Categories
Actualités

DES SOURCES D’ENERGIE INEXPLOITEES DECOUVERTES AU NIGERIA PAR UNE ORGANISATION DES NATIONS UNIES

La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a invité ce vendredi le Gouvernement Fédéral à explorer les sources d’énergies renouvelables en s’aidant des sources d’énergie inexploitées du pays qui sont estimées à 93 950 Mégawatt (MW).

  1. Bakary Dosso, Directeur, Bureau sous-régional, Centre de données, en a fait la requête à l’occasion du lancement du Profil de Pays 2016 du Nigéria à Abuja.

Dosso explique que le rapport de la CEA montre que le Nigéria dispose d’abondantes ressources énergétiques inexploitées d’environ 93 950 MW.

Le chef de la CEA précise que : « le pays dispose de ressources énergétiques considérables, notamment en pétrole, gaz naturel, charbon, nucléaire et sables bitumineux ».

« D’autres ressources incluent le solaire, l’éolien, la biomasse et l’hydroélectricité. »

Or, le développement et l’exploitation de ces sources d’énergie ont été négligés en faveur de l’hydroélectricité, du pétrole et du gaz naturel.

« Le Nigéria dispose d’un potentiel de production de 93 950 MW provenant de sources d’énergie à faible émission de carbone et qui incluent les petites et grandes installations hydroélectriques à raison de 68 pour cent et les centrales nucléaires avec 21 pour cent. »

« De même, le Nigéria dispose d’un potentiel en énergie solaire et photovoltaïque de 7 pour cent et en éolien terrestre de 2 pour cent. »

Dosso précise qu’il est déplorable que malgré ce potentiel considérable, la moitié de la population dépend de matériaux tels que le bois, le charbon, le fumier et les résidus organiques pour la production d’énergie.

Il ajoute que le Nigéria dispose d’une capacité totale installée de 12 522 MW mais seulement d’une puissance disponible d’environ 4 500 MW.

Il demande au gouvernement fédéral de saisir les opportunités qui permettront d’améliorer la situation de l’approvisionnement énergétique dans le pays.

Source : The Nation

Categories
Blog

ACP-EU Cooperation Program in Higher Education Enhances Capacity for Sustainable Energy Engineering in East Africa

Auteur : Adedoyin Adeleke

 

sustainable energy

A différents niveaux, le paradoxe du secteur énergétique en Afrique préoccupe de plus en plus les parties prenantes. L’Afrique est riche en ressources énergétiques mais pauvre en énergie. Les statistiques relatives à l’approvisionnement et à l’utilisation énergétiques décrivent parfaitement les conditions d’accès à l’énergie sur le continent. L’Afrique représente environ 16 pour cent de la population mondiale mais ne représente que 3 pour cent environ de la consommation mondiale d’énergie. Selon le rapport annuel World Energy Outlook, « l’Afrique subsaharienne est devenue la région la plus pauvre en électricité du monde en nombre d’habitants (dépassant l’Asie) mais aussi par sa proportion de la population totale ».

sustainable energy

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a également expliqué que 80 pour cent des 1,1 milliards de personnes vivant sans électricité et sans accès à des services énergétiques modernes vivaient dans les zones rurales de l’Afrique subsaharienne et dans les pays en développement en Asie. Ces chiffres alarmants reflètent très bien les défis énergétiques auxquels doit faire face l’Afrique et représentent l’un des principaux obstacles au développement des pays en Afrique.

Heureusement, un certain nombre d’initiatives aux niveaux mondial, régional et national sont actives afin d’améliorer les conditions d’approvisionnement en énergie sur le continent. Or, la plupart des programmes de soutien sont axés sur l’exécution des projets alors qu’il y a un fort déficit en connaissances qu’il faut combler en développant les capacités si l’on veut assurer la durabilité des projets d’énergies renouvelables sur le continent.

Le rôle du renforcement des capacités en vue d’obtenir l’accès universel une énergie moderne ne doit pas être sous-estimé. Une amélioration importante en matière de durabilité des projets d’énergies renouvelables a été réalisée par l’augmentation du niveau d’engagement communautaire au moyen de formations courtes organisées pour les membres des communautés bénéficiaires. En outre, il est indispensable de soutenir stratégiquement l’acquisition par les experts en énergies renouvelables de connaissances actualisées en vue d’accélérer le développement des énergies renouvelables en Afrique.

sustainable energy

Un certain nombre d’organisations internationales soutenant activement la promotion des énergies renouvelables en Afrique ont également insisté sur ce point. L’atelier « Higher Education for the Renewable Energy Sector in Africa » (Enseignement supérieur pour le secteur des énergies renouvelables en Afrique) organisé par le Programme de coopération Afrique-UE dans le secteur des énergies renouvelables (RECP) en 2014 a mis en avant la nécessité de renforcer les activités en matière d’énergies renouvelables en Afrique en formant une nouvelle génération de professionnels de l’énergie mais aussi en renforçant le milieu des instituts de recherche en Afrique. De même, le Second Forum des parties prenantes du Partenariat Afrique-UE pour l’énergie (PAEE) organisé par l’Ecole polytechnique de Milan en 2016 a mis en évidence le besoin de renforcer les capacités en Afrique et le transfert des technologies afin de profiter pleinement des opportunités professionnelles et du développement des connaissances qui vont de pair avec le secteur croissant et plus efficace des énergies renouvelables.

Il faut instaurer dans les pays en développement une base de connaissances structurée en constituant une force de travail transdisciplinaire et bien équipée qui sera en mesure de reproduire, se développer et mettre en pratique ses connaissances au moyen de formations, recherches et développement de projets. Ce fut le but du projet Enlarged Network in Education and Research for Growing Impact of Sustainable Energy engineering on local development (ENERGISE) (Réseau élargi dans la formation et la recherche pour un impact croissant des technologies d’énergies renouvelables sur le développement local), financé par le Programme de coopération Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP)-UE pour l’enseignement supérieur (EDULINK). Le projet ENERGISE s’aligne sur l’objectif général d’EDULINK qui est de soutenir le renforcement des capacités et l’intégration régionale dans le domaine de l’enseignement supérieur par le développement de réseaux institutionnels.

Pour atteindre ses objectifs, le projet ENERGISE a renforcé les capacités des institutions partenaires à offrir des programmes de formation innovants et pratiques en génie énergétique. Le but étant d’augmenter « le nombre, la qualité et les compétences des ingénieurs en énergie qui pourront agir en qualité d’employés ou d’entrepreneurs pour répondre au défi complexe de l’accès à une énergie durable » en Afrique de l’Est. Le projet vise à mettre en place une nouvelle génération d’ingénieurs en énergies durables qui « seront capables de promouvoir les technologies adaptées, tout en considérant les aspects socio-économiques et environnementaux à long terme » dans la région. L’Ecole polytechnique de Milan (Italie), sous le contrôle de la Chaire UNESCO sur les énergies pour le développement, s’est associé à l’Université de Jimma (Ethiopie), l’Université technique du Kenya (Kenya), l’Université technique de Mombasa (Kenya) et l’Institut de technologie Dar Es Salaam (Tanzanie) pour mettre en œuvre le projet. Le choix de ces pays a été fait en fonction de leur faible taux d’accès l’énergie : Ethiopie (15 pour cent), Kenya (15 pour cent) et Tanzanie (11 pour cent). Le projet a fourni des séances de formations intensives sur le renforcement des capacités en matière de nouvelles méthodologies d’enseignement et de systèmes d’énergie décentralisée basés sur les énergies renouvelables.

