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MRP 2018 WEBINAIRE : DURABILITÉ ENVIRONNEMENTALE EN AFRIQUE

Intervenante : Dr Juliette Biao Koudenoukpo, Directrice de ONU environnement et Représentante régionale pour l’Afrique

Le monde est de plus en plus préoccupé par la durabilité environnementale car on réalise aujourd’hui la nécessité de laisser un héritage positif aux générations futures. Les pays avec la croissance démographique la plus élevée se trouvent en Afrique. On prévoit un doublement de la population, passant de 1,1 milliard aujourd’hui à 2,3 milliards d’ici 2050, et atteignant 4 milliards d’ici la fin du siècle si le taux de croissance actuel se maintient. Cette augmentation de la population est problématique pour l’environnement, d’autant plus que plus de 50% vivront dans les zones urbaines. L’urbanisation et l’expansion des bidonvilles ont un impact négatif sur l’environnement. En Afrique subsaharienne d’autres facteurs contribuent aux problèmes environnementaux, notamment la déforestation, l’érosion, la désertification, la dégradation des marais et l’infestation d’insectes. Il y a également le problème des déchets marins qui inquiète beaucoup à l’échelle mondiale, car les océans sont remplis de plastique.

Toutes les formes de dégradation de l’environnement sont autant de risques pour la santé – causant environ 25 % des décès et maladies dans le monde, et 35 % dans des régions comme l’Afrique subsaharienne. En Afrique, on estime que 28 % des maladies sont associées à des risques environnementaux. Les principales causes sont : la dépendance excessive des populations rurales à des pratiques affectant le climat, telle que l’agriculture pour leur subsistance ; l’augmentation de l’exploitation minière et de l’exploration pétrolière ; la mauvaise gestion des ressources en eau ; le manque d’accès aux services d’assainissement de base ; la forte dépendance au bois en tant que carburant ; la mauvaise gestion des déchets et le recyclage insuffisant. De plus, ces facteurs entraînent une perte de revenus, par exemple due à la dégradation des terres et des sols, aux conflits sur les ressources naturelles, à l’exploitation illégale de forêts, à la pêche et l’exploitation minière illégale et non réglementée, au commerce illégal d’espèces sauvages, sans parler de la perte de revenus pour le secteur touristique.

Afin résoudre ces problèmes, certaines initiatives ont été lancées au niveau mondial, régional et national pour aborder la question de la durabilité environnementale. L’Agenda 2030 et les Objectifs de Développement Durable (ODD) ont été adoptés en 2015. Avant 2015, un consensus africain avait été formé, qui a décidé de l’Agenda 2030. Au moins 11 des 17 ODD sont directement liés à l’environnement. L’une des valeurs ajoutées des ODD par rapport aux Objectifs de développement du millénaire est le principe de « n’oublier personne ». Les ambitions de l’Agenda 2030 pour l’Afrique montrent clairement la volonté du continent de s’attaquer à l’environnement non durable, et reconnaissent que l’Afrique dépend beaucoup des ressources naturelles. L’Agenda 2030 admet que certaines pratiques et comportements affectent l’environnement, ce qui augmente à son tour la pauvreté et les maladies. Ce problème est clairement devenu une priorité, comme le souligne la Conférence des ministères africains de l’environnement, une plate-forme où les ministres de l’environnement des 55 pays se réunissent pour prendre des décisions sur les questions environnementales clés pour le continent. Il y a aussi l’Assemblée de l’ONU au sujet de l’environnement qui rassemble les plus importants décisionnaires sur l’environnement de 193 États membres. Les États membres sont très déterminés à renforcer leur engagement en matière de durabilité environnementale. Pour y parvenir, la participation du secteur privé est cruciale. En outre, un important traité multilatéral des nations africaines, appelé Convention de Bamako, a été mis en place pour interdire l’importation et le déversement en Afrique de déchets dangereux, y compris les déchets toxiques et radioactifs.

En conclusion, alors que la population africaine continue de croître rapidement, il devient de plus en plus crucial de s’attaquer aux problèmes environnementaux afin de construire un avenir durable. Les objectifs environnementaux durables, la Convention de Bamako, les projets de conversion de déchets en énergie, sont des manières parmi d’autres de travailler dans ce sens. Mais il reste encore beaucoup à faire. Les chercheurs sont encouragés à entreprendre des activités de recherche étudiant les défis environnementaux sur le continent et à trouver des solutions pratiques pour les atténuer.

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MENTORES ISNAD-AFRICA MRP AU CIPSEM A DRESDE

Enoch Bessah et Natei Ermias Benti, voudriez-vous vous présenter et nous dire ce que vous pensez de votre sélection pour la participation aux cours intensifs sur l’environnement au CIPSEM à Dresde.

Enoch : Je poursuis mes études de doctorat à la Pan African University, Initiative de l’Union Africaine. Je suis étudiant en Gestion de l’Environnement à l’Institute of Life and Earth Sciences à l’Université d’Ibadan, Nigeria. Je suis très heureux d’avoir été sélectionné et je me sens privilégié de pouvoir participer à ces prestigieux cours internationaux.

Natei : Je suis originaire d’Ethiopie. J’ai obtenu mon BSc en physique de l’Université d’Addis-Abeba et mon MSc en physique de l’environnement de l’Université d’Haramaya. Après avoir obtenu mon MSc, j’ai travaillé comme professeur de physique à l’Université Jigjiga en Ethiopie. Je suis actuellement étudiant en doctorat à l’Université d’Addis-Abeba, Ethiopie, avec comme domaine de spécialité l’Energie et le Changement Climatique. Je suis très fier d’être l’un des rares étudiants sélectionnés pour participer à ces cours d’un mois au CIPSEM à Dresde, Allemagne. J’ai beaucoup appris des cours et des professeurs mais aussi des autres participants et des visites de terrain, un apport considérable pour mes travaux de recherche pour mon doctorat mais aussi pour mon pays.

