, les gouvernements et les régulateurs ont beaucoup à faire en termes d’incitation à l’investissement et à l’adoption. Cela pourrait se faire en fixant des tarifs de rachat pour réduire les risques d’investissement et en autorisant des exonérations fiscales. Au Kenya, les exonérations fiscales sur les importations solaires ont entraîné une baisse de 3 $ du prix des lampes solaires, entraînant une augmentation de l’adoption de 37% à 69%.

Du côté de la demande, les gouvernements ont la capacité d’encourager ou d’étouffer leur adoption grâce au soutien des secteurs tels que l’industrie des télécommunications, et en particulier les opérateurs de transactions mobiles. Certains de ces acteurs indirects jouent un rôle significatif dans la performance des investissements solaires.

La qualité reste un facteur majeur dans l’attitude des Africains envers les systèmes solaires. Les régulateurs ont donc un rôle essentiel à jouer dans la gestion de l’assurance qualité, en appliquant des normes et des spécifications minimales pour tous les équipements.

En fin de compte, le solaire PV est très prometteur pour atteindre les objectifs d’accès à l’énergie en Afrique. L’abondance des ressources du continent couplée à la baisse constante des prix, rendent cette technologie attrayante à mettre en œuvre. Cependant, le solaire photovoltaïque n’est pas sans ses propres défis uniques, en particulier autour de l’intermittence et de l’empreinte foncière considérable. Ceux-ci doivent être pris en compte lors de la conception des projets, en particulier à l’échelle du réseau. Les applications mini et hors réseau offrent des alternatives prêtes, en particulier pour les communautés rurales qui ne seront probablement pas connectées au réseau principal dans un avenir proche. Dans ces applications, la nature de la charge, ainsi que la sensibilisation aux meilleures pratiques pour prolonger la durée de vie des composants, et ainsi maximiser les avantages du système, sont des considérations critiques.

 

Amanda Kahunzire,

Communications Associate, ISNAD-Africa

Categories
Blog

BENTI : L’AFRIQUE DOIT SUPPRIMER LES SUBVENTIONS DES COMBUSTIBLES FOSSILES POUR ATTENUER LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

 

Natei Ermias Benti, né à Horo Guduru Wollega, Shambu, région d’Oromia en Ethiopie est doctorant au Centre pour Sciences de l’Environnement, Faculté des Sciences Naturelles et Informatiques, Université d’Addis-Abeba, Ethiopie. Benti s’intéresse particulièrement aux domaines de l’atmosphère, de l’énergie et du changement climatique. Il est membre du Programme de mentorat pour la recherche (MRP) du Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique). Dans cet entretien avec KINSGLEY JEREMIAH, Benti partage les moments forts de son expérience en tant que membre du programme MRP. Il aborde également le sujet du changement climatique et des limites des énergies durables en Afrique, en particulier en Ethiopie.

 

 

Vous faites partie du Programme de mentorat pour la recherche d’ISNAD-Afrique, quel est votre sentiment à cet égard ?

Je suis très fier d’être membre de cette magnifique organisation. Je suis aussi très reconnaissant d’être l’un des doctorants soutenus par ISNAD-Afrique et son Programme de mentorat pour la recherche qui m’a assuré le soutien technique par le Prof. Marta Molinas, mon mentor dans le programme, pour mes recherches de doctorat. Grâce à ISNAD-Afrique, j’ai aussi le plaisir d’être l’un des deux mentorés de la promotion 2018 du Programme de mentorat pour la recherche à avoir obtenu une bourse financée par le gouvernement allemand pour participer aux 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur la gestion environnementale dans les pays en développement – Energies renouvelables et efficience de l’énergie (SC76) en novembre (2018). Ce programme résidentiel, intégralement financé, d’un mois est organisé par le Centre for International Postgraduate Studies in Environmental Management (CIPSEM) à la Technische Universität Dresden en Allemagne. Je remercie ISNAD-Afrique pour le soutien apporté pour mon développement universitaire et professionnel.