Les systèmes d’énergie décentralisée sont considérés comme une solution énergétique viable pour les communautés rurales dans lesquelles réside la majorité de la population est-africaine. L’impact des systèmes d’énergie décentralisée sur l’amélioration des conditions des systèmes d’énergies durables, en particulier pour les communautés rurales hors réseau dans le monde entier, a été remarquable. Le Réseau d’action pour les énergies renouvelables pour le 21ème siècle (REN21) a déclaré que les systèmes d’énergie renouvelable décentralisée ont contribué à fournir en électricité environ 100 millions de personnes dans 26 millions de foyers dans le monde entier.

sustainable energy

L’impact croissant des systèmes d’énergie décentralisée explique pourquoi l’UNESCO, l’UNIDO et la Banque Mondiale, entre autres organisations internationales, ont insisté sur la nécessité d’augmenter le nombre et le niveau des ingénieurs en énergie pour pouvoir développer ces systèmes d’énergie. Les ingénieurs en énergie permettront de développer un savoir-faire dans la conception, la mise en œuvre, le suivi et la maintenance de solutions énergétiques appropriées et durables qui pourront être adaptées aux utilisations rurales. Le projet ENERGISE répond à ce besoin mondial avec une attention particulière pour l’Afrique de l’Est.

sustainable energy

Le consortium de projet ENERGISE a adopté une approche holistique et procédurale pour la réalisation des objectifs de ce projet. Une évaluation exhaustive de la situation actuelle en matière d’ingénierie énergétique a été effectuée par les institutions partenaires en Ethiopie, Kenya et Tanzanie. L’évaluation a été réalisée en vue d’identifier les lacunes et les besoins dans l’offre de programmes de formation de qualité en ingénierie énergétique dans la région et pour éviter une duplication des efforts. Pour la réalisation de cette évaluation, des questionnaires ont été remis à 137 membres et 274 étudiants des institutions partenaires, y compris 58 intervenants externes. Les résultats de cette évaluation ont révélé un faible niveau d’information sur l’énergie et une satisfaction modeste concernant les conditions énergétiques dans la région. L’étude a également permis au consortium de projet de comprendre les besoins impératifs d’améliorer les liens entre le monde universitaire, les secteurs publics, civils et privés pour développer des programmes de formation de haute qualité et axés sur le marché pour le secteur de l’ingénierie énergétique.

sustainable energy

Le projet a aussi amélioré les compétences des membres de faculté et renforcé les capacités du personnel non enseignant des institutions partenaires. Différentes formations sur de nombreux sujets ainsi que des programmes de formation technique, nécessaires à l’amélioration de la qualité des prestations, ont été organisés pour 114 membres supérieurs, 61 membres techniques et 30 membres juniors du personnel des institutions. A la fin de cette période de 42 mois, le projet a développé cinq programmes dans trois pays et un programme de master en sciences (MSc) axé sur le travail en Ingénierie des énergies durables couvrant l’ingénierie et les perspectives économiques des énergies durables. Le programme mis au point met l’accent sur le développement de technologies locales et innovantes pour une utilisation durable des énergies renouvelables. Le programme de master sera testé à l’Université de Jimma en Ethiopie.

Le projet soutenu par EDULINK a développé une plateforme e-collaborative pour la diffusion des informations concernant les projets d’énergie durable, leurs résultats et leurs impacts. La plateforme a été développée dans le but de soutenir un réseau intégré d’institutions de l’enseignement supérieur qui sera ouvert à la participation et bénéficiera aux intervenants du secteur public et privé. Elle favorise le partage de documents administratifs et d’évaluation par les pairs et met à disposition un espace d’e-learning pour les présentations PowerPoint et autres ressources. Elle servira également de portail pour les forums de communication tels que les séminaires en ligne, réunions en ligne, conférences, études et autres communications sur les énergies renouvelables.

Son cinquième objectif avait été l’organisation d’un atelier d’une semaine sur le Transfert de connaissances Sud-Sud à Arusha, Tanzanie. A l’occasion de cet atelier, le consortium de projet a partagé ses expériences et les leçons retenues de la mise en place du projet ENERGISE. L’atelier a également permis de discuter des impacts du projet ENERGISE avec le personnel de direction et le corps enseignant d’autres établissements d’enseignement supérieur, les membres d’organisations non gouvernementales et autres participants à l’atelier.

Images fournies par le Consortium du Projet ENERGISE

Categories
Publications

PROF. HOWARD ALPER, DOCTEUR EN SCIENCES HONORIS CAUSA DE LA WESTERN UNIVERSITY, CANADA

La Western University, Canada, a récemment décerné le titre de Docteur en Sciences Honoris Causa (D.Sc.) au Président de notre Conseil Consultatif, l’éminent Professeur Howard Alper.

Dans son discours prononcé lors de la cérémonie officielle, le Professeur Howard encourage les jeunes diplômés à :

  1. Créer des opportunités plutôt que d’attendre qu’elles ne se présentent,
  2. Faire preuve de haute intégrité dans tous leurs efforts,
  3. S’engager dans le volontariat à différents moments de leur carrière,
  4. Être des leaders dans leurs domaines d’activités

Nous félicitons l’éminent Professeur et nous encourageons la jeunesse africaine à adopter ses conseils tout au long de leur carrière.

Categories
Publications

COMPARAISON DE DIFFERENTES TECHNOLOGIES D’ENERGIES RENOUVELABLES ET COMMENT ELLES SONT ENCOURAGEES DANS DIFFERENTES ZONES D’AFRIQUE

Introduction

Le secteur énergétique de l’Afrique est principalement classé dans deux régions : l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Dans cet article, un accent particulier sera mis sur l’Afrique subsaharienne. L’Afrique subsaharienne est riche en ressources d’énergie renouvelable qui peuvent être exploitées pour la production d’électricité grâce à différentes technologies. Les plus communément connues sont l’énergie photovoltaïque et les éoliennes, mais il y a également un grand potentiel pour l’hydro-énergie, la biomasse (autre que les combustibles de biomasse à forte intensité de carbone comme le charbon de bois), géothermique et même l’énergie des vagues, un potentiel qui reste encore sous-développé sur le continent. Quelques points notables ont été mis en évidence par le rapport de 2013 de l’Agence internationale des énergies renouvelables sur le potentiel des énergies renouvelables en Afrique:

  • La croissance économique rapide et la nécessité d’un accès fiable et moderne à l’énergie doublera la demande d’ici 2030.
  • Les coûts des technologies d’énergies renouvelables diminuent rapidement et les contrats de projet pour l’Afrique sont parmi les plus compétitifs au monde.
  • Bien que la ressource de base diffère, tous les pays africains possèdent un potentiel significatif pour les énergies renouvelables. Les ressources du continent en énergie biomasse, géothermique, hydroélectrique, solaire et éolienne sont parmi les meilleures au monde.

Ci-dessous, nous parlons plus en détail de certaines technologies de production d’énergie renouvelable et de leur application et promotion en Afrique subsaharienne.

Hélios

L’Afrique dispose d’un grand potentiel d’exploitation d’énergie solaire pour la production d’énergie électrique aussi bien que thermique, car de nombreuses régions africaines bénéficient de longues journées ensoleillées et d’une forte intensité d’irradiation solaire. Les technologies de production d’énergie sont le photovoltaïque (PV) et l’énergie solaire concentrée (ESC). La capacité solaire photovoltaïque totale cumulée est de 1334 MW selon des données de 2014. L’Afrique du Sud et le Kenya sont des pionniers dans le domaine, ces pays ont orienté les investissements et les réglementations vers la croissance de l’énergie verte. Les coûts des modules photovoltaïques ont diminué de 75 % par rapport à 2009, ce qui a permis d’établir un coût moyen total de l’électricité aussi bas que 0,13 à 0,26 USD/kWh dans les projets de services publics africains. Le déploiement de projets d’énergie solaire concentrée en Afrique n’en est qu’à ses débuts, car seuls les pays d’Afrique du Nord ont déjà mis en œuvre certains projets. Le Botswana, le Soudan, la Tunisie et la Namibie présentent actuellement un total 6,4 GW de projets ESC. En outre, les projets de mini-réseaux et de micro-réseaux ont augmentés dans toute l’Afrique depuis 2009, car ils constituent une source fiable d’électricité pour les communautés rurales non électrifiées et surpassent le réseau inefficace dont disposent la plupart des pays africains.