 

Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre participation aux 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur les énergies renouvelables et l’efficience de l’énergie ? Comment avez-vous vécu ce programme ?

Enoch : Le programme traite du rôle que joue le secteur de l’énergie dans les débats actuels sur l’atténuation du changement climatique et comment les transitions et réformes dans le secteur de l’énergie constituent une étape importante dans l’atteinte des objectifs de la COP21 pour limiter à 2˚C le réchauffement climatique mais aussi du nouvel objectif du GIEC.

Les 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur les énergies renouvelables et l’efficience de l’énergie du CIPSEM Dresde m’ont permis de voir différemment le changement climatique. J’ai vu la pertinence sur le terrain (évaluation et modélisation du changement climatique) et j’ai découvert comment l’Allemagne agissait pour atteindre ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre, en particulier dans le secteur de l’énergie. Bien qu’il reste beaucoup à faire, l’Allemagne a définitivement changé en ce qui concerne sa contribution au réchauffement de la planète.

Natei : Les cours étaient concentrés sur l’ingénierie, les aspects sociaux, économiques et juridiques des technologies d’énergies renouvelables, sur leur implantation et leur impact sur l’environnement.

Ces cours m’ont permis d’acquérir de l’expérience, d’apprendre et je me suis fait de nombreux amis qui occupent des postes à responsabilités. Ce fut un cours très intéressant pour moi. Je pense que le cours était très bien préparé et organisé, bien structuré et facile à suivre. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir suivre les cours.

Enoch Bessah, vous avez participé à plusieurs visites guidées de la ville, organisées par le CIPSEM Dresde. Pouvez-vous nous citer quelques exemples de pratiques durables que vous avez remarquées et que vous pensez pouvoir appliquer dans votre pays d’origine ?

Enoch : Le premier exemple et le plus important à mon avis était la diffusion d’informations. Si l’Agence de Protection Environnementale du Ghana adopte les méthodes de flux d’informations environnementales et d’éducation de l’Agence Fédérale pour l’Environnement de l’Allemagne, nos connaissances sur l’environnement seront améliorées et nos citoyens auront une meilleure conscience de leurs pratiques en ce qui concerne le développement durable.

Les systèmes d’alimentation en énergie locaux que nous avons vu à Chemnitz sont une autre pratique que nous pouvons adopter. Les municipalités et les districts peuvent lancer des projets de valorisation énergétique des déchets, des projets de mini et micro-réseaux solaires, en particulier dans les zones hors réseau au Ghana.

 

Benti Natei, avez-vous des expériences à partager sur les visites guidées ?

Natei : Nous avons visités des endroits fascinants tels l’Office Fédéral de l’Environnement, le Centre allemand de recherche sur la biomasse, la ville de Chemnitz, l’entreprise SolarWatt. Toutes les personnes rencontrées ont été des hôtes parfaits ; ils ont partagé des expériences très importantes. Concernant les installations solaires thermiques construites à Chemnitz, il est impressionnant de voir l’engagement des gens pour disposer de leurs propres ressources, et ce avec une radiation solaire annuelle très faible, c’est une bonne expérience pour les pays en développement très ensoleillés dans les régions équatoriales mais on manque de ressources financières.

Benti Natei, vous avez présenté un rapport sur votre pays, dans quelles régions d’Ethiopie ou en Afrique est-il le plus urgent d’intervenir ?

Je pense que le monde entier devrait augmenter la part d’énergies renouvelables afin d’atténuer le changement climatique. En Afrique, la biomasse traditionnelle occupe la plus large part de la consommation énergétique primaire, ce qui a des conséquences directes sur la déforestation et l’érosion des sols. Je pense donc qu’il est crucial de trouver des technologies de cuisson efficaces et propres. En Ethiopie particulièrement, la production d’électricité est dominée par de grandes installations hydroélectriques qui souffrent des sécheresses récurrentes, il est donc urgent de développer un mix énergétique et de mettre en place l’électrification des zones rurales hors réseau.

Enoch Bessah, que pensez-vous du rapport national pour le Ghana ?

Enoch : Si le Ghana souhaite atteindre la stabilité macro-économique documentée dans le Programme Coordonné des Politiques de Développement Economique et Social, 2017-2024, l’ODD 7 doit être une priorité pour la nation. L’objectif d’augmenter la part des énergies renouvelables de 10 % dans notre mix énergétique d’ici 2030 tel qu’annoncé dans les Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) dans le Protocol de Paris doit être évalué et suivi annuellement pour voir sa réalisation.

 

Le programme a tenté des mesures de financement pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique. Comment pouvons-nous appliquer des mesures de financement pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique en Afrique, en prenant exemple sur l’Ethiopie et le Ghana ?

Enoch : Au Ghana, l’engagement du gouvernement d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique représente une étape majeure dans le financement des Energies Renouvelables et l’Efficacité de l’Energie. Les politiques en matière de tarifs de rachat sensibles pour les producteurs énergétiques indépendants d’énergies renouvelables attireront plus d’investisseurs pour financer les projets d’énergies renouvelables.

Considérant les leçons tirées du programme pour les énergies renouvelables GET FiT en Uganda, l’atténuation des risques peut être explorée au Ghana. Le principe fonctionne en Uganda et pourrait fonctionner dans la plupart des pays africains.

Natei : Le financement est l’un des plus grands obstacles au développement des énergies durables en Afrique et cela est valable pour les énergies renouvelables autant que pour l’efficacité de l’énergie. Un financement efficace de l’innovation dans le secteur des énergies renouvelables nécessite une meilleure compréhension du lien entre les différents types de financement et la volonté d’investir dans les énergies renouvelables. Mes connaissances en matière de financement des énergies renouvelables et de l’efficacité de l’énergie étant très limitées, je préfère ne pas m’étendre sur la réponse à cette question.

