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MRP 2018 WEBINAIRE : DURABILITÉ ENVIRONNEMENTALE EN AFRIQUE

Intervenante : Dr Juliette Biao Koudenoukpo, Directrice de ONU environnement et Représentante régionale pour l’Afrique

Le monde est de plus en plus préoccupé par la durabilité environnementale car on réalise aujourd’hui la nécessité de laisser un héritage positif aux générations futures. Les pays avec la croissance démographique la plus élevée se trouvent en Afrique. On prévoit un doublement de la population, passant de 1,1 milliard aujourd’hui à 2,3 milliards d’ici 2050, et atteignant 4 milliards d’ici la fin du siècle si le taux de croissance actuel se maintient. Cette augmentation de la population est problématique pour l’environnement, d’autant plus que plus de 50% vivront dans les zones urbaines. L’urbanisation et l’expansion des bidonvilles ont un impact négatif sur l’environnement. En Afrique subsaharienne d’autres facteurs contribuent aux problèmes environnementaux, notamment la déforestation, l’érosion, la désertification, la dégradation des marais et l’infestation d’insectes. Il y a également le problème des déchets marins qui inquiète beaucoup à l’échelle mondiale, car les océans sont remplis de plastique.

Toutes les formes de dégradation de l’environnement sont autant de risques pour la santé – causant environ 25 % des décès et maladies dans le monde, et 35 % dans des régions comme l’Afrique subsaharienne. En Afrique, on estime que 28 % des maladies sont associées à des risques environnementaux. Les principales causes sont : la dépendance excessive des populations rurales à des pratiques affectant le climat, telle que l’agriculture pour leur subsistance ; l’augmentation de l’exploitation minière et de l’exploration pétrolière ; la mauvaise gestion des ressources en eau ; le manque d’accès aux services d’assainissement de base ; la forte dépendance au bois en tant que carburant ; la mauvaise gestion des déchets et le recyclage insuffisant. De plus, ces facteurs entraînent une perte de revenus, par exemple due à la dégradation des terres et des sols, aux conflits sur les ressources naturelles, à l’exploitation illégale de forêts, à la pêche et l’exploitation minière illégale et non réglementée, au commerce illégal d’espèces sauvages, sans parler de la perte de revenus pour le secteur touristique.

Afin résoudre ces problèmes, certaines initiatives ont été lancées au niveau mondial, régional et national pour aborder la question de la durabilité environnementale. L’Agenda 2030 et les Objectifs de Développement Durable (ODD) ont été adoptés en 2015. Avant 2015, un consensus africain avait été formé, qui a décidé de l’Agenda 2030. Au moins 11 des 17 ODD sont directement liés à l’environnement. L’une des valeurs ajoutées des ODD par rapport aux Objectifs de développement du millénaire est le principe de « n’oublier personne ». Les ambitions de l’Agenda 2030 pour l’Afrique montrent clairement la volonté du continent de s’attaquer à l’environnement non durable, et reconnaissent que l’Afrique dépend beaucoup des ressources naturelles. L’Agenda 2030 admet que certaines pratiques et comportements affectent l’environnement, ce qui augmente à son tour la pauvreté et les maladies. Ce problème est clairement devenu une priorité, comme le souligne la Conférence des ministères africains de l’environnement, une plate-forme où les ministres de l’environnement des 55 pays se réunissent pour prendre des décisions sur les questions environnementales clés pour le continent. Il y a aussi l’Assemblée de l’ONU au sujet de l’environnement qui rassemble les plus importants décisionnaires sur l’environnement de 193 États membres. Les États membres sont très déterminés à renforcer leur engagement en matière de durabilité environnementale. Pour y parvenir, la participation du secteur privé est cruciale. En outre, un important traité multilatéral des nations africaines, appelé Convention de Bamako, a été mis en place pour interdire l’importation et le déversement en Afrique de déchets dangereux, y compris les déchets toxiques et radioactifs.

En conclusion, alors que la population africaine continue de croître rapidement, il devient de plus en plus crucial de s’attaquer aux problèmes environnementaux afin de construire un avenir durable. Les objectifs environnementaux durables, la Convention de Bamako, les projets de conversion de déchets en énergie, sont des manières parmi d’autres de travailler dans ce sens. Mais il reste encore beaucoup à faire. Les chercheurs sont encouragés à entreprendre des activités de recherche étudiant les défis environnementaux sur le continent et à trouver des solutions pratiques pour les atténuer.

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BENTI : L’AFRIQUE DOIT SUPPRIMER LES SUBVENTIONS DES COMBUSTIBLES FOSSILES POUR ATTENUER LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

 

Natei Ermias Benti, né à Horo Guduru Wollega, Shambu, région d’Oromia en Ethiopie est doctorant au Centre pour Sciences de l’Environnement, Faculté des Sciences Naturelles et Informatiques, Université d’Addis-Abeba, Ethiopie. Benti s’intéresse particulièrement aux domaines de l’atmosphère, de l’énergie et du changement climatique. Il est membre du Programme de mentorat pour la recherche (MRP) du Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique). Dans cet entretien avec KINSGLEY JEREMIAH, Benti partage les moments forts de son expérience en tant que membre du programme MRP. Il aborde également le sujet du changement climatique et des limites des énergies durables en Afrique, en particulier en Ethiopie.

 

 

Vous faites partie du Programme de mentorat pour la recherche d’ISNAD-Afrique, quel est votre sentiment à cet égard ?

Je suis très fier d’être membre de cette magnifique organisation. Je suis aussi très reconnaissant d’être l’un des doctorants soutenus par ISNAD-Afrique et son Programme de mentorat pour la recherche qui m’a assuré le soutien technique par le Prof. Marta Molinas, mon mentor dans le programme, pour mes recherches de doctorat. Grâce à ISNAD-Afrique, j’ai aussi le plaisir d’être l’un des deux mentorés de la promotion 2018 du Programme de mentorat pour la recherche à avoir obtenu une bourse financée par le gouvernement allemand pour participer aux 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur la gestion environnementale dans les pays en développement – Energies renouvelables et efficience de l’énergie (SC76) en novembre (2018). Ce programme résidentiel, intégralement financé, d’un mois est organisé par le Centre for International Postgraduate Studies in Environmental Management (CIPSEM) à la Technische Universität Dresden en Allemagne. Je remercie ISNAD-Afrique pour le soutien apporté pour mon développement universitaire et professionnel.

Pouvez-vous raconter votre expérience dans le programme ? Comment êtes-vous devenu membre ? Le programme a-t-il été bénéfique pour vous ? Quelles sont les perspectives et les défis ?

Je suis membre d’ISNAD-Afrique depuis l’année dernière. Mon conseiller en recherche à l’Université d’Addis-Abeba m’avait parlé du programme. En tant que membre, j’ai participé à trois séminaires liés à mes recherches et j’ai été certifié. J’ai été choisi comme membre du programme non seulement pour avoir participé avec succès aux séminaires mais aussi parce que mes recherches sont alignées sur les objectifs des programmes d’ISNAD-Afrique et qu’elles traitent de la problématique du développement rural et de l’électrification hors réseau.

Le programme m’a également permis de participer aux cours d’un mois à l’Université de Dresde en Allemagne. Cette opportunité m’a apporté des expériences en temps réel, en particulier avec l’apprentissage au contact d’autres étudiants Africains. Ceci permettra d’améliorer mes travaux de recherche et bénéficiera à mon pays.

Le programme de mentorat a mis en place un tutorat technique avec le Prof. Marta Molinas à l’Université Norvégienne des Sciences et Technologies (NTNU) en Norvège qui offre un tutorat technique pour mes recherches. Le programme me permet également d’avoir accès aux informations nécessaires et est une grande motivation.

Que pensez-vous du récent projet Reppie Waste-to-energy en Ethiopie ?

Mes recherches de base portent plutôt sur l’éolien et le solaire. La structure du gouvernement Ethiopien n’a pas priorisé les chercheurs spécialisés dans l’éolien et le solaire. J’étais limité à enseigner. Mais grâce au nouveau Premier ministre, il y a du changement. La valorisation énergétique des déchets, c’est la transformation, au moyen de différentes méthodes dont la combustion, la gazéification, la pyrolyse, la digestion anaérobie et la récupération des gaz de décharge, des déchets biodégradables ou non en chaleur, électricité ou carburant utilisables. Compte tenu de la croissance démographique, de l’urbanisation et de la croissance économique, les volumes de déchets vont très certainement continuer à augmenter et ainsi saturer les systèmes de gestion des déchets existants.

La croissance démographique est rapide en Ethiopie. En 2000, l’Ethiopie comptait 63,5 millions d’habitants ; actuellement, ce chiffre s’élève à plus de 100 millions, ce qui en fait le deuxième plus grand pays en Afrique, et en 2025, la population devrait atteindre plus de 125 millions. En 2017, un glissement de terrain dans la décharge de Koshe a fait 114 morts et le gouvernement a déclaré 3 jours de deuil.

La nouvelle centrale de valorisation des déchets Reppie Waste-to-energy va transformer le site et permettra à toute la ville de changer son approche de la gestion des déchets. J’espère que Reppie servira de modèle pour d’autres pays d’Afrique.

Comment évaluerez-vous l’arrivée des énergies renouvelables en Éthiopie?

L’Éthiopie a un grand potentiel d’énergie hydroélectrique, éolienne, géothermique, éolienne, solaire et biomasse en tant que ressource énergétique indigène. L’Éthiopie serait le château d’eau de l’Afrique de l’Est et le potentiel hydroélectrique du pays est estimé à 45 000 MW, à côté de la République démocratique du Congo en Afrique, mais jusqu’à présent, seuls 20% de son potentiel est exploité. Pour satisfaire sa demande énergétique excédentaire, l’Éthiopie s’est engagée dans des projets énergétiques de plusieurs millions de dollars ces dernières années, y compris un certain nombre de projets de centrales hydroélectriques, comme six grands barrages de la Renaissance éthiopienne GW sur le Nil bleu.