En plus de produire de l’électricité, des technologies modernes sont déployées pour le chauffage et la cuisson de l’eau. Ces technologies ont un énorme potentiel en raison de l’irradiation solaire abondante, mais restent des technologies coûteuses pour beaucoup des pays en voie de développement du continent africain. D’autres technologies fonctionnant à l’irradiation solaire sont le chauffage et refroidissement solaires, principalement utilisés dans l’industrie et pour le dessalement de l’eau.

Exploiter l’énergie éolienne

Le potentiel théorique de l’énergie éolienne en Afrique dépasse de loin la demande actuelle. Ce grand potentiel éolien est réparti de façon égale sur l’ensemble du continent africain, cependant, il y a quelques pays dans chaque région qui se distinguent : le Niger en Afrique de l’Ouest ; le Tchad en Afrique centrale; Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya, le Soudan, la Somalie, l’Ouganda en Afrique de l’Est; et au Sud de l’Afrique le Lesotho, le Malawi, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et la Zambie. Dans tous les pays ci-dessus, le potentiel éolien calculé est beaucoup plus élevé que dans le reste de la région alentour. En 2014, 2,46 GW d’énergie éolienne ont été générés sur le continent avec un coût de production pour chaque kWh allant de 0,046 USD à 0,145 USD. L’objectif pour le continent est d’atteindre 75 GW d’ici 2030 et de fournir une énergie durable et fiable, mais surtout propre, pour une plus grande partie de la population. Le besoin actuel d’investissement est d’environ 1300 à 1600 USD/kW, principalement en raison de grandes distances sur lesquelles il faut transférer l’énergie, à partir des meilleurs emplacements éoliens jusqu’aux centres où la demande est la plus grande. Enfin et surtout les éoliennes sont aussi utilisées pour pomper l’eau qui sert à l’irrigation. Dans de nombreuses régions d’Afrique, le pompage à l’énergie éolienne est même moins cher que le pompage diesel.

Tableau.1 Les plus gros contributeurs d’installations éoliennes en Afrique en 2014. 

Figure.1 Éolienne de pompage.

Exploiter les ressources en eau

L’hydroélectricité est une source d’énergie fiable et durable qui est nécessaire pour le continent africain. Elle dépend fortement d’un approvisionnement fiable en eau et est extrêmement affectée par les périodes de sécheresse. Elle peut être classée en deux catégories principales et trois autres sous-catégories qui sont moins avantageuses.

  • Centrales hydroélectriques à grande échelle, capables de produire plus de 10 MW et souvent utilisées avec un barrage réservoir.
  • Les centrales hydroélectriques à petite échelle, dont la capacité varie de 1 MW à 10 MW, les barrages étant facultatifs.
  • Mini-échelle d’hydroélectricité allant de 100 kW à 1 MW.
  • Micro-échelle, 5 à 100 kW.
  • Pico-hydro usine avec une capacité inférieure à 5 kW.

Les solutions de mini, micro et pico usines sont adaptées pour une installation sur rivière et conviennent à l’électrification des petites communautés rurales. L’Afrique centrale à elle seule contient environ 40% des ressources hydroélectriques du continent tandis que l’Afrique de l’Est possède 28% et l’Afrique de l’Ouest 23%.

 

TABLE.2 Données 2013 concernant la production d’énergie hydraulique en Afrique subsaharienne

 

Figure.2 Barrage hydroélectrique dans le parc national des Virunga, R.P. Congo

L’énergie géothermique

Cette forme d’énergie est très importante en Afrique de l’Est et du Sud. Plus de 90 % du potentiel – estimé à 15 GW – provient de la vallée du Rift, du Mozambique à Djibouti. Cependant, le Kenya est le chef de file en matière de production d’énergie géothermique. Selon des données de 2015, le Kenya a produit 579 MW d’électricité sur les 606 MW totaux produits sur le continent. L’Éthiopie et la Tanzanie sont en train de développer des projets qui pourraient atteindre 3 GW d’ici 2020. Les principaux obstacles à la mise en œuvre de projets d’énergie géothermique sont les coûts d’investissement importants, et donc les investissements nécessaires à la construction de centrales. Ces coûts vont de 2700 USD/kW à 7600 USD/kW. La chaleur géothermique pourrait également être appliquée directement aux procédés industriels qui nécessitent de la chaleur « basse température ». Ces procédés représentent une grande partie de l’industrie manufacturière africaine, et la chaleur géothermique est un substitut sûr et peu coûteux aux combustibles fossiles. Par exemple, au Kenya, la chaleur directe géothermique est utilisée avec succès dans l’industrie florale.

 

Figure.3 Centrale géothermique de Menengai au Kenya.

Le bois comme combustible.

La combustion du bois est la principale source d’énergie primaire du continent. Elle est utilisée pour la cuisine et le chauffage dans le secteur résidentiel, mais des quantités importantes sont utilisées par les petites et moyennes industries pour la transformation des aliments et la fabrication de briques. En dehors de ces utilisations, on estime qu’un cinquième du bois récolté est transformé en charbon de bois. Il est largement utilisé comme carburant en raison de son faible coût, cependant à cause de son impact négatif sur l’environnement et la santé il doit être remplacé par des combustibles moins chargés en carbone. En termes d’énergie, il y a environ 11 centrales électriques utilisant le bois comme ressource, elles sont situées au Ghana, au Congo, au Swaziland etc. avec une capacité totale de 30 MW. 35% du potentiel total de l’Afrique est situé en Afrique de l’Est et 31% est en Afrique de l’Ouest.

Figure. 4 Cuisinière efficace

Pour lutter contre la combustion inefficace du charbon de bois et du bois, de nombreux pays ont mis en place des programmes pour promouvoir des cuisinières efficaces, pour un coût aussi bas que 5 à 10 USD. Les chefs de file de ces programmes sont la Somalie et le Kenya, mais aujourd’hui des initiatives similaires sont lancées dans la plupart des pays d’Afrique du Sud et de l’Est.

Les résultats les plus encourageants ont été observés au Rwanda, où la pénétration des cuisinières efficaces a atteint 50% du total, suivi par le Kenya à 36%.

 

 

Karvounis Panagiotis

Communications Associate, ISNAD-Africa

Categories
Blog

SITOTOMBE : DES SOLUTIONS ÉNERGÉTIQUES À FAIBLE COÛT POUR L’AFRIQUE SONT FAISABLES

L’appétit de Chipo Sitotombe pour l’accès à l’énergie cible tous les Africains. Tout récemment, les efforts du jeune chercheur – pour s’assurer que les solutions énergétiques à faible coût, en particulier l’énergie durable deviennent une réalité sur le continent – ont été accueillis avec optimisme. C’est grâce au soutien du Réseau international de soutien au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique), un réseau panafricain et multidisciplinaire de professionnels, chercheurs et étudiants du monde entier promouvant l’énergie durable, l’environnement et l’éducation. Dans cette interview, Sitotombe a discuté des questions clés dans le secteur, en particulier son expérience dans le cadre du programme de mentorat pour la recherche ISNAD-Afrique.

KINGSLEY JEREMIAH écrit …

 

Veuillez vous présenter à des fins d’enregistrement.

Je m’appelle Chipo Sitotombe. Je viens du Zimbabwe. Je suis titulaire d’un baccalauréat en génie chimique de l’Université nationale des sciences et technologies du Zimbabwe. De même, j’ai récemment terminé un master en génie énergétique à l’Institut universitaire panafricain des sciences de l’eau et de l’énergie en Algérie. Je suis passionné par l’énergie durable, en particulier le développement de solutions énergétiques à bas prix pour mon continent pour assurer l’accès à l’énergie pour tous.

Félicitations pour la récente réussite de votre programme de maîtrise financé par la GIZ. Quelle a été votre expérience et sur quel projet avez-vous travaillé ?

Merci beaucoup. J’ai eu une merveilleuse expérience chez PAUWES. Ma sincère gratitude va aux sponsors du programme ; Union africaine, Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et kFW pour avoir attribué l’opportunité qui donne aux jeunes esprits africains les compétences et les connaissances nécessaires pour apporter des solutions innovantes aux problèmes de l’énergie, de l’eau et du changement climatique.