Benti Natei, quels aspects des cours avez-vous trouvé les plus intéressants et pourquoi ?

Tous les cours étaient très agréables et pratiques. Les professeurs étaient très intéressants et particulièrement bien préparés. Par conséquent, les cours étaient plutôt intéressants. Nous avons beaucoup appris de la visite du pays auparavant, je n’avais pas beaucoup de connaissances sur le financement des énergies renouvelables et de l’efficacité de l’énergie ou sur un audit énergétique, j’ai beaucoup appris.

 

Avez-vous vu quelque chose de remarquable lors de la visite du Centre allemand de recherche sur la biomasse, un élément important pour l’Afrique ?

Le Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ – Deutsches Biomasseforschungszentrum) agit comme organe central et indépendant dans le domaine de l’énergie et de l’utilisation de la biomasse et étudie comment les ressources limitées en biomasse peuvent contribuer de manière durable et hautement efficace aux systèmes énergétiques existants et futurs. Une partie de la recherche du DBFZ est consacrée à l’identification, au développement, à l’accompagnement, l’évaluation et la démonstration des secteurs les plus prometteurs pour l’utilisation de la bioénergie mais aussi aux exemples les plus pertinents réalisés en collaboration avec des partenaires dans les domaines de la recherche, de l’industrie et du public. L’établissement d’une collaboration avec cette institution est très important pour les Technologies d’énergie biomasse en Afrique.

 

Enoch Bessah, quels résultats spécifiques avez-vous pu constater lors de votre visite de Chemnitz susceptibles d’aider l’Afrique et le Ghana dans la transition énergétique ?

Enoch : Le concept communal de génération d’énergie de la ville de Chemnitz pourra aider le Ghana. Les installations ou panneaux solaires installés sur les bâtiments publics et exploités par les citoyens pourraient aider l’Afrique. Le concept d’incitations (du gouvernement ou du district) pour les particuliers qui installent des panneaux solaires sur leurs toits pour alimenter le réseau national transformera le secteur de l’énergie dans les pays d’Afrique.

Le potentiel des technologies de l’éolien, de la biomasse et du solaire est important dans le mix énergétique en Afrique. Pouvez-vous nous donner quelques exemples de la mise en pratique qui devraient être appliqués dans les pays en développement ?

Enoch : La flexibilité des énergies renouvelables dans le mix énergétique est l’un des moyens pour réduire les black-out subis régulièrement en Afrique. Elle aidera à diminuer les charges de base dans le mix et même à les supprimer complètement dans le futur. Grâce à l’irradiation continuelle tout au long de l’année de l’Afrique en raison de la position géographique du continent (en majorité), le solaire reste l’atout majeur. La fiabilité des énergies renouvelables est équilibrée si le solaire, l’éolien et la biomasse sont associés. Le solaire produit de l’énergie durant la journée, l’éolien tôt le matin et au coucher du soleil jusque dans la nuit. L’énergie biomasse sera toujours disponible aussi longtemps qu’il y a des ressources. L’émergence des énergies renouvelables peut être une solution pour permettre à l’Afrique d’en finir avec les black-out et l’accès limité à l’électricité. Les initiatives telles que light up and power Africa de la Banque Africaine de Développement constituent l’une des nombreuses solutions de financement pour le climat sur lesquelles l’Afrique peut s’appuyer pour changer le cours de l’histoire pour la génération actuelle mais aussi pour les générations futures.

Natei : Oui, l’Afrique est dotée de généreuses ressources d’énergies renouvelables. Le système de gestion des déchets et les technologies de valorisation des déchets ont retenu mon attention et j’ai l’ambition de les mettre en œuvre en Afrique. Dans les villes allemandes, il y a 4 bacs à ordures partout, ils sont verts pour le papier, jaunes pour le plastique, bruns pour les déchets organiques et noirs pour les déchets résiduels. Le contenu de ces poubelles sera recyclé et contribuera aux besoins en énergie, on améliore ainsi la qualité de la bioénergie.

 

Quel serait le gain pour vous et diriez-vous que vos attentes sont satisfaites grâce au cours de courte durée CIPSEM de Dresde sur l’environnement ?

Natei : Mes attentes à l’égard du cours de courte durée sur l’environnement comprennent : élargir l’horizon de mon domaine de recherche actuel et approfondir ma compréhension sur la façon d’améliorer encore mon travail de recherche ; garder l’œil ouvert pour savoir si mes travaux de recherche actuels « réinventent la roue » lorsque d’autres chercheurs qui mènent des recherches similaires terminent plus rapidement que moi ;obtenir une nouvelle idée / inspiration pour de nouveaux travaux de recherche que je pourrai entreprendre à l’avenir ; réseautage avec d’autres chercheurs pour établir une future collaboration.

Enoch : Grâce au 76e cours de courte durée sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, j’ai appris que le changement d’attitude et de style de vie est une étape majeure et un des domaines les plus difficiles pour atteindre les objectifs d’atténuation du changement climatique. Ce que j’ai reçu au cours de ces 4 semaines est plus que ce à quoi je m’attendais en lisant la courte introduction au cours sur https://tu-dresden.de/bu/umwelt/cipsem/unep-unesco-bmu/next-courses/sc76.

Je remercie les organisateurs du Center for International Postgraduate Studies of Environmental Management (CIPSEM), sponsors ; Ministère allemand de l’environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire, Agence allemande de l’environnement, Université technique de Dresde et partenaires ; PNUE, UNESCO, Ville de Chemnitz, Agence allemande de l’énergie (dena), Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ), Eins Energie in Sachsen, SOLARWATT AG, The Center for Resource Efficiency (ZRE) de l’Association of German Engineers (VDI), adelphi , The Renewables Academy (RENAC) pour avoir fait du SC76 une formation percutante. Enfin, je remercie l’initiative ISNAD-Afrique du Programme de Recherche en Mentorat (MRP) qui m’a permis de m’engager grâce à un partenariat avec le CIPSEM.