Environ 98,94% de l’énergie produite provient du système ICS, tandis que 1,06% restant provient du SCS. En ce qui concerne la puissance totale des centrales électriques du pays, seulement 3,51% de l’énergie totale produite provient du diesel; le reste provient de ressources énergétiques renouvelables propres avec 88,25% de centrales hydroélectriques, 7,49% de centrales éoliennes, 0,58% de biomasse (Reppie Waste-to-Energy) et 0,17% de centrales géothermiques.

Que devons-nous commencer à changer en Afrique pour atténuer le changement climatique?

L’Afrique et le monde en général ont continué de subir les effets de la variation des régimes météorologiques appelés changements climatiques. Bien que le changement climatique représente un défi dans le monde entier, il est davantage une menace pour l’Afrique en raison de son niveau élevé de pauvreté, de la dépendance de ses agriculteurs aux précipitations, de sa faible infrastructure et de l’indisponibilité des technologies pouvant lui permettre de faire face et de s’adapter efficacement.

L’Afrique n’a pas grandement contribué au réchauffement climatique – ses émissions de gaz à effet de serre ne représentent que 4% du total mondial. Mais elle est déjà confrontée aux pires effets du changement climatique. Egalement, l’Afrique est socialement et économiquement dépendante de l’agriculture, mais les tragédies susmentionnées ont entraînés une baisse de la production agricole et par conséquent, de l’insécurité alimentaire. Le changement climatique devrait aggraver la situation en exacerbant la faim et la malnutrition.

L’atténuation du changement climatique implique de réduire l’impact de ses et du réchauffement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. D’après ce que je comprends, les stratégies d’atténuation les plus efficientes et les plus efficaces pour l’Afrique sont: réduire progressivement les subventions aux combustibles fossiles ou accroître la dépendance à l’égard des sources d’énergie renouvelables, le boisement, le reboisement et la gestion durable des forêts, une utilisation plus efficace de l’énergie, en particulier au point d’utilisation finale dans les bâtiments, les transports et les processus de production, etc. Ici, je veux me concentrer davantage sur les deux premiers points car ce sont les principales solutions pour atténuer le changement climatique en Afrique.

Nous devons accroître notre dépendance à l’égard des sources d’énergie renouvelables. Nous devons examiner le boisement, le reboisement et la gestion durable des forêts. Nous avons besoin d’une utilisation plus efficace de l’énergie, en particulier au point d’utilisation finale dans les bâtiments, les transports et les processus de production.

Comment pouvons-nous déployer la technologie du biogaz pour l’énergie domestique, en Afrique, notamment en Ethiopie?

Dans l’ensemble, une combinaison d’incitations politiques fortes et continues, une formation adéquate pour l’entretien, la construction et l’évaluation financière, et une sensibilisation accrue aux avantages du biogaz pour la cuisson afin de surmonter certains des obstacles culturels est d’une grande importance pour l’adoption du biogaz. Tous ces facteurs seraient essentiels pour accroître la mise en œuvre et l’utilisation des usines nationales de biogaz dans les pays en développement.

L’initiative MRP

Le programme de mentorat a été conçu pour aider les étudiants (mentorés) à compléter le soutien de supervision qu’ils recevront de leurs encadreurs en établissement. Certains des avantages comprennent:

  • Participer à une formation multidisciplinaire de six (6) sessions sur l’énergie durable, l’environnement et le changement climatique (y compris les compétences non techniques), qui sera organisée par le Clean Energy Solution Center, une initiative de la Clean Energy Ministerial dirigée par le National Renewable Energy Laboratory (NREL), États-Unis
  • Être admis pour un mentorat d’un an avec un chercheur expérimenté ou un professionnel (ayant une expertise dans votre domaine de recherche) d’organisations de classe mondiale telles que la Banque mondiale, l’Université de Harvard, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ), Chatham House et l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), entre autres
  • Le soutien des mentors pour structurer votre recherche afin qu’elle soit innovante, résolvant les problèmes, pertinente pour l’industrie et réalisée conformément aux normes mondiales
  • Être soutenu par ISNAD-Afrique pour communiquer vos résultats de recherche aux parties prenantes concernées de la communauté mondiale, créant ainsi une visibilité pour vos opportunités de travail et de carrière

 

Kingsley Jeremiah,

Interviewer

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ACP-EU Cooperation Program in Higher Education Enhances Capacity for Sustainable Energy Engineering in East Africa

Auteur : Adedoyin Adeleke

 

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A différents niveaux, le paradoxe du secteur énergétique en Afrique préoccupe de plus en plus les parties prenantes. L’Afrique est riche en ressources énergétiques mais pauvre en énergie. Les statistiques relatives à l’approvisionnement et à l’utilisation énergétiques décrivent parfaitement les conditions d’accès à l’énergie sur le continent. L’Afrique représente environ 16 pour cent de la population mondiale mais ne représente que 3 pour cent environ de la consommation mondiale d’énergie. Selon le rapport annuel World Energy Outlook, « l’Afrique subsaharienne est devenue la région la plus pauvre en électricité du monde en nombre d’habitants (dépassant l’Asie) mais aussi par sa proportion de la population totale ».

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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a également expliqué que 80 pour cent des 1,1 milliards de personnes vivant sans électricité et sans accès à des services énergétiques modernes vivaient dans les zones rurales de l’Afrique subsaharienne et dans les pays en développement en Asie. Ces chiffres alarmants reflètent très bien les défis énergétiques auxquels doit faire face l’Afrique et représentent l’un des principaux obstacles au développement des pays en Afrique.

Heureusement, un certain nombre d’initiatives aux niveaux mondial, régional et national sont actives afin d’améliorer les conditions d’approvisionnement en énergie sur le continent. Or, la plupart des programmes de soutien sont axés sur l’exécution des projets alors qu’il y a un fort déficit en connaissances qu’il faut combler en développant les capacités si l’on veut assurer la durabilité des projets d’énergies renouvelables sur le continent.

Le rôle du renforcement des capacités en vue d’obtenir l’accès universel une énergie moderne ne doit pas être sous-estimé. Une amélioration importante en matière de durabilité des projets d’énergies renouvelables a été réalisée par l’augmentation du niveau d’engagement communautaire au moyen de formations courtes organisées pour les membres des communautés bénéficiaires. En outre, il est indispensable de soutenir stratégiquement l’acquisition par les experts en énergies renouvelables de connaissances actualisées en vue d’accélérer le développement des énergies renouvelables en Afrique.

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Un certain nombre d’organisations internationales soutenant activement la promotion des énergies renouvelables en Afrique ont également insisté sur ce point. L’atelier « Higher Education for the Renewable Energy Sector in Africa » (Enseignement supérieur pour le secteur des énergies renouvelables en Afrique) organisé par le Programme de coopération Afrique-UE dans le secteur des énergies renouvelables (RECP) en 2014 a mis en avant la nécessité de renforcer les activités en matière d’énergies renouvelables en Afrique en formant une nouvelle génération de professionnels de l’énergie mais aussi en renforçant le milieu des instituts de recherche en Afrique. De même, le Second Forum des parties prenantes du Partenariat Afrique-UE pour l’énergie (PAEE) organisé par l’Ecole polytechnique de Milan en 2016 a mis en évidence le besoin de renforcer les capacités en Afrique et le transfert des technologies afin de profiter pleinement des opportunités professionnelles et du développement des connaissances qui vont de pair avec le secteur croissant et plus efficace des énergies renouvelables.

Il faut instaurer dans les pays en développement une base de connaissances structurée en constituant une force de travail transdisciplinaire et bien équipée qui sera en mesure de reproduire, se développer et mettre en pratique ses connaissances au moyen de formations, recherches et développement de projets. Ce fut le but du projet Enlarged Network in Education and Research for Growing Impact of Sustainable Energy engineering on local development (ENERGISE) (Réseau élargi dans la formation et la recherche pour un impact croissant des technologies d’énergies renouvelables sur le développement local), financé par le Programme de coopération Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP)-UE pour l’enseignement supérieur (EDULINK). Le projet ENERGISE s’aligne sur l’objectif général d’EDULINK qui est de soutenir le renforcement des capacités et l’intégration régionale dans le domaine de l’enseignement supérieur par le développement de réseaux institutionnels.

Pour atteindre ses objectifs, le projet ENERGISE a renforcé les capacités des institutions partenaires à offrir des programmes de formation innovants et pratiques en génie énergétique. Le but étant d’augmenter « le nombre, la qualité et les compétences des ingénieurs en énergie qui pourront agir en qualité d’employés ou d’entrepreneurs pour répondre au défi complexe de l’accès à une énergie durable » en Afrique de l’Est. Le projet vise à mettre en place une nouvelle génération d’ingénieurs en énergies durables qui « seront capables de promouvoir les technologies adaptées, tout en considérant les aspects socio-économiques et environnementaux à long terme » dans la région. L’Ecole polytechnique de Milan (Italie), sous le contrôle de la Chaire UNESCO sur les énergies pour le développement, s’est associé à l’Université de Jimma (Ethiopie), l’Université technique du Kenya (Kenya), l’Université technique de Mombasa (Kenya) et l’Institut de technologie Dar Es Salaam (Tanzanie) pour mettre en œuvre le projet. Le choix de ces pays a été fait en fonction de leur faible taux d’accès l’énergie : Ethiopie (15 pour cent), Kenya (15 pour cent) et Tanzanie (11 pour cent). Le projet a fourni des séances de formations intensives sur le renforcement des capacités en matière de nouvelles méthodologies d’enseignement et de systèmes d’énergie décentralisée basés sur les énergies renouvelables.

Les systèmes d’énergie décentralisée sont considérés comme une solution énergétique viable pour les communautés rurales dans lesquelles réside la majorité de la population est-africaine. L’impact des systèmes d’énergie décentralisée sur l’amélioration des conditions des systèmes d’énergies durables, en particulier pour les communautés rurales hors réseau dans le monde entier, a été remarquable. Le Réseau d’action pour les énergies renouvelables pour le 21ème siècle (REN21) a déclaré que les systèmes d’énergie renouvelable décentralisée ont contribué à fournir en électricité environ 100 millions de personnes dans 26 millions de foyers dans le monde entier.