Ce que j’ai le plus apprécié chez PAUWES, mis à part la formation de haute qualité d’experts en énergie du monde entier, c’est l’apprentissage dans une communauté multiculturelle. PAUWES a des étudiants de plus de 30 États africains des cinq régions d’Afrique. J’avais tellement de choses à apprendre et à partager avec mes collègues. Et je suis vraiment excité par les réseaux que j’ai créés pendant mon séjour à l’Institut, qui me seront toujours utiles afin de faire avancer l’Afrique en matière d’énergie durable.

J’ai travaillé sur un projet intitulé Modeling Renewable Energy Integration, « A System Dynamic Approach » et j’ai pris la Tanzanie comme étude de cas.

Comment avez-vous entendu parler de ISNAD-AFRIQUE et du MRP ?

Un de mes collègues de PAUWES m’a parlé de ce programme lors de l’élaboration de nos propositions de recherche. Après avoir répondu à l’appel de mentorés, j’ai décidé de postuler.

Quelle a été votre expérience de mentorat dans le cadre du Programme de mentorat pour la recherche (MRP) ?

J’ai eu une formidable expérience de mentorat dans le cadre du programme MRP. Je remercie ISNAD-AFRIQUE, les facilitateurs de l’initiative et le Dr William Blythm, mon mentor. Le Dr William a été très favorable et actif pour stimuler les discussions et donner des critiques constructives. Il m’a constamment motivé et m’a patiemment guidé tout au long de mes recherches. Je lui dois beaucoup pour la réussite de mes travaux de recherche.

Son apport a fait une grande différence dans la façon dont j’ai conduit mes recherches. Cela a non seulement rendu mon travail plus facile, mais aussi passionnant. Il a consacré tellement de temps à mon travail et je me souviens que j’avais toujours hâte de discuter de mon travail avec lui sur Skype parce que j’avais tellement à apprendre des discussions et après chaque conversation, je me sentais tellement excité de continuer et de terminer.

Le travail de recherche a ses propres défis et je suis vraiment heureux d’avoir eu le soutien supplémentaire du Dr William pour complimenter l’excellent travail de mon superviseur institutionnel.

Intégration des énergies renouvelables « A System Dynamic Approach », cas de la Tanzanie, de quoi traite vraiment ce sujet ?

Dans mes travaux de recherche, j’utilise une approche de modélisation de la dynamique des systèmes pour justifier la nécessité de redoubler d’efforts pour intégrer les énergies renouvelables dans le système énergétique actuel de la Tanzanie.

J’ai développé un modèle qui intègre les aspects économiques, techniques, politiques, sociaux et environnementaux du système énergétique de la Tanzanie. Ce modèle a été utilisé pour montrer la tendance des ratios de prix de l’énergie des technologies de production d’énergie dans le pays entre 2010 et 2050, illustrer les tendances changeantes de la demande d’énergie en raison des changements dans les ratios de prix des technologies de production d’énergie, identifier les opportunités et les obstacles pour un déploiement accéléré des énergies renouvelables.

Quelles étaient vos motivations pour le sujet et quelles ont été vos conclusions ?

L’énergie moderne est un moteur clé d’une croissance économique soutenue et de l’amélioration des moyens de subsistance, mais malgré les ressources abondantes en Afrique subsaharienne, elle reste la partie du monde avec le plus grand nombre de personnes sans accès à l’énergie moderne et dépend fortement des combustibles traditionnels pour l’énergie. Les rares qui ont accès à l’énergie moderne sont confrontés à des prix élevés de l’énergie. D’un autre côté, la croissance démographique et les taux d’urbanisation de l’Afrique augmentent rapidement, ce qui entraîne une augmentation de la proportion sans accès.

La plupart des gouvernements d’Afrique subsaharienne sont donc confrontés au problème de devoir subvenir aux besoins énergétiques croissants de leur pays à un moment où le monde est aux prises avec les effets négatifs des émissions de CO2 résultant de la combustion de combustibles fossiles pour la production d’énergie.

Heureusement, il y a eu des progrès technologiques et des réductions de coûts significatives pour les technologies des énergies renouvelables, et le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables offre aux pays d’Afrique subsaharienne une voie durable et rentable pour fournir rapidement une énergie abordable à la population et à ses économies croissantes.

D’où la nécessité de plaider pour une intégration renouvelable dans les pays d’Afrique subsaharienne.

Pour les technologies de production d’énergie prises en compte dans les travaux de recherche (gaz naturel, hydroélectricité, solaire photovoltaïque et éolien) : le gaz naturel et l’hydroélectricité qui contribuent actuellement à la majorité du mix électrique de la Tanzanie et donc à la hausse du prix actuel de l’énergie dans le pays connaîtra une très faible baisse des ratios des prix de l’énergie, même avec un engagement élevé des autorités tanzaniennes pour développer ces technologies.

Le solaire photovoltaïque et l’éolien connaissent cependant une baisse significative du ratio des prix de l’énergie au cours de la période de modélisation bien qu’il démarre très haut. Les bas prix attirent les consommateurs à faible revenu (qui représentent la plus grande part de la population tanzanienne). Par conséquent, l’électricité renouvelable peut jouer un rôle important dans la promotion de l’accès à une énergie abordable en Tanzanie, par conséquent, un plus grand engagement des autorités tanzaniennes (par le biais d’initiatives de politique en matière d’énergies renouvelables) est nécessaire afin de réduire les ratios de prix élevés initiaux des technologies de production. Parce que ces ratios de prix élevés initiaux font fuir les investissements et entravent les progrès en matière de pénétration des énergies renouvelables.

Si on regarde par exemple la Tanzanie et le Zimbabwe, quelle est d’après vous la prépondérance des énergies renouvelables en Afrique ?

Il y a eu quelques initiatives de développement de politiques et infrastructures pour le développement durable. Mais la plupart des pays continuent de dépendre largement de leurs techniques traditionnelles de génération d’énergie. Par exemple, le Zimbabwe dépend de centrales hydrauliques et du charbon, tandis que la Tanzanie dépend de l’énergie hydraulique et du gaz naturel – donc l’engagement ä développer les énergies solaires, géothermales ou éoliennes est encore limité malgré l’accessibilité de ces ressources. Les gouvernements doivent avoir un engagement plus ferme à développer les infrastructures pour générer ces énergies renouvelables, afin de diversifier les approvisionnements et offrir une énergie propre abordable pour tous.

Quels conseils donneriez-vous aux participants actuels et potentiels de cette initiative ?

Le MRP est une chance unique d’investir en vous-même. Exploitez cette opportunité au maximum en engageant autant que possible avec vos mentors et apprenez tout ce que vous pouvez sous leur guidance. Il est important de se rappeler que ce que nous faisons n’est pas seulement pour notre bénéfice mais pour celui du continent tout entier. Notre travail de recherche se doit de contribuer à l’apport de solutions innovantes et à la création de l’Afrique que nous voulons pour le futur, nous devons donc rester très engagés et concentrés dans nos recherches.

J’encourage ceux qui sont intéressés par notre initiative à postuler lorsque nous recrutons de nouveaux participants. Vous ne pouvez pas vous permettre de passer à côté de cette expérience. Le programme est idéal pour la préparation de votre travail de recherche. Non seulement vous effectuerez un travail de qualité mais ce travail sera également pertinent pour les besoins de nos sociétés.

 

Kingsley Jeremiah,

Communications Associate, ISNAD-Africa

Categories
Publications

PARLONS GÉNÉRATION Z : COMMUNIQUER LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EN AFRIQUE ET À SA JEUNESSE (PARTIE 2 SUR 2)

En plus de se concentrer sur les jeunes enfants comme nous l’avons fait dans un article de blog précédent, engager la jeune démographie africaine est une décision cruciale pour les défenseurs du climat. Il y a un certain chevauchement dans une tranche d’âge particulière, car la génération Z va de l’âge de six ans au début de la vingtaine. La génération Z devrait travailler aux côtés de la génération Y pour lutter contre les effets du changement climatique. Par conséquent, plus ils seront mobilisés tôt, plus les solutions seront efficaces.