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NOUVELLES TENDANCES ET PERTURBATIONS DANS LE SECTEUR DE LA PRODUCTION D’ENERGIE EN AFRIQUE : IMITER LA TRANSITION ENERGETIQUE DES PAYS DEVELOPPES

D’après des évaluations sur la situation énergétique en Afrique, on reporte souvent un manque d’accès à l’électricité et un manque d’infrastructures pour des services énergétiques modernes. On estime qu’il y a 600 millions de personnes sur le continent qui n’ont pas accès à l’électricité, et même quand elles y ont accès ce n’est pas toujours fiable. En Afrique subsaharienne, on prévoit la croissance économique combinée à plus de 5% dans les prochaines années (Deloitte 2017). Et pourtant les infrastructures et alimentations électriques sont loin de suffire pour répondre aux besoins de cette croissance économique. Cependant, tout espoir n’est pas perdu, si on en croit les changements actuels dans l’industrie de l’énergie en ce qui concerne le développement des énergies renouvelables de façon globale.

Comme on le sait, le continent Africain regorge de ressources naturelles abondantes – renouvelables et minérales – qui sont plus que suffisantes pour répondre à ses besoins. Les techniques permettant d’exploiter ces ressources pour produire de l’énergie existent mais ne sont pas encore à leur plein potentiel. C’est parce que des défis entravent le fonctionnement de l’industrie de l’énergie et limitent le développement de son potentiel. Du côté technique, les installations existantes sont inadéquates pour générer et transmettre, les infrastructures sont vieillies et peu nombreuses, sans compter le manque de maintenance et les problèmes dans les systèmes de facturation et de comptage. Du côté économique, les politiques sont mal appliquées et les fonds sont limités. De plus, il y a une pénurie de main d’œuvre hautement qualifiée en recherche comme en industrie. Ces lacunes n’encouragent pas le secteur privé à s’investir plus, ni les investisseurs à fournir les fonds désespérément nécessaires – les risques sont considérés trop grands et il n’y a pas de garantie de retour sur investissement.

Néanmoins, le secteur énergétique en Afrique commence à ressentir une perturbation qui ressemble quelque peu à la transition énergétique qui a eu lieu dans les pays développés. Ces nouvelles tendances énergétiques pourraient façonner le futur de l’énergie du continent et inciter le changement vers un développement durable. Parmi ces tendances on peut compter :

  • Des économies et industrialisations grandissantes qui augmentent la demande en énergie
  • La diversification des sources de production d’énergie passant du pétrole et charbon au gaz naturel et énergies renouvelables
  • Redéfinition des services publics intégrés traditionnels de larges plateformes centralisées vers une solution qui augmente la participation de plusieurs producteurs indépendants d’énergie, pour une production décentralisée (mini-réseaux et hors-réseau)
  • L’augmentation du nombre de consommateurs qui produisent leur propre électricité pour alimenter leurs maisons et commerces, en utilisant l’énergie propre solaire photovoltaïque et des systèmes hybrides de stockage d’énergie
  • L’évolution des technologies liées aux énergie renouvelables encouragée par la baisse des prix, des modèles commerciaux innovants et une reconnaissance mondiale des problèmes que sont le changement climatique et les besoins de développement durable
  • L’apparition rapide de solutions mobiles et transformations numériques

De Aar solar power, Afrique du Sud (50MW)

Ces tendances ont pris un nouvel essor durant les dix dernières années. Comme les pays développés, les pays en Afrique se tournent vers les énergies solaires et éoliennes, et font des énergies renouvelables l’un des principaux objectifs de leur stratégie énergétique. Par exemple le programme d’Afrique du Sud Renewable Energy Independent Power Producer Procurement (approvisionnement des producteurs d’énergie renouvelables indépendants) a réussi à encourager les investissements privés dans le secteur national des énergies renouvelables. On peut aussi voir à quel point l’argent par téléphonie mobile a révolutionné les services énergétiques en Afrique de l’Est et au-delà. Grâce au modèle commercial « payez au fur et à mesure », l’énergie solaire est devenue abordable et accessible sur tout le continent. M-KOPA, une entreprise qui vend des systèmes de production d’énergie rurale pour habitations – s’adressant en priorité aux consommateurs ruraux et à faible revenu – est célèbre mondialement comme le pionnier dans cette branche. Il y a de nombreuses entreprises dans le même domaine, on peut en citer quelques-unes : Mobisol, Off Grid Electric, Powerhive, d.light, Arnergy, Lumos… Des solutions innovantes telles que celle-ci permettent à l’Afrique de développer son réseau d’un coup, comme on a pu le voir avec le secteur des télécommunications qui a rapidement préféré les téléphones portables aux lignes fixes.