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L’impact croissant des systèmes d’énergie décentralisée explique pourquoi l’UNESCO, l’UNIDO et la Banque Mondiale, entre autres organisations internationales, ont insisté sur la nécessité d’augmenter le nombre et le niveau des ingénieurs en énergie pour pouvoir développer ces systèmes d’énergie. Les ingénieurs en énergie permettront de développer un savoir-faire dans la conception, la mise en œuvre, le suivi et la maintenance de solutions énergétiques appropriées et durables qui pourront être adaptées aux utilisations rurales. Le projet ENERGISE répond à ce besoin mondial avec une attention particulière pour l’Afrique de l’Est.

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Le consortium de projet ENERGISE a adopté une approche holistique et procédurale pour la réalisation des objectifs de ce projet. Une évaluation exhaustive de la situation actuelle en matière d’ingénierie énergétique a été effectuée par les institutions partenaires en Ethiopie, Kenya et Tanzanie. L’évaluation a été réalisée en vue d’identifier les lacunes et les besoins dans l’offre de programmes de formation de qualité en ingénierie énergétique dans la région et pour éviter une duplication des efforts. Pour la réalisation de cette évaluation, des questionnaires ont été remis à 137 membres et 274 étudiants des institutions partenaires, y compris 58 intervenants externes. Les résultats de cette évaluation ont révélé un faible niveau d’information sur l’énergie et une satisfaction modeste concernant les conditions énergétiques dans la région. L’étude a également permis au consortium de projet de comprendre les besoins impératifs d’améliorer les liens entre le monde universitaire, les secteurs publics, civils et privés pour développer des programmes de formation de haute qualité et axés sur le marché pour le secteur de l’ingénierie énergétique.

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Le projet a aussi amélioré les compétences des membres de faculté et renforcé les capacités du personnel non enseignant des institutions partenaires. Différentes formations sur de nombreux sujets ainsi que des programmes de formation technique, nécessaires à l’amélioration de la qualité des prestations, ont été organisés pour 114 membres supérieurs, 61 membres techniques et 30 membres juniors du personnel des institutions. A la fin de cette période de 42 mois, le projet a développé cinq programmes dans trois pays et un programme de master en sciences (MSc) axé sur le travail en Ingénierie des énergies durables couvrant l’ingénierie et les perspectives économiques des énergies durables. Le programme mis au point met l’accent sur le développement de technologies locales et innovantes pour une utilisation durable des énergies renouvelables. Le programme de master sera testé à l’Université de Jimma en Ethiopie.

Le projet soutenu par EDULINK a développé une plateforme e-collaborative pour la diffusion des informations concernant les projets d’énergie durable, leurs résultats et leurs impacts. La plateforme a été développée dans le but de soutenir un réseau intégré d’institutions de l’enseignement supérieur qui sera ouvert à la participation et bénéficiera aux intervenants du secteur public et privé. Elle favorise le partage de documents administratifs et d’évaluation par les pairs et met à disposition un espace d’e-learning pour les présentations PowerPoint et autres ressources. Elle servira également de portail pour les forums de communication tels que les séminaires en ligne, réunions en ligne, conférences, études et autres communications sur les énergies renouvelables.

Son cinquième objectif avait été l’organisation d’un atelier d’une semaine sur le Transfert de connaissances Sud-Sud à Arusha, Tanzanie. A l’occasion de cet atelier, le consortium de projet a partagé ses expériences et les leçons retenues de la mise en place du projet ENERGISE. L’atelier a également permis de discuter des impacts du projet ENERGISE avec le personnel de direction et le corps enseignant d’autres établissements d’enseignement supérieur, les membres d’organisations non gouvernementales et autres participants à l’atelier.

Images fournies par le Consortium du Projet ENERGISE

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SITOTOMBE : DES SOLUTIONS ÉNERGÉTIQUES À FAIBLE COÛT POUR L’AFRIQUE SONT FAISABLES

L’appétit de Chipo Sitotombe pour l’accès à l’énergie cible tous les Africains. Tout récemment, les efforts du jeune chercheur – pour s’assurer que les solutions énergétiques à faible coût, en particulier l’énergie durable deviennent une réalité sur le continent – ont été accueillis avec optimisme. C’est grâce au soutien du Réseau international de soutien au développement de l’Afrique (ISNAD-Afrique), un réseau panafricain et multidisciplinaire de professionnels, chercheurs et étudiants du monde entier promouvant l’énergie durable, l’environnement et l’éducation. Dans cette interview, Sitotombe a discuté des questions clés dans le secteur, en particulier son expérience dans le cadre du programme de mentorat pour la recherche ISNAD-Afrique.

KINGSLEY JEREMIAH écrit …

 

Veuillez vous présenter à des fins d’enregistrement.

Je m’appelle Chipo Sitotombe. Je viens du Zimbabwe. Je suis titulaire d’un baccalauréat en génie chimique de l’Université nationale des sciences et technologies du Zimbabwe. De même, j’ai récemment terminé un master en génie énergétique à l’Institut universitaire panafricain des sciences de l’eau et de l’énergie en Algérie. Je suis passionné par l’énergie durable, en particulier le développement de solutions énergétiques à bas prix pour mon continent pour assurer l’accès à l’énergie pour tous.

Félicitations pour la récente réussite de votre programme de maîtrise financé par la GIZ. Quelle a été votre expérience et sur quel projet avez-vous travaillé ?

Merci beaucoup. J’ai eu une merveilleuse expérience chez PAUWES. Ma sincère gratitude va aux sponsors du programme ; Union africaine, Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et kFW pour avoir attribué l’opportunité qui donne aux jeunes esprits africains les compétences et les connaissances nécessaires pour apporter des solutions innovantes aux problèmes de l’énergie, de l’eau et du changement climatique.

Ce que j’ai le plus apprécié chez PAUWES, mis à part la formation de haute qualité d’experts en énergie du monde entier, c’est l’apprentissage dans une communauté multiculturelle. PAUWES a des étudiants de plus de 30 États africains des cinq régions d’Afrique. J’avais tellement de choses à apprendre et à partager avec mes collègues. Et je suis vraiment excité par les réseaux que j’ai créés pendant mon séjour à l’Institut, qui me seront toujours utiles afin de faire avancer l’Afrique en matière d’énergie durable.

J’ai travaillé sur un projet intitulé Modeling Renewable Energy Integration, « A System Dynamic Approach » et j’ai pris la Tanzanie comme étude de cas.

Comment avez-vous entendu parler de ISNAD-AFRIQUE et du MRP ?

Un de mes collègues de PAUWES m’a parlé de ce programme lors de l’élaboration de nos propositions de recherche. Après avoir répondu à l’appel de mentorés, j’ai décidé de postuler.

Quelle a été votre expérience de mentorat dans le cadre du Programme de mentorat pour la recherche (MRP) ?

J’ai eu une formidable expérience de mentorat dans le cadre du programme MRP. Je remercie ISNAD-AFRIQUE, les facilitateurs de l’initiative et le Dr William Blythm, mon mentor. Le Dr William a été très favorable et actif pour stimuler les discussions et donner des critiques constructives. Il m’a constamment motivé et m’a patiemment guidé tout au long de mes recherches. Je lui dois beaucoup pour la réussite de mes travaux de recherche.

Son apport a fait une grande différence dans la façon dont j’ai conduit mes recherches. Cela a non seulement rendu mon travail plus facile, mais aussi passionnant. Il a consacré tellement de temps à mon travail et je me souviens que j’avais toujours hâte de discuter de mon travail avec lui sur Skype parce que j’avais tellement à apprendre des discussions et après chaque conversation, je me sentais tellement excité de continuer et de terminer.

Le travail de recherche a ses propres défis et je suis vraiment heureux d’avoir eu le soutien supplémentaire du Dr William pour complimenter l’excellent travail de mon superviseur institutionnel.

Intégration des énergies renouvelables « A System Dynamic Approach », cas de la Tanzanie, de quoi traite vraiment ce sujet ?

Dans mes travaux de recherche, j’utilise une approche de modélisation de la dynamique des systèmes pour justifier la nécessité de redoubler d’efforts pour intégrer les énergies renouvelables dans le système énergétique actuel de la Tanzanie.

J’ai développé un modèle qui intègre les aspects économiques, techniques, politiques, sociaux et environnementaux du système énergétique de la Tanzanie. Ce modèle a été utilisé pour montrer la tendance des ratios de prix de l’énergie des technologies de production d’énergie dans le pays entre 2010 et 2050, illustrer les tendances changeantes de la demande d’énergie en raison des changements dans les ratios de prix des technologies de production d’énergie, identifier les opportunités et les obstacles pour un déploiement accéléré des énergies renouvelables.

Quelles étaient vos motivations pour le sujet et quelles ont été vos conclusions ?

L’énergie moderne est un moteur clé d’une croissance économique soutenue et de l’amélioration des moyens de subsistance, mais malgré les ressources abondantes en Afrique subsaharienne, elle reste la partie du monde avec le plus grand nombre de personnes sans accès à l’énergie moderne et dépend fortement des combustibles traditionnels pour l’énergie. Les rares qui ont accès à l’énergie moderne sont confrontés à des prix élevés de l’énergie. D’un autre côté, la croissance démographique et les taux d’urbanisation de l’Afrique augmentent rapidement, ce qui entraîne une augmentation de la proportion sans accès.

La plupart des gouvernements d’Afrique subsaharienne sont donc confrontés au problème de devoir subvenir aux besoins énergétiques croissants de leur pays à un moment où le monde est aux prises avec les effets négatifs des émissions de CO2 résultant de la combustion de combustibles fossiles pour la production d’énergie.

Heureusement, il y a eu des progrès technologiques et des réductions de coûts significatives pour les technologies des énergies renouvelables, et le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables offre aux pays d’Afrique subsaharienne une voie durable et rentable pour fournir rapidement une énergie abordable à la population et à ses économies croissantes.