Ça doit être cool. Bien que des structures telles que l’éducation et les institutions d’entreprise puissent impliquer les jeunes, les jeunes se soucient de l’interaction sociale. C’est quelque chose qui devrait être mis à profit dans les initiatives et les études axées sur le changement climatique. L’Université de la Colombie-Britannique au Canada, par exemple, a utilisé le désir d’interaction avec les voisins et a facilité les connexions comme un moyen de susciter l’intérêt autour du Coolkit de foresterie urbaine de quartier. Ceci est décrit comme « un guide visuel permettant aux gens de dialoguer avec leur famille, leurs amis et leurs voisins sur les problèmes et les solutions liés à la foresterie urbaine et au changement climatique dans leur quartier ». Le programme a attiré l’attention des gens sur quelque chose qui leur tenait à cœur et l’a rendu cool. Un modèle comme celui-ci pourrait être appliqué aux jeunes et aux communautés africaines parallèlement aux activités génératrices de revenus.

[Source – ONU-Habitat – Des jeunes nigérians à la formation pratique de Solar Lantern sur l’efficacité énergétique et les technologies d’énergie renouvelable]Des outils tels que Google, les jeux vidéo et les plateformes de médias sociaux peuvent également être exploités pour rencontrer les gens là où ils se trouvent. Il s’agit d’une approche en stratégie marketing et communication qui s’est amplifiée avec des canaux de communication en évolution rapide. Les grandes entités de développement ont compris le message. La Commission économique des Nations Unies et l’Union africaine ont développé Climdev, une plateforme pour les jeunes Africains afin d’améliorer leurs capacités et compétences nécessaires pour soutenir les actions climatiques. Contrairement aux enfants qui sont encore à charge, les jeunes ont tendance à être des auto-démarreurs proactifs qui ont du libre arbitre, mais il doit être soutenu et pérennisé.

Les points de discussion et les messages concernant la création d’emplois en tant que facteur de motivation pour s’engager dans l’action climatique, en tant que forme de développement économique, devraient rester en tête de liste des priorités. Un autre défi concerne particulièrement la plupart des jeunes africains : l’instabilité politique. La culture de l’activisme ou son absence, même autour de la question apparemment non politique du changement climatique, peut être décourageante. C’est un domaine qui nécessite des recherches et des actions politiques.

Le changement culturel ou l’idée de devenir « vert » et d’encourager la durabilité devrait être promu comme norme sociale ; que ce soit être végétarien, recycler, éteindre les ampoules ou acheter des produits biodégradables. C’est un début pour rendre les gens plus conscients de l’impact humain sur l’environnement. Des études sur le comportement pro-environnemental peuvent être appliquées aux générations futures dès maintenant. Des organisations telles que l’ISNAD-Afrique travaillent à rassembler les types de partenariats qui peuvent produire ce matériel, en mettant l’accent sur les universitaires des universités africaines.

Vous ne pouvez pas communiquer sans un langage universel

Le changement climatique n’est pas un terme qui existe dans la plupart des dialectes africains, et la majorité des gens, en particulier dans les communautés rurales, ne comprennent pas ce que cela implique – même s’ils parlent des langues qui le font. Un nouveau vocabulaire pourrait être développé autour du changement climatique et ensuite enseigné aux enfants et aux jeunes. Les chercheurs et les entités gouvernementales doivent développer des ressources qui répondent aux défis uniques de la communication avec une variété de publics. Le changement climatique peut initialement sembler nébuleux, ou au mieux, pas aussi critique que de mettre de la nourriture sur la table (ce qui, nous le savons, est dans certains cas interconnecté).

Les canaux traditionnels des médias de masse tels que la radio, les émissions de télévision, les journaux et les panneaux d’affichage sont encore très largement utiliséset efficaces malgré l’avènement d’Internet. Ces outils devraient être maximisés pour remodeler et reconfigurer la conversation sur le climat – en plus de la législation. Des groupes tels que l’unité de soutien du African Group of Negotiators (AGN) s’attaquent à ce problème pour mieux prendre position en ce qui concerne les négociations sur le changement climatique. Dans les deux cas, l’expérimentation du changement climatique et des nuances impliquées en termes profanes est essentielle.

D’autre part, il a été soutenu dans un certain nombre d’études que les médias de masse seuls ne sont pas suffisants ou suffisamment efficaces pour susciter l’engagement dans le contexte africain et qu’il peut être nécessaire de l’intégrer aux médias et aux communications autochtones qui tiennent davantage compte des facteurs locaux et de la culture. Une compréhension des sciences sociales et du comportement humain est également un élément important, en dehors de la science du climat elle-même. Les journalistes, en particulier, sont dans une position unique en ce qui concerne la gestion des messages sur le changement climatique, la mise en balance des faits sans être alarmiste tout en rapportant ce qui est pertinent et en couvrant les solutions qui sont localement pertinentes et évoquent l’efficacité.

Les communications sur le changement climatique et l’engagement des enfants et des jeunes doivent être une priorité car les pays africains s’efforcent de réduire les émissions. Investir dans la génération de demain et mettre en place un cadre avec des objectifs autour de citoyens actifs et engagés est essentiel.

 

Maxine Chikumbo,
Communications Associate, ISNAD-Africa

Categories
Blog

MENTORES ISNAD-AFRICA MRP AU CIPSEM A DRESDE

Enoch Bessah et Natei Ermias Benti, voudriez-vous vous présenter et nous dire ce que vous pensez de votre sélection pour la participation aux cours intensifs sur l’environnement au CIPSEM à Dresde.

Enoch : Je poursuis mes études de doctorat à la Pan African University, Initiative de l’Union Africaine. Je suis étudiant en Gestion de l’Environnement à l’Institute of Life and Earth Sciences à l’Université d’Ibadan, Nigeria. Je suis très heureux d’avoir été sélectionné et je me sens privilégié de pouvoir participer à ces prestigieux cours internationaux.

Natei : Je suis originaire d’Ethiopie. J’ai obtenu mon BSc en physique de l’Université d’Addis-Abeba et mon MSc en physique de l’environnement de l’Université d’Haramaya. Après avoir obtenu mon MSc, j’ai travaillé comme professeur de physique à l’Université Jigjiga en Ethiopie. Je suis actuellement étudiant en doctorat à l’Université d’Addis-Abeba, Ethiopie, avec comme domaine de spécialité l’Energie et le Changement Climatique. Je suis très fier d’être l’un des rares étudiants sélectionnés pour participer à ces cours d’un mois au CIPSEM à Dresde, Allemagne. J’ai beaucoup appris des cours et des professeurs mais aussi des autres participants et des visites de terrain, un apport considérable pour mes travaux de recherche pour mon doctorat mais aussi pour mon pays.

 

Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre participation aux 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur les énergies renouvelables et l’efficience de l’énergie ? Comment avez-vous vécu ce programme ?

Enoch : Le programme traite du rôle que joue le secteur de l’énergie dans les débats actuels sur l’atténuation du changement climatique et comment les transitions et réformes dans le secteur de l’énergie constituent une étape importante dans l’atteinte des objectifs de la COP21 pour limiter à 2˚C le réchauffement climatique mais aussi du nouvel objectif du GIEC.

Les 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur les énergies renouvelables et l’efficience de l’énergie du CIPSEM Dresde m’ont permis de voir différemment le changement climatique. J’ai vu la pertinence sur le terrain (évaluation et modélisation du changement climatique) et j’ai découvert comment l’Allemagne agissait pour atteindre ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre, en particulier dans le secteur de l’énergie. Bien qu’il reste beaucoup à faire, l’Allemagne a définitivement changé en ce qui concerne sa contribution au réchauffement de la planète.

Natei : Les cours étaient concentrés sur l’ingénierie, les aspects sociaux, économiques et juridiques des technologies d’énergies renouvelables, sur leur implantation et leur impact sur l’environnement.