Source: Pixova

Bien que le développement de systèmes solaires à petite échelle ait amélioré la qualité de vies de beaucoup, surtout dans les zones rurales, ce n’est pas suffisant. La demande en énergie pour satisfaire les besoins en diversification économique et en industrialisation nécessite un système à plus large échelle que ces petits systèmes peuvent offrir. C’est pourquoi certains se battent pour l’établissement de larges centrales conventionnelles qui fonctionnent au charbon ou même à l’énergie nucléaire. Mais si on considère l’impact environnemental – pollution et contribution au changement climatique – on peut dire que la transition vers un mélange d’énergies propres serait la meilleure voie. Entrent en scène les centrales d’énergies renouvelables à grande échelle et la production décentralisée de mini-réseaux. De plus, l’accès à l’énergie ne se limite pas à l’approvisionnement en électricité. Afin d’avoir un vrai impact, toutes les formes d’énergies devraient être prises en compte. Par exemple, même quand les régions rurales ont accès à l’énergie solaire, les habitants utilisent toujours du bois et pétrole pour cuisiner, ce qui est dangereux pour la santé et pour l’environnement, et limite la productivité. On peut résoudre ce problème en utilisant des cuisinières propres. De plus, la demande accrue en énergie, qui survient lorsque plus de personnes y ont accès, augmente à son tour les besoins en activités économiques qui font circuler l’argent nécessaire pour payer les services correspondants. C’est pourquoi des étapes additionnelles, telles que fournir des appareils énergie-efficients, offrir des équipements fonctionnant à l’énergie solaire et encourager une utilisation productive de l’énergie, sont des moyens de complémenter l’accès à l’énergie de manière avantageuse pour ces communautés.

Afin de progresser significativement, chaque secteur de l’économie a un rôle important à jouer. Les gouvernements ont des lois et des programmes, les entreprises privées et investisseurs s’investissent de façon téméraire dans les marchés, les ONG ont des projets qui délivrent l’accès à l’électricité pour les moins privilégiés. Mais qu’en est-t-il des établissements scolaires ? Il y a toujours un manque réel d’éducation, recherche et formation sur les énergies renouvelables et le développement durable. Sans possibilités de développement des compétences humaines, l’économie ne pourra pas disposer des connaissances et techniques nécessaires pour atteindre son potentiel. C’est un problème qui doit être examiné de plus près par les parties prenantes.

Si on considère les nouvelles tendances actuelles, on ne peut nier que le secteur énergétique en Afrique est en pleine évolution. Les pays capables de prospérer en dépit de ces défis seront un exemple pour le reste, façonneront le futur et aideront le progrès vers un développement économique durable sur le continent.

Centrale éolienne Wild Horse wind turbines au coucher du soleil, Kittitas, Washington (Enterprise Puget Sound Energy)

 

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ISNAD-Africa extends its Environmental Education Programme to Schools in Cameroon and Uganda

ISNAD-Africa hosted another engaging session of the Environmental Education Programme (EEP) which brought together two schools across Africa – Mada International College, Yaoundé, Cameroon and URDT Girls’ school, Kagadi, Uganda. The programme is aimed at enlightening secondary school students on environment and sustainability issues and encouraging them to get involved in finding sustainable solutions to challenges facing their communities.

 The EEP webinar featured speakers based in the United States and Qatar, both members of the North American Association for Environmental Education (NAEE). Maureen Ferry, Founder/Creator HouseStories introduced the ‘Urban Engineers’ framework which provides models for students to apply systems thinking to their specific geography and environmental realities. Building on the students’ science knowledge, Stephanie Dobbie, Environmental Education Consultant, gave a presentation on the importance of regenerative agriculture on ecosystem resilience. Altogether 13 students and 8 teachers from the schools participated in the event.

As a run-up to the webinar, the students carried out a project exercise where they applied the concepts to come up with their vision and big ideas for tackling environmental issues in their community. Mada International College presented an impressive “Green City” project, including innovative energy-harvesting solutions. While students from URDT Girls’ school shared with us their ambitious vision for a protected and conserved environment through engagement with stakeholders like the government, community members and fellow students.

This session revealed the potentials, ideas and resources that we have in materialising great perspectives among the youth towards sustainability in Africa. We acknowledge the effort and contributions of the teachers and commitments of the students in the two schools. Our appreciation also goes to the facilitators and presenters for coordinating this knowledge exchange and interaction across continents. ISNAD-Africa remains committed to raising environmentally conscious populace and workforce in our strive for a greener and climate-resilient Africa.

The webinar recording can be viewed here.

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Emerging Trends and Disruption in Africa’s Power Sector: Mirroring the Energy Transition in the Developed World

Reports on the energy situation in Africa often reference the lack of electricity access and infrastructure for modern energy services. An estimated 600 million people on the continent do not have power supply and even where they do, it is not always reliable. In sub-Saharan Africa, the combined economy is forecast to grow by over 5% in the next few years (Deloitte 2017). Yet the states of infrastructure and power supply are far below the level needed to meet the demands of this growth. However, there are some rays of hope, given the ongoing movements in the power industry revolving around the growth of renewable energy globally.

It is no news that the African continent is rich with abundant natural resources – renewable and mineral – which are more than sufficient to meet its needs. The technologies that would enable harvesting these resources for energy exist but are not yet fully tapped into. This is a result of the challenges deterring the power industry from functioning effectively and developing its potential. On the technical side, the existing capacity is inadequate in both generation and transmission, the infrastructure is poor and outdated not to mention the low standard of maintenance and problems in metering and billing systems. On the economic side, they are faced with poor implementation of policies and limited financing. Furthermore, there is a shortage of highly skilled personnel both in research and industry. These shortcomings do little to encourage the private sector to be more actively involved and for investors to provide the much needed funding considering that the risks are perceived to be high and return on investments are not guaranteed.