D’où la nécessité de plaider pour une intégration renouvelable dans les pays d’Afrique subsaharienne.

Pour les technologies de production d’énergie prises en compte dans les travaux de recherche (gaz naturel, hydroélectricité, solaire photovoltaïque et éolien) : le gaz naturel et l’hydroélectricité qui contribuent actuellement à la majorité du mix électrique de la Tanzanie et donc à la hausse du prix actuel de l’énergie dans le pays connaîtra une très faible baisse des ratios des prix de l’énergie, même avec un engagement élevé des autorités tanzaniennes pour développer ces technologies.

Le solaire photovoltaïque et l’éolien connaissent cependant une baisse significative du ratio des prix de l’énergie au cours de la période de modélisation bien qu’il démarre très haut. Les bas prix attirent les consommateurs à faible revenu (qui représentent la plus grande part de la population tanzanienne). Par conséquent, l’électricité renouvelable peut jouer un rôle important dans la promotion de l’accès à une énergie abordable en Tanzanie, par conséquent, un plus grand engagement des autorités tanzaniennes (par le biais d’initiatives de politique en matière d’énergies renouvelables) est nécessaire afin de réduire les ratios de prix élevés initiaux des technologies de production. Parce que ces ratios de prix élevés initiaux font fuir les investissements et entravent les progrès en matière de pénétration des énergies renouvelables.

Si on regarde par exemple la Tanzanie et le Zimbabwe, quelle est d’après vous la prépondérance des énergies renouvelables en Afrique ?

Il y a eu quelques initiatives de développement de politiques et infrastructures pour le développement durable. Mais la plupart des pays continuent de dépendre largement de leurs techniques traditionnelles de génération d’énergie. Par exemple, le Zimbabwe dépend de centrales hydrauliques et du charbon, tandis que la Tanzanie dépend de l’énergie hydraulique et du gaz naturel – donc l’engagement ä développer les énergies solaires, géothermales ou éoliennes est encore limité malgré l’accessibilité de ces ressources. Les gouvernements doivent avoir un engagement plus ferme à développer les infrastructures pour générer ces énergies renouvelables, afin de diversifier les approvisionnements et offrir une énergie propre abordable pour tous.

Quels conseils donneriez-vous aux participants actuels et potentiels de cette initiative ?

Le MRP est une chance unique d’investir en vous-même. Exploitez cette opportunité au maximum en engageant autant que possible avec vos mentors et apprenez tout ce que vous pouvez sous leur guidance. Il est important de se rappeler que ce que nous faisons n’est pas seulement pour notre bénéfice mais pour celui du continent tout entier. Notre travail de recherche se doit de contribuer à l’apport de solutions innovantes et à la création de l’Afrique que nous voulons pour le futur, nous devons donc rester très engagés et concentrés dans nos recherches.

J’encourage ceux qui sont intéressés par notre initiative à postuler lorsque nous recrutons de nouveaux participants. Vous ne pouvez pas vous permettre de passer à côté de cette expérience. Le programme est idéal pour la préparation de votre travail de recherche. Non seulement vous effectuerez un travail de qualité mais ce travail sera également pertinent pour les besoins de nos sociétés.

 

Kingsley Jeremiah,

Communications Associate, ISNAD-Africa

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MENTORES ISNAD-AFRICA MRP AU CIPSEM A DRESDE

Enoch Bessah et Natei Ermias Benti, voudriez-vous vous présenter et nous dire ce que vous pensez de votre sélection pour la participation aux cours intensifs sur l’environnement au CIPSEM à Dresde.

Enoch : Je poursuis mes études de doctorat à la Pan African University, Initiative de l’Union Africaine. Je suis étudiant en Gestion de l’Environnement à l’Institute of Life and Earth Sciences à l’Université d’Ibadan, Nigeria. Je suis très heureux d’avoir été sélectionné et je me sens privilégié de pouvoir participer à ces prestigieux cours internationaux.

Natei : Je suis originaire d’Ethiopie. J’ai obtenu mon BSc en physique de l’Université d’Addis-Abeba et mon MSc en physique de l’environnement de l’Université d’Haramaya. Après avoir obtenu mon MSc, j’ai travaillé comme professeur de physique à l’Université Jigjiga en Ethiopie. Je suis actuellement étudiant en doctorat à l’Université d’Addis-Abeba, Ethiopie, avec comme domaine de spécialité l’Energie et le Changement Climatique. Je suis très fier d’être l’un des rares étudiants sélectionnés pour participer à ces cours d’un mois au CIPSEM à Dresde, Allemagne. J’ai beaucoup appris des cours et des professeurs mais aussi des autres participants et des visites de terrain, un apport considérable pour mes travaux de recherche pour mon doctorat mais aussi pour mon pays.

 

Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre participation aux 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur les énergies renouvelables et l’efficience de l’énergie ? Comment avez-vous vécu ce programme ?

Enoch : Le programme traite du rôle que joue le secteur de l’énergie dans les débats actuels sur l’atténuation du changement climatique et comment les transitions et réformes dans le secteur de l’énergie constituent une étape importante dans l’atteinte des objectifs de la COP21 pour limiter à 2˚C le réchauffement climatique mais aussi du nouvel objectif du GIEC.

Les 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur les énergies renouvelables et l’efficience de l’énergie du CIPSEM Dresde m’ont permis de voir différemment le changement climatique. J’ai vu la pertinence sur le terrain (évaluation et modélisation du changement climatique) et j’ai découvert comment l’Allemagne agissait pour atteindre ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre, en particulier dans le secteur de l’énergie. Bien qu’il reste beaucoup à faire, l’Allemagne a définitivement changé en ce qui concerne sa contribution au réchauffement de la planète.

Natei : Les cours étaient concentrés sur l’ingénierie, les aspects sociaux, économiques et juridiques des technologies d’énergies renouvelables, sur leur implantation et leur impact sur l’environnement.

Ces cours m’ont permis d’acquérir de l’expérience, d’apprendre et je me suis fait de nombreux amis qui occupent des postes à responsabilités. Ce fut un cours très intéressant pour moi. Je pense que le cours était très bien préparé et organisé, bien structuré et facile à suivre. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir suivre les cours.

Enoch Bessah, vous avez participé à plusieurs visites guidées de la ville, organisées par le CIPSEM Dresde. Pouvez-vous nous citer quelques exemples de pratiques durables que vous avez remarquées et que vous pensez pouvoir appliquer dans votre pays d’origine ?

Enoch : Le premier exemple et le plus important à mon avis était la diffusion d’informations. Si l’Agence de Protection Environnementale du Ghana adopte les méthodes de flux d’informations environnementales et d’éducation de l’Agence Fédérale pour l’Environnement de l’Allemagne, nos connaissances sur l’environnement seront améliorées et nos citoyens auront une meilleure conscience de leurs pratiques en ce qui concerne le développement durable.

Les systèmes d’alimentation en énergie locaux que nous avons vu à Chemnitz sont une autre pratique que nous pouvons adopter. Les municipalités et les districts peuvent lancer des projets de valorisation énergétique des déchets, des projets de mini et micro-réseaux solaires, en particulier dans les zones hors réseau au Ghana.

 

Benti Natei, avez-vous des expériences à partager sur les visites guidées ?

Natei : Nous avons visités des endroits fascinants tels l’Office Fédéral de l’Environnement, le Centre allemand de recherche sur la biomasse, la ville de Chemnitz, l’entreprise SolarWatt. Toutes les personnes rencontrées ont été des hôtes parfaits ; ils ont partagé des expériences très importantes. Concernant les installations solaires thermiques construites à Chemnitz, il est impressionnant de voir l’engagement des gens pour disposer de leurs propres ressources, et ce avec une radiation solaire annuelle très faible, c’est une bonne expérience pour les pays en développement très ensoleillés dans les régions équatoriales mais on manque de ressources financières.

Benti Natei, vous avez présenté un rapport sur votre pays, dans quelles régions d’Ethiopie ou en Afrique est-il le plus urgent d’intervenir ?

Je pense que le monde entier devrait augmenter la part d’énergies renouvelables afin d’atténuer le changement climatique. En Afrique, la biomasse traditionnelle occupe la plus large part de la consommation énergétique primaire, ce qui a des conséquences directes sur la déforestation et l’érosion des sols. Je pense donc qu’il est crucial de trouver des technologies de cuisson efficaces et propres. En Ethiopie particulièrement, la production d’électricité est dominée par de grandes installations hydroélectriques qui souffrent des sécheresses récurrentes, il est donc urgent de développer un mix énergétique et de mettre en place l’électrification des zones rurales hors réseau.

Enoch Bessah, que pensez-vous du rapport national pour le Ghana ?

Enoch : Si le Ghana souhaite atteindre la stabilité macro-économique documentée dans le Programme Coordonné des Politiques de Développement Economique et Social, 2017-2024, l’ODD 7 doit être une priorité pour la nation. L’objectif d’augmenter la part des énergies renouvelables de 10 % dans notre mix énergétique d’ici 2030 tel qu’annoncé dans les Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) dans le Protocol de Paris doit être évalué et suivi annuellement pour voir sa réalisation.

 

Le programme a tenté des mesures de financement pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique. Comment pouvons-nous appliquer des mesures de financement pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique en Afrique, en prenant exemple sur l’Ethiopie et le Ghana ?

Enoch : Au Ghana, l’engagement du gouvernement d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique représente une étape majeure dans le financement des Energies Renouvelables et l’Efficacité de l’Energie. Les politiques en matière de tarifs de rachat sensibles pour les producteurs énergétiques indépendants d’énergies renouvelables attireront plus d’investisseurs pour financer les projets d’énergies renouvelables.

Considérant les leçons tirées du programme pour les énergies renouvelables GET FiT en Uganda, l’atténuation des risques peut être explorée au Ghana. Le principe fonctionne en Uganda et pourrait fonctionner dans la plupart des pays africains.