Pouvez-vous raconter votre expérience dans le programme ? Comment êtes-vous devenu membre ? Le programme a-t-il été bénéfique pour vous ? Quelles sont les perspectives et les défis ?

Je suis membre d’ISNAD-Afrique depuis l’année dernière. Mon conseiller en recherche à l’Université d’Addis-Abeba m’avait parlé du programme. En tant que membre, j’ai participé à trois séminaires liés à mes recherches et j’ai été certifié. J’ai été choisi comme membre du programme non seulement pour avoir participé avec succès aux séminaires mais aussi parce que mes recherches sont alignées sur les objectifs des programmes d’ISNAD-Afrique et qu’elles traitent de la problématique du développement rural et de l’électrification hors réseau.

Le programme m’a également permis de participer aux cours d’un mois à l’Université de Dresde en Allemagne. Cette opportunité m’a apporté des expériences en temps réel, en particulier avec l’apprentissage au contact d’autres étudiants Africains. Ceci permettra d’améliorer mes travaux de recherche et bénéficiera à mon pays.

Le programme de mentorat a mis en place un tutorat technique avec le Prof. Marta Molinas à l’Université Norvégienne des Sciences et Technologies (NTNU) en Norvège qui offre un tutorat technique pour mes recherches. Le programme me permet également d’avoir accès aux informations nécessaires et est une grande motivation.

Que pensez-vous du récent projet Reppie Waste-to-energy en Ethiopie ?

Mes recherches de base portent plutôt sur l’éolien et le solaire. La structure du gouvernement Ethiopien n’a pas priorisé les chercheurs spécialisés dans l’éolien et le solaire. J’étais limité à enseigner. Mais grâce au nouveau Premier ministre, il y a du changement. La valorisation énergétique des déchets, c’est la transformation, au moyen de différentes méthodes dont la combustion, la gazéification, la pyrolyse, la digestion anaérobie et la récupération des gaz de décharge, des déchets biodégradables ou non en chaleur, électricité ou carburant utilisables. Compte tenu de la croissance démographique, de l’urbanisation et de la croissance économique, les volumes de déchets vont très certainement continuer à augmenter et ainsi saturer les systèmes de gestion des déchets existants.

La croissance démographique est rapide en Ethiopie. En 2000, l’Ethiopie comptait 63,5 millions d’habitants ; actuellement, ce chiffre s’élève à plus de 100 millions, ce qui en fait le deuxième plus grand pays en Afrique, et en 2025, la population devrait atteindre plus de 125 millions. En 2017, un glissement de terrain dans la décharge de Koshe a fait 114 morts et le gouvernement a déclaré 3 jours de deuil.

La nouvelle centrale de valorisation des déchets Reppie Waste-to-energy va transformer le site et permettra à toute la ville de changer son approche de la gestion des déchets. J’espère que Reppie servira de modèle pour d’autres pays d’Afrique.

Comment évaluerez-vous l’arrivée des énergies renouvelables en Éthiopie?

L’Éthiopie a un grand potentiel d’énergie hydroélectrique, éolienne, géothermique, éolienne, solaire et biomasse en tant que ressource énergétique indigène. L’Éthiopie serait le château d’eau de l’Afrique de l’Est et le potentiel hydroélectrique du pays est estimé à 45 000 MW, à côté de la République démocratique du Congo en Afrique, mais jusqu’à présent, seuls 20% de son potentiel est exploité. Pour satisfaire sa demande énergétique excédentaire, l’Éthiopie s’est engagée dans des projets énergétiques de plusieurs millions de dollars ces dernières années, y compris un certain nombre de projets de centrales hydroélectriques, comme six grands barrages de la Renaissance éthiopienne GW sur le Nil bleu.

Environ 98,94% de l’énergie produite provient du système ICS, tandis que 1,06% restant provient du SCS. En ce qui concerne la puissance totale des centrales électriques du pays, seulement 3,51% de l’énergie totale produite provient du diesel; le reste provient de ressources énergétiques renouvelables propres avec 88,25% de centrales hydroélectriques, 7,49% de centrales éoliennes, 0,58% de biomasse (Reppie Waste-to-Energy) et 0,17% de centrales géothermiques.