Nevertheless, the power sector in Africa is starting to experience a disruption which somewhat mirrors the energy transition taking place in advanced countries. These emerging trends are capable of shaping the continent’s energy future and driving change towards more sustainable development. Among them are:

  • Growing economies and industrialisation which drive the demand for energy
  • Diversification of power generation sources away from coal and oil to renewables and natural gas
  • Redefinition of the traditional integrated utilities market from large centralized players to one in which there is increasing participation of several independent power producers, providing decentralized and distributed generation (mini-grid and off-grid)
  • Increasing number of consumers who self-generate electricity to power their homes and businesses using clean solar PV and hybrid systems with energy storage
  • Evolution of renewable energy technologies spurred on by global awareness of sustainability and climate change issues, falling costs and innovative business models
  • Fast growing mobile solutions and digital transformation

De Aar solar power, South Africa (50MW)

These trends have been building momentum over the past decade. Just as we see in the developed world, countries in Africa are adopting solar and wind energy technologies, and placing renewable energy (RE) targets at the core of their electrification strategy. One example is the South Africa’s Renewable Energy Independent Power Producer Procurement Programme which was successful in encouraging private investment in the country’s RE sector. Another prominent one is how mobile money revolutionized the face of energy services in East Africa and beyond. Using pay-as-you-go business model, solar power is being made affordable and accessible across the continent. M-KOPA, a company that offers solar home systems targeted at lower-income and rural customers without electricity, is widely known for pioneering the concept. Also well known are companies like Mobisol, Off Grid Electric, Powerhive, d.light, Arnergy, Lumos, and several others too numerous to mention. Such innovative solutions pave the way for Africa leapfrogging the grid, just as it did with the telecommunications industry by quickly adopting cell phones over landlines.

Source: Pixova

Even though the growth of small scale solar systems has improved the lives of many, especially in rural areas, it is still not sufficient.The energy demand required to power economic diversification and industrialisation has to be at a much larger scale than what the small systems can offer. For this reason, some advocate for the building of large conventional power plants which run on coal or even nuclear fuels. However, considering the effects of environmental pollution and climate change, transition to a cleaner energy mix is the preferred direction. This is where large-scale renewable energy plants and decentralized generation through mini-grids come into the picture. Moreover, providing energy access has to go beyond just provision of electricity. In order to make real impact, the full spectrum of energy services should be considered. For instance, even when solar is provided in the rural regions, people still burn wood and kerosene for cooking which are hazardous to health and environment, besides hampering productivity By introducing clean cooking stoves, the problem can be mitigated. Additionally, the resulting increase in energy demand that comes with access in turn increases the need for economic activities which can provide money circulation to pay for services. Therefore additional measures such as providing energy-efficient appliances, offering solar-powered equipment and promoting the productive use of energy are all means to complement electricity access for the benefit of those communities.

In order to make significant progress, every sector of the economy has an important role to play. Governments have ongoing policies and programmes, private companies and investors are making bold moves to participate in the markets, NGOs have projects which bring electricity to the underprivileged. But what about the educational institutions? There is still a large gap in  teaching, research and training on renewable energy and sustainability. Without human capacity development, the economy will still lack the necessary knowledge and skills which are crucial for harnessing its potentials. This is an area where stakeholders should look more closely into.

There is no doubt that the energy landscape in Africa is evolving given the emerging trends. Countries where these disruptors are able to thrive will be leading examples for others, shaping the future and making strong headway towards sustainable economic development on the continent.

Wild Horse wind turbines at sunrise in Kittitas, Wa (Puget Sound Energy)

 

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ISNAD-Africa MRP Mentees at CIPSEM in Dresden

Enoch Bessah and Natei Ermias Benti, could you please introduce yourself and let’s know how you feel about your selection for CIPSEM Dresden short course on environment.

Enoch: I am a PhD student on the Pan African University Initiative of African Union. I am studying Environmental Management at the Institute of Life and Earth Sciences hosted at the University of Ibadan, Nigeria. I am very excited about the selection and feel privileged to be part of this prestigious international course.

Natei: I am from, Ethiopia. I received my BSc in Physics from Addis Ababa University and MSc in Environmental Physics from Haramaya University. After completion of my MSc I have worked as Physics lecture at Jigjiga University of Ethiopia. Currently I am a PhD student at Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia with specialty area in Energy and Climate Change.  I’m proud to be one of the few students selected to take a one-month course CIPSEM Dresden, Germany. This opportunity what I get knowledge from the course and the Professors and I have got experience from other participants and field trips, this is a great input for my PhD research work and my country also.

 

Can you give us a glimpse into the 76th CIPSEM Dresden UNEP / UNESCO / BMU short course on environment? What is the programme like for you?

Enoch: The programme is about the role of the Energy sector in the current debate of climate change mitigation and how transitions and reforms in the energy sector is a major step in achieving both the COP21 Paris goal of 2˚C as well as the new target of IPCC.

The 76th CIPSEM Dresden UNEP / UNESCO / BMU short course on Renewable Energy Sources and Energy Efficiency is a game changer on how I perceived climate change. I have seen the relevance of the field (climate change assessment and modeling) and how Germany worked towards their set target in reducing GHGs emissions especially in the Energy sector. Although, they are not there yet, they have left where they use to be in contributing to global warming.

Natei: The course mainly focused on engineering, social, economic and legal aspects of renewable energy technologies, their implementation and impact on the environment.

The program gave me a lot of experience, I learned and it’s where I made the good friends who are in the states of decision-making position. This was a very interesting course for me. I thought that the course was well prepared and organized; it was structured and easy to follow. So, I am very fortunate.

Enoch Bessah you participated in series of guided city tour by CIPSEM Dresden. Can you share some examples of sustainable practices you observed which could be worth adopting in your home country?

Enoch: The first example and most relevant to me is the dissemination of information. If EPA Ghana will adopt the methods of environmental information flow and education of German Environmental Agency (Umweltbundesamt), our environmental literacy will increase, and more citizens will be conscious of their practices in relations to Sustainable Development.

Another practice we can adopt is the district energy supply systems we saw at Chemnitz. Municipalities and districts can embark on waste to energy, mini and micro grids solar projects especially in off-grid zones in Ghana.

 

Benti Natei, do you have any experience to share on the city tours?

Natei: We have seen amazing places for example German Environmental Agency, German biomass research centre, Cheminitz city, SolarWatt. All the people we met were wonderful hosts; they also share a very important experience. The solar thermal settlements built in Cheminitz city, it is amazing that their commitment to having their own resources in the smallest annual solar radiation is very interesting and it is a good experience for annual solar radiation developing countries around equatorial area but there’s a shortage of finance.