Natei : Le financement est l’un des plus grands obstacles au développement des énergies durables en Afrique et cela est valable pour les énergies renouvelables autant que pour l’efficacité de l’énergie. Un financement efficace de l’innovation dans le secteur des énergies renouvelables nécessite une meilleure compréhension du lien entre les différents types de financement et la volonté d’investir dans les énergies renouvelables. Mes connaissances en matière de financement des énergies renouvelables et de l’efficacité de l’énergie étant très limitées, je préfère ne pas m’étendre sur la réponse à cette question.

Benti Natei, quels aspects des cours avez-vous trouvé les plus intéressants et pourquoi ?

Tous les cours étaient très agréables et pratiques. Les professeurs étaient très intéressants et particulièrement bien préparés. Par conséquent, les cours étaient plutôt intéressants. Nous avons beaucoup appris de la visite du pays auparavant, je n’avais pas beaucoup de connaissances sur le financement des énergies renouvelables et de l’efficacité de l’énergie ou sur un audit énergétique, j’ai beaucoup appris.

 

Avez-vous vu quelque chose de remarquable lors de la visite du Centre allemand de recherche sur la biomasse, un élément important pour l’Afrique ?

Le Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ – Deutsches Biomasseforschungszentrum) agit comme organe central et indépendant dans le domaine de l’énergie et de l’utilisation de la biomasse et étudie comment les ressources limitées en biomasse peuvent contribuer de manière durable et hautement efficace aux systèmes énergétiques existants et futurs. Une partie de la recherche du DBFZ est consacrée à l’identification, au développement, à l’accompagnement, l’évaluation et la démonstration des secteurs les plus prometteurs pour l’utilisation de la bioénergie mais aussi aux exemples les plus pertinents réalisés en collaboration avec des partenaires dans les domaines de la recherche, de l’industrie et du public. L’établissement d’une collaboration avec cette institution est très important pour les Technologies d’énergie biomasse en Afrique.

 

Enoch Bessah, quels résultats spécifiques avez-vous pu constater lors de votre visite de Chemnitz susceptibles d’aider l’Afrique et le Ghana dans la transition énergétique ?

Enoch : Le concept communal de génération d’énergie de la ville de Chemnitz pourra aider le Ghana. Les installations ou panneaux solaires installés sur les bâtiments publics et exploités par les citoyens pourraient aider l’Afrique. Le concept d’incitations (du gouvernement ou du district) pour les particuliers qui installent des panneaux solaires sur leurs toits pour alimenter le réseau national transformera le secteur de l’énergie dans les pays d’Afrique.

Le potentiel des technologies de l’éolien, de la biomasse et du solaire est important dans le mix énergétique en Afrique. Pouvez-vous nous donner quelques exemples de la mise en pratique qui devraient être appliqués dans les pays en développement ?

Enoch : La flexibilité des énergies renouvelables dans le mix énergétique est l’un des moyens pour réduire les black-out subis régulièrement en Afrique. Elle aidera à diminuer les charges de base dans le mix et même à les supprimer complètement dans le futur. Grâce à l’irradiation continuelle tout au long de l’année de l’Afrique en raison de la position géographique du continent (en majorité), le solaire reste l’atout majeur. La fiabilité des énergies renouvelables est équilibrée si le solaire, l’éolien et la biomasse sont associés. Le solaire produit de l’énergie durant la journée, l’éolien tôt le matin et au coucher du soleil jusque dans la nuit. L’énergie biomasse sera toujours disponible aussi longtemps qu’il y a des ressources. L’émergence des énergies renouvelables peut être une solution pour permettre à l’Afrique d’en finir avec les black-out et l’accès limité à l’électricité. Les initiatives telles que light up and power Africa de la Banque Africaine de Développement constituent l’une des nombreuses solutions de financement pour le climat sur lesquelles l’Afrique peut s’appuyer pour changer le cours de l’histoire pour la génération actuelle mais aussi pour les générations futures.

Natei : Oui, l’Afrique est dotée de généreuses ressources d’énergies renouvelables. Le système de gestion des déchets et les technologies de valorisation des déchets ont retenu mon attention et j’ai l’ambition de les mettre en œuvre en Afrique. Dans les villes allemandes, il y a 4 bacs à ordures partout, ils sont verts pour le papier, jaunes pour le plastique, bruns pour les déchets organiques et noirs pour les déchets résiduels. Le contenu de ces poubelles sera recyclé et contribuera aux besoins en énergie, on améliore ainsi la qualité de la bioénergie.

 

Quel serait le gain pour vous et diriez-vous que vos attentes sont satisfaites grâce au cours de courte durée CIPSEM de Dresde sur l’environnement ?

Natei : Mes attentes à l’égard du cours de courte durée sur l’environnement comprennent : élargir l’horizon de mon domaine de recherche actuel et approfondir ma compréhension sur la façon d’améliorer encore mon travail de recherche ; garder l’œil ouvert pour savoir si mes travaux de recherche actuels « réinventent la roue » lorsque d’autres chercheurs qui mènent des recherches similaires terminent plus rapidement que moi ;obtenir une nouvelle idée / inspiration pour de nouveaux travaux de recherche que je pourrai entreprendre à l’avenir ; réseautage avec d’autres chercheurs pour établir une future collaboration.

Enoch : Grâce au 76e cours de courte durée sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, j’ai appris que le changement d’attitude et de style de vie est une étape majeure et un des domaines les plus difficiles pour atteindre les objectifs d’atténuation du changement climatique. Ce que j’ai reçu au cours de ces 4 semaines est plus que ce à quoi je m’attendais en lisant la courte introduction au cours sur https://tu-dresden.de/bu/umwelt/cipsem/unep-unesco-bmu/next-courses/sc76.

Je remercie les organisateurs du Center for International Postgraduate Studies of Environmental Management (CIPSEM), sponsors ; Ministère allemand de l’environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire, Agence allemande de l’environnement, Université technique de Dresde et partenaires ; PNUE, UNESCO, Ville de Chemnitz, Agence allemande de l’énergie (dena), Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ), Eins Energie in Sachsen, SOLARWATT AG, The Center for Resource Efficiency (ZRE) de l’Association of German Engineers (VDI), adelphi , The Renewables Academy (RENAC) pour avoir fait du SC76 une formation percutante. Enfin, je remercie l’initiative ISNAD-Afrique du Programme de Recherche en Mentorat (MRP) qui m’a permis de m’engager grâce à un partenariat avec le CIPSEM.

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A NAIROBI, ISNAD-AFRICA CHERCHE DES SOLUTIONS AUX DEFIS DE LA CROISSANCE VERTE EN AFRIQUE

Alors que l’Afrique vise à atteindre les objectifs d’une économie verte, le Réseau international d’appui au développement de l’Afrique (ISNAD-AFRICA) réclame des solutions technologiques pour accélérer le développement sur l’ensemble du continent.

A l’occasion d’un atelier de validation organisé par le World Wide Fund for Nature (WWF) le 6 novembre 2018 à Nairobi, Kenya, le fondateur d’ISNAD-Africa, Adedoyin Adeleke a fait remarquer que le développement d’une plateforme continentale destinée à l’échange des idées et à l’augmentation de la sensibilisation à l’économie verte permettrait d’accélérer la transition de l’Afrique vers une économie verte.

[Participants à l’atelier]
Il a noté qu’ISNAD-Africa continuera à soutenir les initiatives visant à renforcer les actions de soutien pour un environnement durable, pour le climat et pour l’accès à une énergie durable.

Représenté par l’un des Associés en Communication de l’organisation, Kingsley Jeremiah, Adeleke a dit que l’ONG comblait actuellement les manques de compétences afin d’assurer que l’Afrique relève la barre en matière de développement de l’économie verte.

A l’occasion de cet atelier, le WWF a salué les efforts qui ont été faits pour réaliser le document, développé par une sélection d’ONG panafricaines et ayant pour objectif de soutenir la croissance verte sur le continent.

Le groupe a souligné que le but de l’atelier était de concevoir un document exploitable qui pourrait guider le continent vers la mise en œuvre de la croissance verte et du développement durable.

L’un des points forts de l’atelier fut la proposition d’ISNAD-Africa de développer une plateforme qui pourrait combler le manque de compétences et renforcer les connaissances dans le domaine de la croissance verte et du développement durable.

Cette proposition a été qualifiée de très innovante et encouragée car le manque de compétences et de connaissances adaptées en matière de croissance verte et de développement durable est considéré comme un défi majeur pour le continent.

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AN EXCHANGE BETWEEN CIPSEM-DRESDEN AND ISNAD-AFRICA ON ENVIRONMENTAL EDUCATION

Depuis plus de 40 ans, le Centre for International Postgraduate Studies of Environmental Management (CIPSEM), Allemagne, en partenariat avec le gouvernement allemand, l’UNESCO et le programme des Nations Unies pour l’environnement, propose différents cours entièrement financés sur les principaux sujets de la durabilité environnementale. Parmi les sujets abordés : Energie Renouvelable, Efficacité Energétique, Conservation et Restauration Ecologique, Eau et Atmosphère, Ressources en Sol et en Terres, Développement Durable Urbain et Régional, Gestion des Déchets et Economie Circulaire, et bien d’autres encore. Depuis 1977, le CIPSEM et ses partenaires ont offert des bourses complètes à 2 300 professionnels actifs dans diverses disciplines environnementales dans des pays en développement pour leur permettre de participer aux formations. Au cours de cet entretien avec ISNAD-Africa, le CIPSEM s’exprimera sur l’importance du dialogue, de l’échange des connaissances et du renforcement des capacités pour atteindre la durabilité environnementale.

 

ISNAD-Africa : Au cours des 40 dernières années, le Centre for International Postgraduate Studies for Environmental Management (CIPSEM) Dresden a proposé des cours intensifs et des programmes diplômant sur la durabilité environnementale. Pourquoi avez-vous choisi de vous concentrer sur la durabilité environnementale et sur les pays en développement ?