Ces cours m’ont permis d’acquérir de l’expérience, d’apprendre et je me suis fait de nombreux amis qui occupent des postes à responsabilités. Ce fut un cours très intéressant pour moi. Je pense que le cours était très bien préparé et organisé, bien structuré et facile à suivre. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir suivre les cours.

Enoch Bessah, vous avez participé à plusieurs visites guidées de la ville, organisées par le CIPSEM Dresde. Pouvez-vous nous citer quelques exemples de pratiques durables que vous avez remarquées et que vous pensez pouvoir appliquer dans votre pays d’origine ?

Enoch : Le premier exemple et le plus important à mon avis était la diffusion d’informations. Si l’Agence de Protection Environnementale du Ghana adopte les méthodes de flux d’informations environnementales et d’éducation de l’Agence Fédérale pour l’Environnement de l’Allemagne, nos connaissances sur l’environnement seront améliorées et nos citoyens auront une meilleure conscience de leurs pratiques en ce qui concerne le développement durable.

Les systèmes d’alimentation en énergie locaux que nous avons vu à Chemnitz sont une autre pratique que nous pouvons adopter. Les municipalités et les districts peuvent lancer des projets de valorisation énergétique des déchets, des projets de mini et micro-réseaux solaires, en particulier dans les zones hors réseau au Ghana.

 

Benti Natei, avez-vous des expériences à partager sur les visites guidées ?

Natei : Nous avons visités des endroits fascinants tels l’Office Fédéral de l’Environnement, le Centre allemand de recherche sur la biomasse, la ville de Chemnitz, l’entreprise SolarWatt. Toutes les personnes rencontrées ont été des hôtes parfaits ; ils ont partagé des expériences très importantes. Concernant les installations solaires thermiques construites à Chemnitz, il est impressionnant de voir l’engagement des gens pour disposer de leurs propres ressources, et ce avec une radiation solaire annuelle très faible, c’est une bonne expérience pour les pays en développement très ensoleillés dans les régions équatoriales mais on manque de ressources financières.

Benti Natei, vous avez présenté un rapport sur votre pays, dans quelles régions d’Ethiopie ou en Afrique est-il le plus urgent d’intervenir ?

Je pense que le monde entier devrait augmenter la part d’énergies renouvelables afin d’atténuer le changement climatique. En Afrique, la biomasse traditionnelle occupe la plus large part de la consommation énergétique primaire, ce qui a des conséquences directes sur la déforestation et l’érosion des sols. Je pense donc qu’il est crucial de trouver des technologies de cuisson efficaces et propres. En Ethiopie particulièrement, la production d’électricité est dominée par de grandes installations hydroélectriques qui souffrent des sécheresses récurrentes, il est donc urgent de développer un mix énergétique et de mettre en place l’électrification des zones rurales hors réseau.

Enoch Bessah, que pensez-vous du rapport national pour le Ghana ?

Enoch : Si le Ghana souhaite atteindre la stabilité macro-économique documentée dans le Programme Coordonné des Politiques de Développement Economique et Social, 2017-2024, l’ODD 7 doit être une priorité pour la nation. L’objectif d’augmenter la part des énergies renouvelables de 10 % dans notre mix énergétique d’ici 2030 tel qu’annoncé dans les Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) dans le Protocol de Paris doit être évalué et suivi annuellement pour voir sa réalisation.

 

Le programme a tenté des mesures de financement pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique. Comment pouvons-nous appliquer des mesures de financement pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique en Afrique, en prenant exemple sur l’Ethiopie et le Ghana ?

Enoch : Au Ghana, l’engagement du gouvernement d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique représente une étape majeure dans le financement des Energies Renouvelables et l’Efficacité de l’Energie. Les politiques en matière de tarifs de rachat sensibles pour les producteurs énergétiques indépendants d’énergies renouvelables attireront plus d’investisseurs pour financer les projets d’énergies renouvelables.

Considérant les leçons tirées du programme pour les énergies renouvelables GET FiT en Uganda, l’atténuation des risques peut être explorée au Ghana. Le principe fonctionne en Uganda et pourrait fonctionner dans la plupart des pays africains.

Natei : Le financement est l’un des plus grands obstacles au développement des énergies durables en Afrique et cela est valable pour les énergies renouvelables autant que pour l’efficacité de l’énergie. Un financement efficace de l’innovation dans le secteur des énergies renouvelables nécessite une meilleure compréhension du lien entre les différents types de financement et la volonté d’investir dans les énergies renouvelables. Mes connaissances en matière de financement des énergies renouvelables et de l’efficacité de l’énergie étant très limitées, je préfère ne pas m’étendre sur la réponse à cette question.

Benti Natei, quels aspects des cours avez-vous trouvé les plus intéressants et pourquoi ?

Tous les cours étaient très agréables et pratiques. Les professeurs étaient très intéressants et particulièrement bien préparés. Par conséquent, les cours étaient plutôt intéressants. Nous avons beaucoup appris de la visite du pays auparavant, je n’avais pas beaucoup de connaissances sur le financement des énergies renouvelables et de l’efficacité de l’énergie ou sur un audit énergétique, j’ai beaucoup appris.

 

Avez-vous vu quelque chose de remarquable lors de la visite du Centre allemand de recherche sur la biomasse, un élément important pour l’Afrique ?

Le Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ – Deutsches Biomasseforschungszentrum) agit comme organe central et indépendant dans le domaine de l’énergie et de l’utilisation de la biomasse et étudie comment les ressources limitées en biomasse peuvent contribuer de manière durable et hautement efficace aux systèmes énergétiques existants et futurs. Une partie de la recherche du DBFZ est consacrée à l’identification, au développement, à l’accompagnement, l’évaluation et la démonstration des secteurs les plus prometteurs pour l’utilisation de la bioénergie mais aussi aux exemples les plus pertinents réalisés en collaboration avec des partenaires dans les domaines de la recherche, de l’industrie et du public. L’établissement d’une collaboration avec cette institution est très important pour les Technologies d’énergie biomasse en Afrique.

 

Enoch Bessah, quels résultats spécifiques avez-vous pu constater lors de votre visite de Chemnitz susceptibles d’aider l’Afrique et le Ghana dans la transition énergétique ?

Enoch : Le concept communal de génération d’énergie de la ville de Chemnitz pourra aider le Ghana. Les installations ou panneaux solaires installés sur les bâtiments publics et exploités par les citoyens pourraient aider l’Afrique. Le concept d’incitations (du gouvernement ou du district) pour les particuliers qui installent des panneaux solaires sur leurs toits pour alimenter le réseau national transformera le secteur de l’énergie dans les pays d’Afrique.

Le potentiel des technologies de l’éolien, de la biomasse et du solaire est important dans le mix énergétique en Afrique. Pouvez-vous nous donner quelques exemples de la mise en pratique qui devraient être appliqués dans les pays en développement ?

Enoch : La flexibilité des énergies renouvelables dans le mix énergétique est l’un des moyens pour réduire les black-out subis régulièrement en Afrique. Elle aidera à diminuer les charges de base dans le mix et même à les supprimer complètement dans le futur. Grâce à l’irradiation continuelle tout au long de l’année de l’Afrique en raison de la position géographique du continent (en majorité), le solaire reste l’atout majeur. La fiabilité des énergies renouvelables est équilibrée si le solaire, l’éolien et la biomasse sont associés. Le solaire produit de l’énergie durant la journée, l’éolien tôt le matin et au coucher du soleil jusque dans la nuit. L’énergie biomasse sera toujours disponible aussi longtemps qu’il y a des ressources. L’émergence des énergies renouvelables peut être une solution pour permettre à l’Afrique d’en finir avec les black-out et l’accès limité à l’électricité. Les initiatives telles que light up and power Africa de la Banque Africaine de Développement constituent l’une des nombreuses solutions de financement pour le climat sur lesquelles l’Afrique peut s’appuyer pour changer le cours de l’histoire pour la génération actuelle mais aussi pour les générations futures.