Benti Natei, you presented a report on your country, what areas do you think Ethiopia and Africa need to urgently work on?

As my understanding the whole world should increase reliance on renewable energy sources to mitigate climate change. In Africa, traditional biomass has a largest share in the primary energy consumption, which has a direct consequence on deforestation and soil erosion. Therefore, looking for efficient and clean cooking technologies are crucial. In Ethiopia, particularly, the electricity generation is dominated by large Hydropower, which suffers from consistent droughts, so making energy mix and implementation of off-grid rural electrification is a work that is urgently needed.

Enoch Bessah, what is your take on the country report for Ghana?

Enoch: If Ghana can achieve the macroeconomic stability documented in the Coordinated Programme of Economic and Social Development Policies, 2017-2024, SDG 7 should be of priority to the nation. The target of increasing renewable energy to 10% in our energy mix by 2030 in the INDCs @ParisProtocol must be evaluated and monitored annually to see it fulfilled.

 

The programme took a shot at measures for financing RE and EE. How can we deploy RE and EE financing measures in Africa, looking at Ethiopia and Ghana as examples?

Enoch:  In Ghana, the government’s commitment to increasing RE in the energy mix will be a major step in RE and EE financing. Policies on appreciable feed-in-tarrifs to IPP of Renewables will attract more investors to finance RE projects.

Learning from GET FiT, Uganda project on RE risk mitigation can be explored in Ghana. It is working in Uganda and may work in most African countries.

Natei: Financing is one of the largest barriers to the development of sustainable energy in Africa and this is true for both renewable energy and energy efficiency. Successful financing of innovation in renewable energy (RE) requires a better understanding of the relationship between different types of finance and their willingness to invest in RE. My knowledge on financing RE and EE is very limited, so it’s better to escape this question.

Benti Natei which aspect (s) of the courses did you find most interesting and why?

All courses were very pleasant and field-based. The instructors were very interesting and came extremely well prepared. Thus, the lectures were quite interesting. We have learned a lot from touring the country prior to that, I did not have much knowledge on Financing RE & EE, an energy audit and learned so much.

 

Did you find anything striking at the German biomass research centre that’s significant for Africa?

The German biomass Research Centre (DBFZ) works as a central and independent thinker in the field of energy and material use of biomass on the question of how the limited available biomass resources can contribute to the existing and future energy system with sustainability and high efficiency. As part of the research the DBFZ identifies, develops, accompanies, evaluates and demonstrates the most promising fields of application for bioenergy and the especially positively outstanding examples together with partners from research, industry and public. Establishing collaborations with this institution gives a great input for Biomass Energy Technology in Africa.

 

Enoch Bessah, can you share specific findings from your visit to the city of Chemnitz that could help Africa and Ghana with respect to energy transition?

Enoch: The Communal energy generation concept of the City of Chemnitz will help Ghana. The solar plants or panels municipal buildings operated by citizens could help Africa. Incentives for individuals who agree to install solar panels (of the government or districts) on their roof to feed the national grid will transform the energy sector in African countries.

Wind, waste-to-energy and solar technologies have a lot of potential for the African energy mix.  Can you share some learnings for practical implementation that must be exemplified by developing countries?

Enoch: The flexibility of renewables in the energy mix is one major way to reduce the consistent black out experienced in Africa. They will aid in diminishing baseload in the mix and get rid of them in future. Solar is a major potential in Africa because of the irradiation received all year round due to the position of the continent (majority) to the solar radiation. The reliability of renewables is balanced when solar, wind and waste-to-energy are mixed. Solar power is active during the day while wind is active early in the morning and at sunset to evening. Waste energy will always be available as long as the sources are available. The emergence of renewable energy is an avenue for Africa to change the story of blackout and limited access to electricity. Initiatives like light up and power Africa by African Development Bank is one of the numerous climate funding opportunities Africa may leverage on to change the story for this generation and generation to come.

Natei: Yes, Africa is endowed with large renewable energy resources. Waste management system and Waste to energy technology attracted my attention and I ambition implement it in Africa. In German Cities there are 4 waste bins everywhere, Green bin for paper wastes, Yellow for plastics, brown for bio wastes and black for the others. The recycling of these waste containers will be recycled and delivered to the energy needs of the product that means the biomass energy quality increases.

 

What would be the take home for you and would you say your expectations are met through CIPSEM Dresden short course on environment?

Natei: My expectations from the short course on environment include: Broaden the horizon of my current research area & deepen my understanding on how to improve my research work further. Keep an open eye whether my current research work becomes “re-inventing the wheel” when other researchers who are conducting in similar research complete faster than me. To get new idea / inspiration for new research work that I can embark on in future.  Networking with other researchers to establish future collaboration.

Enoch: Through the 76th short course on Renewable Energy and Energy Efficiency, I have learnt that change of attitude and lifestyle is a major step and most challenging area in achieving climate change mitigation targets. What I have received within this 4 weeks is more than what I expected reading the short introduction to the course on https://tu-dresden.de/bu/umwelt/cipsem/unep-unesco-bmu/next-courses/sc76.

I appreciate the organizers Centre for International Postgraduate Studies of Environmental Management (CIPSEM), sponsors; German Ministry for the Environment, Nature Conservation, and Nuclear Safety, German Environmental Agency, Technical University of Dresden and partners; UNEP, UNESCO, City of Chemnitz, German Energy Agency (dena), German Biomass Research Centre (DBFZ), Eins Energie in Sachsen, SOLARWATT AG, The Centre for Resource Efficiency (ZRE) under the Association of German Engineers (VDI) , adelphi, The Renewables Academy (RENAC) for making SC76 an impactful training. Finally, thanks to ISNAD-Africa initiative of Mentoring Research Programme (MRP) that brought me on board through partnership with CIPSEM.