CIPSEM : Notre programme de formation postuniversitaire a été mis en place en 1977 comme contribution au programme des Nations Unies pour l’environnement lancé suite à la Conférence des Nations Unies en 1972 sur l’Environnement Humain et qui, pour la première fois, place l’environnement au centre des attentions de l’agenda politique mondial. La Conférence de Stockholm en 1972 a établi qu’un environnement sain est essentiel pour assurer la prospérité à long terme dans les pays en développement. Plus tard, les gouvernements dans le monde entier ont commencé à installer des ministères et organismes consacrés aux problèmes de l’environnement. Les problèmes en matière d’environnement et de développement sont toujours d’actualité et ressentis plus durement dans les pays en développement, il existe donc un besoin permanent de formation pour les décideurs et responsables dans le domaine de la gestion de l’environnement.

 

ISNAD-Africa : Les programmes du CIPSEM Dresden s’adressent aux « professionnels » dans les ministères, organismes ou unités de gouvernement locales et ONG qui jouent déjà un rôle actif dans la durabilité environnementale de leurs pays. Pourquoi vous concentrer sur ces groupes en particulier ?

CIPSEM : Les échanges approfondis des expériences liées à la gestion de l’environnement, avec les experts allemands mais aussi entre les spécialistes dans le monde entier, est indispensable au développement durable car les défis environnementaux sont souvent liés et les solutions peuvent donc être adaptées. D’autres groupes, tels que les étudiants et les chercheurs intéressés par le développement durable et la gestion environnementale, ont plus d’opportunités pour accéder à des programmes tels que le DAAD (Deutscher Akademischer Austauschdienst/Office allemand d’échanges universitaires) par exemple.

 

ISNAD-Africa : Est-ce que vous suivez leur progression après leur retour dans leurs pays d’origine ?

CIPSEM : Oui, nous réalisons des études de suivi pour nos étudiants 5 ans et 10 ans après leur participation à l’un de nos cours sur la gestion environnementale pour savoir si les formations étaient pertinentes et dans quelle mesure.

De plus, nous sommes toujours ravis de lire les récits des étudiants sur leur retour dans leurs pays d’origine, par exemple sur le blog du CIPSEM (http://cipsem.wordpress.com) ou sur les réseaux sociaux (http://facebook.com/cipsem).

 

ISNAD-Africa : En termes d’Evaluation d’Impact et au-delà des formations pour les Plans d’Action, comment les étudiants ayant suivi vos programmes utilisent-ils les connaissances acquises de ces formations pour avoir un impact dans leurs pays et pour leur engagement professionnel ?

CIPSEM : Les manières d’intégrer les connaissances et perspectives acquises dans le cadre de nos formations sont aussi variées que les différents parcours. Cette intégration peut se faire dans la formulation de politiques, une autre approche publique ou la recherche. Nous voyons aussi de nouvelles approches dans le domaine de la sensibilisation et des activités éducatives. Un bon nombre d’anciens étudiants a établi des relations de collaboration de longue durée avec des institutions allemandes et d’autres anciens participants. De plus, des collègues du Ministère Fédéral Allemand de l’Environnement rencontrent d’anciens étudiants lors de conférences internationales et peuvent constater combien l’intense immersion en Allemagne mais aussi l’échange d’expériences avec d’autres étudiants venus du monde entier affectent durablement la recherche de solutions communes pour le Développement Durable.

Enfin, à un niveau plus personnel, nous sommes toujours émerveillés par la persévérance avec laquelle nos étudiants s’appliquent à mettre en œuvre les enseignements acquis. Le dévouement personnel est important mais le contact avec d’autres participants hautement motivés peut aider.

 

ISNAD-Africa : Sur quels sujets se concentrent vos formations ? Pouvez-vous en citer quelques-uns et expliquer leur importance pour la durabilité environnementale ?

CIPSEM : Le rythme avec lequel les espèces et les habitats disparaissent est très alarmant, tel que le démontrent les chiffres de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes). Ainsi, nos formations accordent une place importante à la gestion des écosystèmes et la conservation de la biodiversité, par exemple en étudiant les services de l’écosystème. Nous proposons également des formations sur les sols, une ressource non renouvelable, et nous examinons la gouvernance des terres. Le sol est indispensable à la vie et constitue la base de toutes les activités humaines ; or, il est souvent négligé et en très grand danger dans plus d’endroits que beaucoup d’entre nous ne réalisent. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet sur le site Global Soil Week.

En outre, la gestion intégrée des ressources hydriques, y compris les solutions basées sur la nature, est un autre domaine clé de nos formations. L’accès à une eau propre et à des installations sanitaires est aussi important que la gestion des risques environnementaux tels que les inondations et les sécheresses. De plus, le changement climatique, l’atténuation des impacts ainsi que l’adaptation sont également abordés dans tous nos cours. Dans ce contexte, nous traitons les sujets de l’Efficacité des Ressources, particulièrement dans le contexte de l’Economie Circulaire et de la Gestion des Déchets.

Nous proposons actuellement une formation sur les Energies Renouvelables et l’Efficacité de l’Energie, formation à laquelle participent deux étudiants d’ISNAD-Africa. Le besoin en énergie abordable et propre est évident, tout en gardant à l’esprit qu’il est tout aussi urgent d’évoluer vers une société à zéro émission de carbone. La liste des sujets abordés dans nos programmes est bien plus longue, je pourrais en parler pendant des heures. De manière générale, la création de liens entre différents secteurs, y compris entre la science et la politique, est un élément clé dans tous nos programmes car nous avons tous besoin de travailler ensemble pour trouver les meilleures solutions et pouvoir relever les défis sans cesse changeants.

ISNAD-Afrique : En 2017, vous avez formé environ 23 décisionnaires de pays en voie de développement sur l’utilisation des sols et des terres en respect avec le développement durable, à votre avis quel impact sur le développement durable ont des sujets tels que l’agriculture et gestion des forêts, la science des sols, la gestion des eaux, la planification régionale… ?

CIPSEM : Les sujets que vous avez mentionnés affectent le développement durable de tellement de manières différentes. Des écosystèmes terrestres et aquatiques sains sont indispensables pour notre – les humains – bien-être, y compris nos activités économiques. Par exemple, si on s’intéresse à un terrain d’un point de vue énergétique, on veut s’assurer que la couche de terre qui se forme progressivement à la surface du sol reste en place et ne s’érode ou ne se scelle pas. Si on enlève de la biomasse, on doit être sûr que les nutriments qui ont nourri la plante soient retournés à la terre. Les terres, une ressource limitée, doivent être gérées de façon responsable et participative afin de prendre en compte les besoins conflictuels en eau, nourriture, fibres, infrastructure, logement et bien plus. Des connaissances approfondies et des collectes de données rigoureuses sont indispensables pour la gestion et surveillance. Le sujet lui-même est fascinant et complexe, pour une réponse plus détaillée je vous invite à voir par exemple Global Soil Week.

ISNAD-Afrique : Quelles répercussions avez-vous observé pour vos étudiants qui ont participé aux formations offertes par votre association ONU Environnement, l’UNESCO ou le ministère allemand de l’environnement ? Pouvez-vous nous parler du rôle et de l’impact qu’on eut les anciens étudiants de CIPSEM dans leurs pays respectifs ?

CIPSEM : Nos sondages pour anciens étudiants, prenant place 5 à 10 ans après la fin de leur formation à CIPSEM Dresden, montrent une écrasante majorité (99%) reportant que leur participation à au moins un cours CIPSEM a eu un effet positif sur leur carrière. En général tous les anciens étudiants continuent de travailler dans la même spécialité que le cours qu’ils ont suivi (ils travaillaient déjà dans le domaine depuis quelques années avant de joindre CIPSEM Dresden). On nous rapporte souvent que les participants obtiennent de nouvelles positions avec plus de responsabilités après leur retour, un résultat positif de la formation reçue par notre UN Environnement, UNESCO ou le ministère allemand de l’environnement. Dans nos sondages pour anciens étudiants, les participants nous parlent de leurs réussites. Ils ont tous des parcours très différent, c’est donc un peu difficile de tirer une conclusion générale, et on considère tous les efforts importants. Certains anciens élèves agissent pour le développement durable en tant que ministres, tandis que d’autres font un travail incroyable avec les enfants.

ISNAD-Afrique : Quels sont vos partenaires et sponsors pour le programme ISNAD Afrique ?

CIPSEM : Le ministère allemand de l’environnement, en partenariat avec l’agence allemande pour l’environnement, représente la majorité de notre financement et participe également au contenu. L’Université Technique Dresden (TU Dresden) paie également une partie des coûts. De plus, ONU Environnement et UNESCO sont des plateformes critiques pour rendre notre initiative internationale. Au-delà de ces partenaires, de nombreuses personnes et institutions participent à notre effort. Par exemple, la formation actuelle sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique voit des acteurs tels que la ville Chemnitz (Stadt Chemnitz)Deutsche Energie AgenturDeutsches Biomasseforschungszentrum, eins Energie in Sachsen, SOLARWATT, VDI Zentrum RessourceneffizienzAdelphi Berlin,  et Renewables Academy AG (RENAC)

ISNAD-Afrique : Combien de cours ou formations offrez-vous annuellement ?

CIPSEM : Nous enseignons quatre cours par an. Chaque année nous offrons un cours complet de 6 mois sur les différents aspects interconnectés de la gestion de l’environnement, qui s’adresse aux décisionnaires avec un large champ de responsabilités. Nous offrons en plus trois cours d’un mois chaque année. Le sujet des cours varie bi-annuellement : gestion intégrée des ressources en eau, gestion de l’écosystème, ressources en sol et en terres, développement urbain et régional durable, gestion des déchets et économie circulaire, énergies renouvelables et efficacité énergétique. De plus, nous organisons un voyage d’études de deux semaines pour les membres ICP (protection internationale du climat) de la fondation Humboldt Stiftung.

ISNAD-Afrique : Vu les enjeux du changement climatique, pensez-vous qu’il y a des domaines dans lesquels les parties concernées pourraient mieux faire afin de limiter le changement climatique ?

CIPSEM : Oui, nous ne sommes pas en bonne voie pour limiter le réchauffement climatique en-dessous de deux degrés, et les effets (changements de température et précipitations) se font déjà ressentir à travers le monde.