Natei : Oui, l’Afrique est dotée de généreuses ressources d’énergies renouvelables. Le système de gestion des déchets et les technologies de valorisation des déchets ont retenu mon attention et j’ai l’ambition de les mettre en œuvre en Afrique. Dans les villes allemandes, il y a 4 bacs à ordures partout, ils sont verts pour le papier, jaunes pour le plastique, bruns pour les déchets organiques et noirs pour les déchets résiduels. Le contenu de ces poubelles sera recyclé et contribuera aux besoins en énergie, on améliore ainsi la qualité de la bioénergie.

 

Quel serait le gain pour vous et diriez-vous que vos attentes sont satisfaites grâce au cours de courte durée CIPSEM de Dresde sur l’environnement ?

Natei : Mes attentes à l’égard du cours de courte durée sur l’environnement comprennent : élargir l’horizon de mon domaine de recherche actuel et approfondir ma compréhension sur la façon d’améliorer encore mon travail de recherche ; garder l’œil ouvert pour savoir si mes travaux de recherche actuels « réinventent la roue » lorsque d’autres chercheurs qui mènent des recherches similaires terminent plus rapidement que moi ;obtenir une nouvelle idée / inspiration pour de nouveaux travaux de recherche que je pourrai entreprendre à l’avenir ; réseautage avec d’autres chercheurs pour établir une future collaboration.

Enoch : Grâce au 76e cours de courte durée sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, j’ai appris que le changement d’attitude et de style de vie est une étape majeure et un des domaines les plus difficiles pour atteindre les objectifs d’atténuation du changement climatique. Ce que j’ai reçu au cours de ces 4 semaines est plus que ce à quoi je m’attendais en lisant la courte introduction au cours sur https://tu-dresden.de/bu/umwelt/cipsem/unep-unesco-bmu/next-courses/sc76.

Je remercie les organisateurs du Center for International Postgraduate Studies of Environmental Management (CIPSEM), sponsors ; Ministère allemand de l’environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire, Agence allemande de l’environnement, Université technique de Dresde et partenaires ; PNUE, UNESCO, Ville de Chemnitz, Agence allemande de l’énergie (dena), Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ), Eins Energie in Sachsen, SOLARWATT AG, The Center for Resource Efficiency (ZRE) de l’Association of German Engineers (VDI), adelphi , The Renewables Academy (RENAC) pour avoir fait du SC76 une formation percutante. Enfin, je remercie l’initiative ISNAD-Afrique du Programme de Recherche en Mentorat (MRP) qui m’a permis de m’engager grâce à un partenariat avec le CIPSEM.

Categories
Blog

A NAIROBI, ISNAD-AFRICA CHERCHE DES SOLUTIONS AUX DEFIS DE LA CROISSANCE VERTE EN AFRIQUE

Alors que l’Afrique vise à atteindre les objectifs d’une économie verte, le Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-AFRICA) réclame des solutions technologiques pour accélérer le développement sur l’ensemble du continent.

A l’occasion d’un atelier de validation organisé par le World Wide Fund for Nature (WWF) le 6 novembre 2018 à Nairobi, Kenya, le fondateur d’ISNAD-Africa, Adedoyin Adeleke a fait remarquer que le développement d’une plateforme continentale destinée à l’échange des idées et à l’augmentation de la sensibilisation à l’économie verte permettrait d’accélérer la transition de l’Afrique vers une économie verte.

[Participants à l’atelier]
Il a noté qu’ISNAD-Africa continuera à soutenir les initiatives visant à renforcer les actions de soutien pour un environnement durable, pour le climat et pour l’accès à une énergie durable.

Représenté par l’un des Associés en Communication de l’organisation, Kingsley Jeremiah, Adeleke a dit que l’ONG comblait actuellement les manques de compétences afin d’assurer que l’Afrique relève la barre en matière de développement de l’économie verte.

A l’occasion de cet atelier, le WWF a salué les efforts qui ont été faits pour réaliser le document, développé par une sélection d’ONG panafricaines et ayant pour objectif de soutenir la croissance verte sur le continent.

Le groupe a souligné que le but de l’atelier était de concevoir un document exploitable qui pourrait guider le continent vers la mise en œuvre de la croissance verte et du développement durable.

L’un des points forts de l’atelier fut la proposition d’ISNAD-Africa de développer une plateforme qui pourrait combler le manque de compétences et renforcer les connaissances dans le domaine de la croissance verte et du développement durable.

Cette proposition a été qualifiée de très innovante et encouragée car le manque de compétences et de connaissances adaptées en matière de croissance verte et de développement durable est considéré comme un défi majeur pour le continent.

Categories
News

APPEL À VOLONTAIRES: ASSOCIÉS DE PROGRAMME ET DE COMMUNICATION (À DISTANCE)

The International Support Network for African Development (ISNAD-Africa) is a youth-led non-governmental organisation committed to raising global and multi-stakeholder support for greener and climate-resilient Africa. ISNAD-Africa operates an interdisciplinary network of experienced professionals, researchers and students across the globe who are promoting sustainable energy, environmental sustainability and climate action in Africa.

ISNAD-Africa is currently implementing the Mentoring for Research Programme (MRP) for students in African universities. The programme helps students in African universities who are conducting research on sustainable energy, environment and climate change topics in various disciplines, access technical support (co-supervision) from researchers and professionals with fitting competencies across the globe through a structured and technical mentoring programme. The programme currently has, as Mentors, experienced researchers and professionals from world-class organisations and institutions such as Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), Chatham House, Harvard University, Imperial College, British Colombia University, University College London, World Wide Fund for Nature (WWF) among international organisations and institutions. Currently,  the programme support 37 graduate (24 PhD and 13 Master’s)  students (mentees) who are conducting research on sustainable energy, environment and climate change topics in 26 universities from 13 African countries who were selected from about 300 applicants from 108 universities in 22 African countries through a multi-stage selection process. These mentees are currently being supported by their mentors from international organisations in over 30 countries across the globe. ISNAD-Africa is also engaged in other environmental education outreach programmes.

To further strengthen its programmes, communication and outreach; ISNAD-Africa is inviting applications from young researchers, professionals and students from across the globe to serve remotely as Programme and Communication Associates. The Associates will support ISNAD-Africa remotely through programme support activities, article-writing (for blogs and reports), and, social and professional media networks. Specific requirements for the various positions are:

Programme Associates:

  • adept in Microsoft Excel spreadsheet and analysis
  • excellent e-mail writing skill is an added advantage
  • Knowledge of sustainable energy, environment and climate change is not required

Communications Associates (any of Article Writing, Social Media or Both):

  • knowledgeable on at least one of three themes of ISNAD-Africa’s support programmes: sustainable energy development (energy access, renewable energy, and energy efficiency), environmental sustainability, and climate resilience
  • experience in writing as an added advantage (for those interested in writing articles)
  • active on at least two of Twitter, Facebook and LinkedIn (only required for those interested in serving as Social Media Associates)
  • proficient in at least English or French Language, proficiency in both is an advantage but not required

The roles are such that could be handled remotely, therefore, applicants (Africans and non-Africans) are welcome from all nations of the world therefore, Africans and non-Africans are encouraged to apply.

Eligibility: The positions will be remote; therefore, applications are welcome from all nations across the globe

Deadline:  Friday January 25, 2019 (23:00 WAT)

For further details: Please contact us via: careers@isnad-africa.org, isnad@isnad-africa.org

Interested and qualified applicants are invited to complete the form here: https://isnad-africa.org/careers/

Please feel free to share within your network.

[av_notification title=’APPLICATION CLOSED’ icon_select=’no’ icon=’ue800′ font=’entypo-fontello’ color=’red’ border=” custom_bg=’#444444′ custom_font=’#ffffff’ size=’large’ close_btn=” cookie_lifetime=’60’ av_uid=’av-2f0ka9′ custom_class=” admin_preview_bg=”]
Application for these positions closed on 25th January 2018
[/av_notification]

Categories
Publications

Une cuisine plus propre et son rôle dans l’avenir de l’Afrique

Pour une famille en Afrique, l’impact de la collecte de brindilles et de la coupe d’arbres pour l’énergie de cuisson peut sembler insignifiant. Mais lorsque plus de 3 milliards de personnes, dont beaucoup vivent en Afrique subsaharienne, n’ont pas d’autre énergie de cuisson et continuent à dépendre du bois chaque jour, l’impact est énorme.