Que devons-nous commencer à changer en Afrique pour atténuer le changement climatique?

L’Afrique et le monde en général ont continué de subir les effets de la variation des régimes météorologiques appelés changements climatiques. Bien que le changement climatique représente un défi dans le monde entier, il est davantage une menace pour l’Afrique en raison de son niveau élevé de pauvreté, de la dépendance de ses agriculteurs aux précipitations, de sa faible infrastructure et de l’indisponibilité des technologies pouvant lui permettre de faire face et de s’adapter efficacement.

L’Afrique n’a pas grandement contribué au réchauffement climatique – ses émissions de gaz à effet de serre ne représentent que 4% du total mondial. Mais elle est déjà confrontée aux pires effets du changement climatique. Egalement, l’Afrique est socialement et économiquement dépendante de l’agriculture, mais les tragédies susmentionnées ont entraînés une baisse de la production agricole et par conséquent, de l’insécurité alimentaire. Le changement climatique devrait aggraver la situation en exacerbant la faim et la malnutrition.

L’atténuation du changement climatique implique de réduire l’impact de ses et du réchauffement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. D’après ce que je comprends, les stratégies d’atténuation les plus efficientes et les plus efficaces pour l’Afrique sont: réduire progressivement les subventions aux combustibles fossiles ou accroître la dépendance à l’égard des sources d’énergie renouvelables, le boisement, le reboisement et la gestion durable des forêts, une utilisation plus efficace de l’énergie, en particulier au point d’utilisation finale dans les bâtiments, les transports et les processus de production, etc. Ici, je veux me concentrer davantage sur les deux premiers points car ce sont les principales solutions pour atténuer le changement climatique en Afrique.

Nous devons accroître notre dépendance à l’égard des sources d’énergie renouvelables. Nous devons examiner le boisement, le reboisement et la gestion durable des forêts. Nous avons besoin d’une utilisation plus efficace de l’énergie, en particulier au point d’utilisation finale dans les bâtiments, les transports et les processus de production.

Comment pouvons-nous déployer la technologie du biogaz pour l’énergie domestique, en Afrique, notamment en Ethiopie?

Dans l’ensemble, une combinaison d’incitations politiques fortes et continues, une formation adéquate pour l’entretien, la construction et l’évaluation financière, et une sensibilisation accrue aux avantages du biogaz pour la cuisson afin de surmonter certains des obstacles culturels est d’une grande importance pour l’adoption du biogaz. Tous ces facteurs seraient essentiels pour accroître la mise en œuvre et l’utilisation des usines nationales de biogaz dans les pays en développement.

L’initiative MRP

Le programme de mentorat a été conçu pour aider les étudiants (mentorés) à compléter le soutien de supervision qu’ils recevront de leurs encadreurs en établissement. Certains des avantages comprennent:

  • Participer à une formation multidisciplinaire de six (6) sessions sur l’énergie durable, l’environnement et le changement climatique (y compris les compétences non techniques), qui sera organisée par le Clean Energy Solution Center, une initiative de la Clean Energy Ministerial dirigée par le National Renewable Energy Laboratory (NREL), États-Unis
  • Être admis pour un mentorat d’un an avec un chercheur expérimenté ou un professionnel (ayant une expertise dans votre domaine de recherche) d’organisations de classe mondiale telles que la Banque mondiale, l’Université de Harvard, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ), Chatham House et l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), entre autres
  • Le soutien des mentors pour structurer votre recherche afin qu’elle soit innovante, résolvant les problèmes, pertinente pour l’industrie et réalisée conformément aux normes mondiales
  • Être soutenu par ISNAD-Afrique pour communiquer vos résultats de recherche aux parties prenantes concernées de la communauté mondiale, créant ainsi une visibilité pour vos opportunités de travail et de carrière

 

Kingsley Jeremiah,

Interviewer