Pour nous attaquer au changement climatique comme le recommande par exemple WRIClimate, nous devons modifier drastiquement notre façon de concevoir les choses : au lieu de se concentrer sur comment alimenter nos maisons et usines il faut penser à comment nourrir nos familles et nous déplacer. Et pourtant, pays, entreprises, états et villes n’ont pas encore entrepris les changements drastiques nécessaires dans leurs structures économiques et sociétales. Nous devons nous assurer que nos décisions à court terme s’inscrivent dans nos objectifs de température à long terme, afin que tous puissent en bénéficier.

Bien plus de parties concernées devront joindre leurs efforts pour nombres d’interventions. Les étapes les plus cruciales concernent l’alignement de flux de capitaux pour une approche zéro carbone, un développement résistant aux changements climatiques et augmenter les attentes de contributions entre pays. D’autres mots-clés en lien avec les accords de paris sur le climat sont atténuation et adaptation au changement climatique, pertes et dégâts, finances, transfert et développement de techniques, bilan mondial, approches coopératives et volontaires. Comme vous pouvez le voir, beaucoup de ces défis sont liés à l’énergie, c’est pourquoi nous continuons d’offrir des formations sur ce sujet.

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ATELIER RÉGIONAL EN AFRIQUE DE L’OUEST – L’ACCÈS À L’ÉNERGIE POUR LES COMMUNAUTÉS RURALES HORS-RÉSEAU

Auteur Adedoyin Adeleke

Smart Village Initiative (SVI) a organisé un atelier de trois jours sur l’accès à l’énergie en respectant le développement durable pour les communautés hors-réseau. Malgré des efforts grandissants pour améliorer l’accès aux services d’énergie modernes au niveau global, régional et national, la pauvreté de l’énergie reste un défi mondial. Des études montrent qu’environ 1,1 milliard de personnes dans le monde vivent sans accès à l’électricité, et 3 milliards utilisent des fours inefficients qui ont causés 4,3 millions de morts chaque année. D’après l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), 80 pourcents des 1,1 milliards sans accès à l’électricité ou services d’énergie modernes vivent dans les zones rurales d’Afrique subsahariennes et dans les pays en voie de développement en Asie.

SVI a été bouleversé par ces statistiques édifiantes et les réalités de la pauvreté énergétique, et est convaincu que ceux vivant dans des villages isolés ont le droit aux mêmes opportunités que les citadins. Pour accomplir ceci, SVI vise à donner une nouvelle perspective aux décisionnaires, donneurs et agences de développement sur les vrais obstacles de l’accès à l’énergie dans les villages de pays en voie de développement, y compris les obstacles technologiques, financiers et politiques et comment les surmonter. SVI s’intéresse surtout aux solutions d’énergie locales pour les villages hors-réseau, car plus réalistes et moins chères qu’une extension du réseau national. Au-delà des services d’énergie rurale, SVI veut faire en sorte que l’accès à l’énergie permette le développement des zones correspondantes et également permette la création de « smart villages » dans lesquelles les avantages de la vie dans notre société moderne peuvent être ressentis même dans les communautés rurales.

Afin de recueillir de précieux renseignements sur les zones isolées hors-réseau à travers le globe, SVI conduit des ateliers et des activités d’engagement du public en Afrique (de l’Est à l’Ouest), Asie du Sud et du Sud-Est et Amérique du Sud et Centrale. Les activités d’engagement portent sur l’approvisionnement d’énergie aux zones rurales hors-réseau, et de quelle manière l’accès à l’énergie encourage le développement.

L’atelier régional organisé à Accra, Ghana (Mai 23-25) en est un exemple. L’atelier de trois jours a réuni des acteurs essentiels de l’énergie, à savoir des scientifiques, des entrepreneurs, des villageois, des chercheurs, des financiers, des décisionnaires et des ONG. Avant l’atelier, une visite du village Anyakpor (Ghana) a été organisée. Là-bas, l’organisation néerlandaise de développent (SNV) a aidé les villageois à construire un four Morrison amélioré pour fumer le poisson. D’après les utilisateurs, la transition du four à fumer le poisson conventionnel « Chorkor » vers le four Morrison a permis une technique plus écologique de fumage du poisson et a également amélioré l’efficacité du fumage, réduisant la consommation de bois de 40 pourcents. De plus, le four Morrison permet un fumage plus rapide, donc un meilleur rendement de poissons fumés par jour et par conséquent un revenu plus élevé.

Il y a des difficultés diverses à l’implémentation de solutions d’énergie hors-réseau dans les communautés rurales. Parmi celles-ci, on peut citer un cadre inadéquat, des approches difficiles de la conception et implémentation de projets d’énergie hors-réseau, des compétences humaines peu développées, et la difficulté d’accès aux investissements. Les présentations et d’autres activités d’engagement dans les séances plénières ont identifié des mesures pratiques pour surmonter les obstacles présents.

Un excellent moyen de surmonter les difficultés identifiées est d’adopter une approche plus collaborative. Le rôle du gouvernement est d’établir un cadre adapté, mais il a été recommandé d’inclure le secteur privé dans ce processus. Plus d’acteurs privés engagés voudraient dire que les politiques décidées font en sorte non seulement d’obtenir un tarif abordable de l’énergie pour les utilisateurs mais également d’attirer des investissements du secteur privé. De plus, les projets d’énergies renouvelables financés par des « donations » ne sont pas durables dans le temps, alors que ceux financés par des investissements du secteur privé ont été notablement durables. Par conséquent il a été recommandé de rendre disponible des fonds publics pour des investissements à long terme tel que les projets d’énergies renouvelables. De plus, afin d’attirer les investissements de l’industrie, il est impératif de partager les informations et résultats de projets existants ainsi que les avis des utilisateurs finaux.

Une meilleure participation de la communauté est un facteur estimé essentiel pour qu’un projet réussisse au long terme dans les communautés rurales hors-réseau. Au-delà des premières rencontres sociales lors de la conception du projet, ou simplement de savoir que le projet existe, les utilisateurs d’énergie semblent se tenir au courant des avancements dans les projets énergétiques de leur communauté. Il y a plusieurs opportunités pour encourager la communauté à participer : l’apport des terrains, la main d’œuvre pour la construction, l’installation, la surveillance, la maintenance… Afin d’encourager la durabilité du projet, il était recommandé aux utilisateurs d’assister à des formations pour s’assurer qu’ils utilisent l’équipement de manière appropriée.

Au cours des années, le développement économique a été considéré synonyme d’accès à l’énergie, mais ce n’est pas vrai dans le cas de beaucoup de communautés rurales qui ont mis en œuvre des solutions hors-réseau pour obtenir de l’énergie. C’est parce que la plupart des projets énergétiques hors-réseau ne sont pas conçus pour alimenter des activités économiques dans les communautés rurales. Les projets sont faits pour de l’éclairage basique et autres utilisations résidentielles. De plus, la plupart des projets énergétiques hors-réseau ne comprennent pas de développement des capacités ou de programme de soutien aux utilisateurs pour une utilisation productive de l’énergie dans les communautés. Par conséquent, une stratégie majeure pour la durabilité énergétique dans les communautés a été de recommander une approche intégrée de mise en œuvre de projets hors-réseau qui procure un accès à l’énergie mais également aide la communauté à l’utiliser de façon productive. Cette approche permettrait non seulement d’aider les utilisateurs à recueillir des fonds pour la maintenance, mais également d’augmenter l’intérêt de la communauté dans le projet qui deviendrait également une source de revenu.

Durant les discussions, un autre problème a été mis en avant : la standardisation des éléments du système qui vont être déployés. Cette standardisation aiderait à résoudre les problèmes lors de l’utilisation de produits de mauvaise qualité, qui ont été une des causes principales de défaillances de systèmes, en particulier pour les systèmes photovoltaïques.

De plus, il faut créer des programmes de développement de capacités dans le domaine de la conception, mise en œuvre, surveillance et maintenance de projets. Afin de s’assurer que les efforts investis dans les solutions d’énergie hors-réseau soit concentrés et prévus de manière durable en privilégiant les besoins du peuple, un des moyens principaux recommandés fut la création d’un centre de coordination multilatéral pour les aides internationales et investissements.

D’après les organisateurs, « les avis et débats qui ont émergés lors de l’atelier seront utilisés pour l’ébauche d’un rapport détaillé d’informations. Ce rapport sera distribué aux parties intéressées par les contacts de Smart Villages Initiative (SVI) dans les pays en voies de développement, ainsi que dans des plateformes multilatérales majeures parmi lesquelles l’Union Européenne et l’ONU. Il sera également intégré au rapport final de l’engagement régional de SVI en Afrique de l’Ouest ».

Publié par renewableenergyworld.com

 

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SC 69 : EXCURSION À DESSAU (AGENCE DE L’ENVIRONNEMENT ALLEMANDE ET BAUHAUS)

Par Adedoyin A. Adeleke (Nigéria)

Depuis que notre cours à CIPSEM a débuté, nous avons passé des moments excitants et nous avons beaucoup appris. Les 21 participants viennent de 19 pays avec des parcours divers, ce qui nous a permis d’échanger des réflexions enrichissantes sur les profils énergétiques (et cultures) de nos pays. Nous avons également assisté à des conférences d’introduction sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ce qui nous a permis de mieux comprendre les tendances, les technologies et politiques de l’énergie en Allemagne.

Puis nous avons visité le quartier général de l’agence de l’environnement allemande à Bahaus ! Le voyage en train, d’environ deux heures et demi, nous a donné la chance de traverser d’autres villes et villages d’Allemagne. Nous avons réalisé qu’en plus d’être les premiers au monde dans le domaine des énergies renouvelables, l’Allemagne possède également des grandes étendues de terres fertiles pour l’agriculture.