Le récent rapport spécial du GIEC sur le changement climatique a souligné la nécessité de réduire simultanément les émissions de CO2 et de non-CO2 de courte durée, telles que le méthane et le carbone noir, si nous voulons limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 ° C. Cela met en évidence le rôle du secteur de la cuisson propre dans le débat plus général sur l’action climatique, 25% du carbone noir mondial provient de la cuisson et du chauffage résidentiels.

Pour atteindre l’ODD 7, il est également nécessaire de s’éloigner des combustibles traditionnels polluants et non respectueux de l’environnement. Il s’agit donc d’une étape cruciale sur la voie du développement durable de l’Afrique.

Quelles sont les technologies de cuisson propres existantes?

La cuisson en Afrique se fait principalement sur des feux à trois pierres dans les zones rurales, tandis que la majorité des citadins utilisent des foyers traditionnels alimentés au charbon de bois. Ces méthodes souffrent de plusieurs inefficiences, offrant ainsi des possibilités d’amélioration. Les technologies de cuisson propres cherchent à relever ces défis à différents points de la chaîne de valeur, comme indiqué brièvement ci-dessous:

  1. a) Technologies de conversion plus efficaces

Conversion de la biomasse en carburant: le charbon de bois est l’un des combustibles les plus populaires dans les centres urbains d’Afrique. Sous sa forme la plus courante, le charbon de bois est un carbone noir produit par le chauffage du bois en l’absence d’oxygène par un processus appelé pyrolyse lente. Les fours à charbon traditionnels sont très inefficaces et produisent 100 à 150 kg de charbon pour chaque tonne de bois. En convertissant dans des fours modernes atteignant des rendements allant jusqu’à 40%, il est possible de réaliser des économies de 2 à 4 fois sur l’utilisation du bois et, partant, sur l’abattage des arbres.

Conversion de combustible en chaleur: Les poêles de cuisson traditionnels fabriqués à partir de matériaux de mauvaise qualité sont très inefficaces et gaspillent une grande partie de la chaleur produite. Les cuisinières améliorées utilisent les mêmes principes que les cuisinières traditionnelles, mais optimisent la conception et l’utilisation de matériaux de meilleure qualité pour maximiser la rétention de chaleur et le flux d’air. À long terme, ils permettent d’économiser du carburant et donc de réduire la pression exercée sur les sources de carburant, ainsi que les dépenses en carburant des ménages.

  1. b) Combustibles de cuisson alternatifs (USAID, 2017)

La biomasse comprimée, comme les briquettes et les granulés, a une densité d’énergie supérieure à celle de la biomasse non comprimée (par exemple, du charbon de bois) et peut donc atteindre la même quantité de chauffage avec moins de combustible. En particulier, les pellets utilisés dans les cuisinières à gaze constituent une alternative très efficace, bien que cette technologie commence à peine à prendre son essor en Afrique. Les entreprises rwandaises Inyenyeri et Emerging Cooking Solutions (EGS) de la Zambie sont parmi les premiers à investir dans cette technologie. Il existe d’autres solutions, telles que le gaz de pétrole liquéfié (GPL), même si certaines exigences en matière de chaîne d’approvisionnement sont nécessaires pour réussir.

Une révolution de la cuisine propre promet à la société plusieurs autres avantages non énergétiques.

Augmentation de la productivité des femmes et des enfants: Aujourd’hui, les femmes et les enfants sont chargés de manière disproportionnée de la collecte de combustible et, dans certains cas, parcourent de longues distances à la recherche de bois de chauffage. La transition vers des méthodes de cuisson modernes pourrait éliminer ce fardeau et libérer ainsi du temps pour des activités sociales et économiques plus productives parmi ces groupes vulnérables.

Des familles en meilleure santé: la Banque mondiale estime que la pollution atmosphérique des ménages provoque près de 600 000 décès par an en Afrique. L’utilisation de combustibles plus propres et de cuisinières mieux conçues, émettant moins de particules, réduira à son tour le nombre de maladies et de décès liés à la cuisson. Cela garantit des populations en meilleure santé et plus fortes pour alimenter le développement du continent.

Avantages économiques: La disponibilité de la matière première (bois) pour le charbon de bois diminue tandis que les populations à travers le continent augmentent. Les forces du marché dictent que cette réduction de l’offre et l’augmentation continue de la demande entraîneront une hausse des prix et une part plus importante des revenus des ménages affectés à l’achat de combustibles de cuisson. Déjà, le coût du charbon de bois dans de nombreux centres urbains augmente constamment en raison de l’épuisement des forêts avoisinantes et de la nécessité de le transporter de plus en plus loin. Il est donc nécessaire de proposer des alternatives de cuisson et de stimuler les investissements du secteur privé dans l’innovation afin de faire baisser les prix et ainsi de se prémunir contre de telles crises.

Politique et voie à suivre pour l’Afrique

Une bonne politique doit être complétée par un secteur privé engagé qui finance, promeut la concurrence, la qualité, identifie les lacunes dans la chaîne de valeur du secteur de la cuisson propre et s’efforce de les combler, ce qui le rend plus efficace (Alliance mondiale pour les foyers, GACC, 2019 ). Par exemple, plusieurs initiatives dans le secteur ont été ciblées pour augmenter l’offre d’options de cuisson plus propres. Cependant, l’accent n’a pas été mis suffisamment sur les solutions de distribution pour acheminer les produits vers les marchés et sur les mesures axées sur la demande pour promouvoir leur adoption. Il en résulte des petites entreprises qui tentent de prendre en compte tous ces éléments et de rendre leurs activités non rentables. Plutôt que de dupliquer les rôles, différents acteurs devraient se concentrer et développer leur créneau et se compléter pour favoriser le développement de cette industrie.

Alors que d’autres pays sont à la traîne, quelques pays d’Afrique ont fermement pris position contre les secteurs de la cuisson non durables. En 2018, le Kenya est devenu le premier pays à interdire l’utilisation du charbon de bois, car il ouvre la voie à un secteur dynamique du GPL. Cependant, bien que cela présente des avantages évidents pour le Kenya, cela a eu des conséquences inattendues, telles que des pressions accrues sur la couverture forestière de l’Ouganda en raison du commerce transfrontalier de charbon de bois avec le Kenya. Cela appelle à une vigilance accrue pour lutter contre le commerce illégal, mais surtout à la nécessité pour tous les pays de commencer à identifier des solutions durables pour leurs propres secteurs de cuisson.

Beaucoup de travail a été fait pour développer de nouvelles technologies de cuisson, mais les consommateurs africains en ont rejeté beaucoup, car elles ne correspondent pas aux cas d’utilisation culinaire uniques de ces sociétés. La nourriture et la cuisine sont au cœur du tissu social des pays africains et constituent une part importante de notre culture et de notre identité africaine. Il est donc important de fusionner l’innovation dans la conception technologique avec une compréhension des contextes locaux afin de présenter aux communautés des produits qui permettent la continuité d’une tradition de longue date. Cependant, développer de nouveaux produits ne suffit pas, si les mentalités ne sont pas changées, et si les individus ne sont pas guidés pour acquérir une compréhension et une appréciation personnelles du défi urgent que représente le changement climatique.

Les arbres offrent des avantages pour le refroidissement, la formation de précipitations, la structure du sol et la sécurité alimentaire et contribuent de manière décisive à la résilience des communautés africaines. En tant que continent qui devrait être durement touché par les effets dévastateurs du changement climatique, nous devrions nous efforcer de protéger notre couvert forestier et de reconstituer ce qui a déjà été perdu. Bien que la coupe d’arbres pour la cuisson du combustible ne soit pas la seule cause de la diminution du nombre d’arbres, c’est un contributeur majeur et l’éviter grâce aux nouvelles technologies de cuisson est un effort louable.