 

 

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MRP 2018 Webinar: Environmental Sustainability in Africa

Speaker: Dr. Juliette Biao Koudenoukpo, UN Environment Director and Regional Representative for Africa

The world is increasingly concerned about environmental sustainability because there is an awareness about the need to leave a good legacy for future generations. Africa is home to the fastest growing countries in terms of population. It is projected that the population would double from 1.1 billion today, to 2.3 billion by 2050 and would reach 4 billion by end of the century at the current growth rate. This poses problems for the environment, especially considering that over 50% would be living in urban areas. Urbanization and expansion of slums affect the quality of the environment. In sub-saharan Africa, other contributors to environmental problems include deforestation, erosion, desertification, wetland degradation and insect infestation. Adding to this is the problem of marine litter which is a cause of great concerns globally as the oceans are filled with plastic.

All forms of environmental degradation constitutes health hazards – an estimated 25% of deaths and diseases globally, and 35% in regions like sub-saharan Africa.  In Africa, it is estimated that 28% of diseases are associated with environmental risks. The main causes behind this are:- over dependence of the rural populations on climate-sensitive sectors such as agriculture for their livelihood, increase in solid mineral mining and oil exploration, mismanagement of water resources, lack of access to basic sanitation services, high dependence on wood for fuel, poor waste management and insufficient recycling. Moreover, these factors lead to loss of revenues e.g. from land and soil degradation, conflicts over natural resources, illegal logging of forest products, illegal and unregulated fishing and mining, illegal trade of wildlife, not to mention loss of revenues from tourism.

To address these problems, there are some ongoing initiatives on global, regional and national levels regarding how environmental sustainability is addressed. The 2030 Agenda and Sustainable Development Goals (SDGs) were adopted in 2015. Prior to this, there was a common African position that was formed, which informed the 2030 Agenda. At least 11 out of the 17 the SDGs are directly environmental-related. One of the value-added of the SDGs compared to the Millenium Development Goals is the principle of “leaving no one behind”. In the 2063 Agenda for Africa, the aspirations show clearly the will for the continent to address the unsustainable environment, recognizing that Africa depends a lot on natural resources. It takes into account that certain practices and behaviours affect the environment which in turn increase poverty and diseases. This is clearly highlighted as a priority by the African Ministerial Conference for the Environment, a platform where the Ministers of Environment for the 55 countries gather to make decisions on key environmental issues on the continent. There is also the United Nations Environment Assembly which gathers the high level decision making bodies of 193 member states on the Environment. Member states are really committed to reinforce the engagement on Environmental Sustainability. Involvement of the private sector is crucial for achieving this. Furthermore, an important multilateral treaty of African nations, called the Bamako Convention, was set in motion to prohibit the importation and dumping of hazardous including toxic radioactive waste in Africa.

In conclusion, as the African population continues to grow rapidly, it has become more critical to address environmental problems so as to build a sustainable future. The Sustainable Environmental Goals, the Bamako Convention, waste-to-energy projects, among others are some ways in which this is being tackled. But there is still more that can be done. Scholars are encouraged to take on research which investigates the environmental challenges on the continent and come up with practical solutions to curb them.

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MRP 2018 Webinar: Africa’s Energy Landscape: Prospects, Status and Challenges

Speaker: Dr. Juliette Biao Koudenoukpo, UN Environment Director and Regional Representative for Africa

One of the challenges which Africa faces is significant growth in population and this poses a serious obstacle to economic and human development in most parts of the continent. The population growth comes with high energy demands and calls for a better performing energy sector. 600 million people do not have access to electricity. Modern energy services are lacking, especially in rural areas. Energy supply is clearly not meeting the needs of the people. There is also a problem of affordability. Power companies in Africa are still struggling to produce electricity at a price that people can afford. Moreover, the high costs involved in bringing electricity to people in the rural regions while maintaining profitability, poses a major barrier.

One of the challenges which Africa faces is significant growth in population and this poses a serious obstacle to economic and human development in most parts of the continent. The population growth comes with high energy demands and calls for a better performing energy sector. 600 million people do not have access to electricity. Modern energy services are lacking, especially in rural areas. Energy supply is clearly not meeting the needs of the people. There is also a problem of affordability. Power companies in Africa are still struggling to produce electricity at a price that people can afford. Moreover, the high costs involved in bringing electricity to people in the rural regions while maintaining profitability, poses a major barrier.

Along with these challenges, there are a lot of opportunities and huge potential still untapped. The continent has vast and diversified renewable energy resources: 1,850 terawatt hours per year of hydropower, more than 120 terawatt hours per year of geothermal, 1,55000 – 170,000 terawatt hours per year of solar; Biomass 3-13.6 Exajoules. In addition to international donor partners and financing mechanisms, various global and continental initiatives exist which create opportunities for growth. Some examples include – African Development Fund, Sustainable Energy for All, Large Program of Infrastructure Development for Africa spearheaded by the African Union Commission, African Renewable Energy Initiative, Power Africa, etc.

To maximize energy production for utilization in Africa, governments cannot achieve this alone; the private sector needs to be brought on board. For this to happen, policies need to be harmonized to create an enabling environment. For instance, to take advantage of productive use of energy in the agricultural sector, the policy frameworks have to reconcile the industry policies, energy policies, land policies and private investment policies. The political will of the government is absolutely essential to mitigate the risks for the private sector and ganer more of their involvement.

Another critical requirement is for Africa to develop business models and financing which would attract investments. Given the link between energy, global security and climate change, there is a need for governments and organizations to form partnerships and work together. Finally, institutional transformation is needed to shift the focus from policy discuss to proper implementation.