Après être arrivé à l’agence, nous avons eu droit à une visite guidée du bâtiment. Ce modèle de bâtiment « vert », apparaissant au premier abord comme une démonstration d’expertise architecturale et artistique, est un concept fait d’un mélange subtil d’art et d’architecture. Notre guide nous a donné des explications détaillées sur les divers designs et parties du bâtiment et comment ils s’inscrivent dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Après avoir quitté l’agence, nous nous sommes rendus à la maison des arts et de l’harmonie célèbre à travers le monde, les Bahaus à Dessau ! Nous avons eu droit à une visite guidée de l’endroit et nous avons appris son héritage en architecture depuis le 20ème siècle. Le bâtiment vieux de 90 ans, un chef d’œuvre de l’architecture du 20ème siècle, a été conçu par Walter Gropius, professeur et architecte. L’apparence du bâtiment était unique et singulière pour son temps, que ce soit ses murs de verre, ses toits plats ou encore le design sans vue principale. Plus qu’un joli bâtiment, le Bauhaus est une philosophie qui a ouvert la voie à de nouvelles manières de concevoir en architecture : les Bahaus est un moyen de réunir l’expérience utilisateur, le développement durable et l’innovation dans la conception de bâtiments. Nous avons quitté les Bahaus et avons rejoint notre hôtel – offert généreusement par CIPSEM – pour dîner et dormir.

Le jour suivant, nous avons assisté à cinq présentations inspirantes à l’agence allemande pour l’environnement (UBA). La première nous a expliqué les opérations de l’agence. C’était très intéressant d’apprendre pourquoi le siège social de l’UBA se trouve à Dessau et pas Berlin, la capitale. En effet, nous avons appris que certaines institutions gouvernementales ont été déplacées afin de promouvoir le développement d’infrastructures en 2004. Parmi d’autres responsabilités, l’agence assiste le ministère de l’environnement, la conservation de la nature et la sécurité nucléaire (BMUB) et le ministère de l’économie et de l’énergie (BMWi) par « le partage de connaissances scientifiques sur les problèmes liés à l’énergie tels que les énergies renouvelables », la collecte de données, l’éducation du public, la mise en œuvre de dispositions légales, etc. Merci à Benno Hain pour cette présentation.

Dans sa deuxième présentation, Dr Hain a parlé des politiques et du cadre institutionnel pour les stratégies et scénarii de lutte contre le changement climatique en Allemagne. Il a discuté des principaux acteurs concernant le changement climatique en Allemagne répartis sur trois niveaux : national (Energy Concept d’Allemagne), régional (mesures relatives au climat et à l’énergie de l’UE 28) et mondial (politique climatique internationale, CCNUCC). Très intéressant !

On a ensuite eu droit à une présentation sur les diverses utilisations des bioénergies et la place des bioénergies dans le développement durable.  Jan Seven a souligné le fait que bien que l’utilisation (traditionnelle) des bioénergies soit une pratique ancestrale, leur utilisation inefficiente gaspille les ressources naturelles, pollue l’air et cause une pénurie de travailleurs. Il a également fait la liste des risques et opportunités liés aux bioénergies modernes. D’après lui, il est nécessaire de modifier les stratégies et pratiques actuelles afin d’éviter les risques tout en profitant des avantages. De plus, il a parlé de l’engagement de UBA pour le développement de bioénergies durables et pour le soutien du Partenariat mondial sur les bioénergies (PMBE).

Max Werlein quant à lui nous a parlé de la « transition énergétique en Allemagne ». Il s’est intéressé au concept « Energiewende », ses cibles et les trois principes le guidant : l’efficience économique, la sûreté des approvisionnements et la compatibilité environnementale. Après la pause déjeuner, nous avons assisté à la dernière présentation par Jens Schuberth : « Politiques de préservation de l’énergie ». Jens a disserté sur les prévisions et les difficultés de l’utilisation de l’énergie en accord avec le développement durable ainsi que les produits énergétiques efficients. Il nous a également fait part de stratégies et politiques pour promouvoir la construction de bâtiments efficients en énergie en Allemagne.

Au final, l’excursion nous a permis de mieux comprendre le système énergétique allemand, ses cibles et principaux acteurs. Merci à CIPSEM qui a arrangé cette visite et un grand merci à notre guide Andre !

Publié par cispem.wordpress.com

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KHALAFALLAH: POUR AVOIR UN IMPACT, ACCORDER DU TEMPS AUX CAUSES DIGNES AUXQUELLES VOUS CROYEZ

Yasmin Khalafallah

Qui est Yasmin Khalafallah? Parlez-nous de vos études, de votre vie professionnelle, de vos centres d’intérêts ou de vos loisirs

J’ai étudié l’économie au premier cycle, puis j’ai obtenu un diplôme d’études supérieures en environnement et développement durable de la Bartlett School for the Built Environment du University College de Londres. Il s’agissait donc d’un mélange de problèmes de développement durable, de développement urbain et de gestion de la ville. Mes études de master m’ont vraiment ouvert les yeux, car j’ai beaucoup appris sur les facteurs économiques, politiques et sociaux qui influencent le débat sur le climat et qui sont à l’origine de certains des problèmes environnementaux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.

En dehors du travail, j’aime faire du sport et aller à la plage. J’aime la mer et j’aimerais y vivre un jour. Je suis intéressé par la plantation et la culture d’aliments, mais jusqu’à présent, je n’y suis pas encore arrivé (malheureusement).

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre ISNAD-Africa et que faites-vous actuellement pour l’organisation?

Je crois que pour avoir un impact réel ou apporter un changement, je dois aller au-delà de ce que je fais professionnellement et consacrer du temps et des efforts à des causes louables auxquelles je crois. J’étais vraiment heureux de trouver une organisation qui se concentre sur le développement durable en Afrique particulièrement sur des questions environnementales et d’énergie renouvelable et qui soutient de jeunes universitaires africains ambitieux dans leurs voyages.

Je suis associé en communication à ISNAD-Africa. Cela implique de soutenir les diverses activités de communication et de sensibilisation de l’organisation, allant de la conservation de contenu pour les canaux de médias sociaux de l’organisation à la contribution aux bulletins mensuels et aux publications du site Web. Jusqu’à présent, j’ai principalement participé à la rédaction d’articles, à l’édition d’articles rédigés par d’autres personnes, à la compilation de contenu pour le bulletin d’information ou à son montage.

Parlez-nous davantage de votre intérêt pour les questions urbaines et environnementales en ce qui concerne les facteurs politiques, sociaux et économiques?

J’ai grandi au Caire, une mégapole forte et chaotique, mais en même temps belle et c’est ce qui a suscité mon intérêt pour l’urbanisme. Je pense que les villes sont merveilleuses car elles peuvent être un pôle de culture et d’innovation et un moteur de développement durable, économique et environnemental. Les villes sont les principaux contributeurs au changement climatique et sont responsables d’environ 75% des émissions de gaz à effet de serre. Alors que le monde s’urbanise rapidement, en particulier en Afrique, il est important de commencer à réfléchir à des solutions pour rendre nos villes plus durables. La planification urbaine a beaucoup à apporter. Par exemple, les villes denses, polyvalentes et praticables avec un système de transport en commun puissant peuvent réduire les émissions des véhicules liées aux transports. Cependant, plus que les avantages environnementaux, les villes dotées de systèmes de transport en commun abordables, sûrs et accessibles permettent à leurs habitants (en particulier les pauvres) d’accéder à des opportunités d’éducation et d’emploi auxquelles ils ne pourraient peut-être pas avoir accès dans des villes centrées sur l’automobile individuelles sans accès aux transports publics. Cela est particulièrement vrai pour les femmes et les filles pour qui des options de transport en commun sûres sont particulièrement importantes.

Comment des femmes comme vous peuvent-elles concrétiser les objectifs de durabilité, d’environnement et d’énergies renouvelables?

Je crois que nous pouvons tous contribuer de diverses façons. Nous pouvons contribuer par notre travail professionnel dans l’un des domaines mentionnés ci-dessus. Nous pouvons également contribuer en consacrant temps, efforts et volontariat à des organisations qui représentent les idéaux auxquels nous croyons. Plus important encore, je pense que c’est en essayant d’intégrer les questions de développement durable (environnemental) dans le travail (si ce n’est déjà pas inclus au travail) mais aussi dans la vie quotidienne en sensibilisant les gens autour de nous et en leur proposant des alternatives durables à inclure dans leur vie quotidienne.

Comment les femmes de carrière peuvent-elles créer un équilibre dans leur foyer tout en poursuivant leur passion?

J’ai de la chance de ne pas être dans une situation où la maison exige beaucoup de mon temps (encore), alors je ne suis pas sûre. Cependant, en me basant sur ce que j’ai vu de femmes extraordinaires et inspirantes que j’ai rencontrées, je suis convaincue que choisir un partenaire qui vous soutient est vraiment important. En dehors de cela, je pense qu’il est vraiment nécessaire de se concentrer sur ce qui est important et d’apprendre à hiérarchiser et à bien gérer son temps.

Parlons davantage de votre carrière. De quelle manière vous voyez-vous créer un impact dans le secteur du développement durable dans vos engagements professionnels actuels?

La plupart de mes engagements professionnels visaient à influencer les politiques et la prise de décisions à différents niveaux. Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai travaillé comme chercheur dans un groupe de réflexion local axé sur le développement communautaire intégré. Il s’agissait d’une organisation populaire qui a tenté d’impacter les politiques depuis leurs fondations en documentant les pratiques de développement durable et en préconisant un changement de paradigme et une nouvelle façon de penser à travers les événements, les publications, le plaidoyer, etc. J’ai ensuite rejoint le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), où je travaillais sur le portefeuille de la rénovation urbaine et du logement. Cet engagement était à un niveau beaucoup plus élevé avec plus de contacts avec le gouvernement. L’objectif principal était d’offrir une assistance technique au gouvernement et de mettre en œuvre des projets (pilotes) susceptibles d’engendrer un changement transformateur. Je pense que pour que le développement durable soit réalisé, il ne suffit pas de dépenser de l’argent pour mettre en œuvre des projets de développement. Il est vraiment important d’aller plus loin en poussant vers une pensée et une mise en œuvre innovantes et en ciblant l’évolution des politiques pour le meilleur.